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Ça s’est passé un 21 décembre : ouverture du premier Restaurant du Coeur

21 Déc

 

Le 21 décembre 1985, le premier Resto du Cœur ouvrait ses portes à Genevilliers. Trente deux ans après, les Restos du Cœur sont plus utiles que jamais. 8,5 millions de repas avaient été distribués en 1985, 135 millions en 2016, et 5000 bénévoles y participeront en 2017 et 2018.

Fondée par Coluche, les Restos du Cœur (nouvelle fenêtre) est une association loi de 1901, reconnue d’utilité publique. Elle a pour objectif « d’aider et d’apporter une assistance bénévole aux personnes démunies, notamment dans le domaine alimentaire par l’accès à des repas gratuits, et par la participation à leur insertion sociale et économique ainsi qu’à toute action contre la pauvreté sous toutes ses formes ».

En septembre 2016, 8,8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, soit plus de 14% de la population française.

Les Restos du Cœur en chiffres (nouvelle fenêtre) :

  • 1 association nationale comprenant environ 400 membres
  • 11 antennes réparties sur toute la France
  • 118 associations départementales : elles gèrent, animent et coordonnent sur le terrain l’aide alimentaire et les multiples activités qui contribuent à la réinsertion.
  • 2085 centres d’activités : centre de distribution alimentaire, Resto Bébés du Cœur, chantiers d’insertion, Jardin du Cœur, etc…
  • 71 000 bénévoles
  • 135,8 millions de repas distribués
  • 81 378 personnes hébergées à la nuit
  • 2316 personnes en contrats aidés dans les chantiers d’insertion Restos
  • 882 000 personnes accueillies l’hiver / 402 000 l’été
  • 7 172 apprenants dans 340 ateliers de français
  • 90 ateliers d’accompagnement scolaire
  • 3 617 personnes accompagnées dans leur recherche d’emploi dans les 345 centres SRE (soutien à la recherche d’emploi)
  • 102 ateliers et chantiers d’insertion ouvert toute l’année et 84 jardins de proximité
  • 87,7 millions d’euros de dons, legs et manifestations

L’activité la plus connue des Restos du Cœur est l’aide alimentaire. Bien plus que des distributions de repas (nouvelle fenêtre),  l’association propose aussi de nombreuses actions comme :

  • des ateliers cuisine
  • des centres d’hébergement d’urgence, de stabilisation et de réinsertion sociale (CHRS)
  •  le soutien à la recherche d’emploi (nouvelle fenêtre)
  • l’insertion par l’emploi via les structures d’insertions des Restos : les Jardins des Restos du Cœur (nouvelle fenêtre) accompagnent chaque année plus de  1 300 personnes sur 41 jardins localisés en France, et permettent à 52% d’entre elles de retrouver le chemin de l’emploi.
  • l’association Les Tremplins du Cœur qui permet aux personnes de retrouver une activité professionnelle de façon durable
  • l’aide aux gens dans la rue
  • l’accès au droit et à la justice
  • un accompagnement au budget et microcrédit
  • des ateliers de français, soutien scolaire et accès à internet accompagné
  • un accès à la culture, aux sports, et aux vacances
  • un atelier estime de soi (nouvelle fenêtre)

Quelques ouvrages sur le sujet :

Réduire la pauvreté de Clerc Denis Le combat continue : 10 propositions pour lutter contre la pauvreté Impliquez-vous : 101 actions solidaires Les riches et les pauvres : document pour la jeunesse

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Le revenu universel de base, une utopie?

9 Jan

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Mercredi 6 janvier 2016, le CNNum ( Le Conseil National du Numérique) a remis un rapport au ministre du travail (PDF 3.93Mo) dans lequel figure, parmi 20 propositions, la mise en place du revenu de base.  Il a pour but d’aider de nombreux actifs à s’adapter à l’ère numérique qui change fondamentalement les structures du monde du travail.

Le revenu de base ? Qu’est ce que c’est ?

“Le revenu de base est un droit inaliénable, inconditionnel, cumulable avec d’autres revenus, distribué par une communauté politique à tous ses membres, de la naissance à la mort, sur base individuelle, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie, dont le montant et le financement sont ajustés démocratiquement”

Le Mouvement Français pour un Revenu de Base (MFRB), Think Tank, qui milite pour le revenu de base en France et qui a participé à l’élaboration du rapport préconise ce revenu et fait des propositions de financement pour permettre à ce projet de voir le jour.

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Le revenu universel de base en Europe:

la Finlande va tester en 2017 cette mesure auprès de ses habitants. Un revenu de base de 800 euros sera reversé sans condition à toute la population travaillant ou pas.

Cette mise en place a pour but de réformer sa protection sociale et réduire la dépense publique. Cette expérimentation pourrait amener le pays, membre de la zone euro, à simplifier à l’extrême son système de prestations sociales couvrant le chômage, le logement, les études ou le congé parental.  Elle est soutenue par une bonne partie de la classe politique finlandaise, sous des formes différentes. Le gouvernement, pro-austérité, espère parvenir à une protection sociale moins coûteuse pour l’État et qui éliminerait la crainte de perdre telle ou telle prestation si on accepte un emploi. Cette expérience se ferait à un niveau régional pour commencer.

Aux Pays-Bas , Utrecht a lancé un projet pilote et 30 autres villes souhaitent faire l’expérience sous différentes formes.

Dans le reste du Monde:

L’Alaska pionnière dans le domaine, pratique le revenu de base depuis 30 ans. Financé en partie avec la rente pétrolière. Le Canada a également tenté l’expérience et de nombreux pays réfléchissent à ce projet.

Cette idée séduisante qui mérite réflexion, intéresse de nombreux gouvernements. Un projet à suivre de près dans les prochains mois…

 

A lire:

Un projet de revenu de base inconditionnel est également suggéré par le Comité économique et social européen (CESE)  au niveau Européen.

Article Libération du 22 juillet 2015

Article du Figaro du 7 janvier 2016

Les propositions de financement pour un revenu de base du Mouvement Français pour le Revenu de Base.

 

 

Le monde du travail en France à la fin des années folles…

8 Avr

… ou l’euphorie avant la tempête

Salon de Paris -  1922

Salon de Paris – 1922

1920 : Au lendemain de la guerre,  la France, grâce aux investissements étrangers, connait une hausse rapide de sa production industrielle et son commerce devient excédentaire. L’emploi connait une embellie et on compte moins de 1000 chômeurs en 1928. Mais les inégalités sociales restent importantes. Alors que la bourgeoisie, enrichie par la guerre, s’étourdit dans le Paris des « années folles», les ouvriers, mal payés, sans protection sociale, s’entassent dans les banlieues ouvrières. Entre ces deux extrêmes, petits commerçants et artisans, petits paysans, sont attachés à leur propriété, mais menacés par la modernisation.

En 1929, le krach de Wall Street aux Etats-Unis  annonce la fin de cette période de croissance, les « années folles » vont faire place à la grande dépression.

Du plein emploi au chômage de masse

La crise atteint la France en 1931. Le chômage de masse s’installe touchant plus particulièrement la population ouvrière des villes.

Dans la banlieue industrialisée de Paris, de Saint-Denis à Bobigny, les listes de chômeurs gonflent passant ainsi en moins de deux ans de 2 % à plus de 15 %. Ce sont les ouvriers les moins qualifiés qui sont le plus touchés.

Quant à ceux qui ont encore la chance de garder un emploi, ils subissent les dominations du patronat qui durcit leurs conditions de travail. Ces contraintes ont pour effet d’aviver l’animosité des travailleurs à l’égard des travailleuses et des travailleurs immigrés que le pays a fait venir en masse dans les années 20. (De nombreux travailleurs immigrés, Polonais surtout, arrivés, notamment dans les industries du Nord, pour suppléer la pénurie de main-d’œuvre née de la Grande Guerre, sont renvoyés dans leur pays conformément à une loi votée en août 1932.)

La crise provoque la misère…

En 1931, face à la crise qui s’amplifie et à la précarité qui s’installe, le secours aux chômeurs s’organise, conçu sur le mode traditionnel de l’assistance aux pauvres, mais se révèle insuffisant et inadapté. Ce système d’aides repose essentiellement sur les municipalités qui organisent des fonds de secours, et sur la générosité publique.

Listés par communes, les chômeurs perçoivent une indemnité maigrelette, versée par la caisse de chômage municipale. Cette indemnité n’est souvent versée qu’à compter du quatrième jour de chômage et ne peut pas être touchée plus de trente jours consécutifs et ne peut dépasser la moitié des revenus antérieurs soit en moyenne 7 ou 8 francs par jour ! Sans compter que près d’un chômeur sur deux ne perçoit aucune aide.

Le bureau de bienfaisance local, lorsqu’il existe, assure une sorte de complément en nature : il distribue des « bons de pain », procure des vêtements et organise des « soupes populaires ».

Queue à la soupe populaire dans les années 30

Queue à la soupe populaire dans les années 30

… et une crise politique majeure

Pour faire face à cette situation de crise, les gouvernements successifs prennent des mesures impopulaires et inefficaces qui provoquent une forte agitation sociale: augmentation des impôts, réduction du traitement des fonctionnaires.

Ces échecs vont entraîner les grèves ouvrières de 1936.

Face à cette crise sans précédent et dans la crainte d’une montée de l’extrême droite, les partis de gauche décident de se rassembler en un parti unique, le Front Populaire. Celui-ci sortira victorieux des élections. Le succès du Front populaire fait jaillir un immense espoir de progrès social.

Mais cela est une autre histoire…

Sans plus attendre, retrouvez l’ambiance des années folles le samedi 11 avril à 16 h à la médiathèque Gustave-Eiffel.  La conférencière Marie Le Gouellec présentera la décennie d’après-guerre marquée par un renouveau culturel qui touche notamment les arts, le sport, la mode et les loisirs. Une période où se mêlent créativité, euphorie, frivolité, bientôt interrompue par la crise de 1929…

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