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Le SMIC dans les pays de l’Union Européenne

6 Nov

Dans son article 23, la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies énonçait : « Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine » (ONU, 1948).

Au sein de l’Union européenne, 22 des 28 pays membres ont mis en place par la voie légale un salaire minimum. Les six états restants, Italie, Chypre, Autriche, Danemark, Finlande et Suède proposent des minima conventionnels issus d’accords collectifs.

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Mais salaire minimum légal ne signifie pas pour autant égalité !

De grandes disparités sont à déplorer qui mettent en évidence l’écart de niveau de vie entre les pays d’Europe de l’Est, et ceux de l’Ouest et du Nord.

Montant du SMIC dans les pays de l’UE au premier semestre 2017
Luxembourg                        1998,59 € Irlande                                 1563,25 €
Belgique                                1531,93 € Allemagne                           1498,00 €
Royaume-Uni                      1396,90 € Espagne                                825,65 €
Malte                                       735,63 € Grèce                                     683,76 €
Estonie                                    470,00 € Pologne                                 453,48 €
Croatie                                    433,35 € Hongrie                                 211,52 €
Lettonie                                   380,00 € Lituanie                                 380,00 €
Bulgarie                                   235,20 € Pays-Bas                              1551,60 €
France                                   1480,27 € Slovénie                                804,96 €
Portugal                                  649,83 € République tchèque            407,09 €
Slovaquie                                435,00 € Roumanie                              275,39 €

NB/ Dans tous ces pays, le salaire minimum est fixé de façon nationale, par la loi, souvent après consultation des partenaires sociaux, à une exception près : La Belgique dont le  salaire minimum est fixé via un accord interprofessionnel qui est ensuite validé par décret royal. C’est Eurostat qui convertit ces données en équivalent par mois. Les salaires minimum s’entendent en montants brut, avant impôt sur le revenu et cotisations sociales 

Va t-on vers un SMIC européen uni ?

Un enjeu majeur pour les parlementaires européens qui souhaitent organiser plus de convergence entre les pays afin de lutter en priorité contre le « dumping social » qui favorise une concurrence déloyale entre les pays en matière salariale.

En octobre 2016, un rapport parlementaire (nouvelle fenêtre) avait déjà été remis  en ce sens  à la ministre du travail Myriam El Kromri dans lequel il est préconisé, non pas d’instaurer un salaire minimum unique à l’échelle de l’UE, mais « d’organiser la convergence des salaires minima vers le haut, pour réduire les disparités ». Le rapport déplorait en effet le recours croissant à des travailleurs détachés, dont le nombre a bondi de plus de 20% en 2015 (nouvelle fenêtre)  en France : « en l’absence de plancher minimum de rémunération, les États-membres se livrent à une forme de course à la dévaluation des salaires pour attirer les capitaux et les entreprises ». Un problème actuellement discuté au sein de l’Union européenne.

Le débat semble structuré autour de deux positions contradictoires : d’un côté, les pays membres des Peco (nouvelle fenêtre) qui font pression pour l’application d’un salaire minimum uni, ce qui compenserait les conditions défavorables dues à leur faible niveau de vie ; et de l’autre, les syndicats des pays nordiques, entre autres, qui seraient contraints de proposer un taux de leur SMIC à la baisse.

Quels critères de convergence appliquer pour la mise en place d’un salaire minimum européen uni sans pour autant déséquilibrer les politiques salariales des pays européens ? L’équation reste de taille ! ….

Pour plus de précisions, B.R.E.F. vous recommande la lecture de cet excellent article d’Alice Cros, membre du CA d’EuroCité : Pour un salaire minimum européen (nouvelle fenêtre).

 

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Le monde du travail et ses drôles expressions (4)

2 Nov

1 – Aller au charbon

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Une expression suffisamment  imagée pour que sa signification coule de source !

Et nous voici en déduire que cet idiotisme remonte tout droit de la mine…

Or cette expression n’a pas été inventée par les mineurs !

On comprend bien là, que la métaphore fait référence à une tâche pénible, voire harassante, que seule justifie l’obligation de nourrir sa famille.

Elle est apparue en réalité dans le milieu de la prostitution dans les  années 1930 où elle signifiait « exercer un métier régulier et honnête » pour les prostituées et leurs souteneurs.

Elle a été ensuite reprise dans le milieu des truands, aller au charbon, signifiant alors « exercer un métier honnête » pour être ensuite utilisée dans le milieu du théâtre pour dire « se dépenser intensivement sur scène ».

Cela fait juste une trentaine d’année que  cette expression est apparue dans le langage courant dans le sens d’aller faire quelque chose  de désagréable ou bien de se dépenser sans compter pour faire aboutir un travail.

2 – Avoir du pain sur la planche

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Selon le Littré, « avoir du pain (cuit) sur la planche » signifie que l’on a fait son travail et que l’on peut se reposer.

Aujourd’hui l’expression a complètement changé de sens puisqu’elle signifie avoir beaucoup de travail devant soi et de se mettre à l’œuvre sans attendre.

La définition du Littré fait référence au pain que l’on cuisait, tout au plus une fois par semaine, et qui était conservé sur une planche. La planche remplie, il était moins nécessaire de travailler pour s’en procurer. En revanche, pour la regarnir il fallait à nouveau travailler !

Ici le pain prenait le sens de salaire, de travail.

Deux explications possibles pour justifier l’évolution de sa signification :

  • Avec le développement des boulangeries et le changement des recettes de pain qui se conserve moins longtemps, l’expression signifie au début du XXème siècle « avoir du travail en réserve », le boulanger ayant de nombreux petits pains à faire cuire sur sa planche à pain.
  • Selon Claude Duneton, « la planche au pain » désignait à la fois le tribunal (allusion à sa position élevée comme la planche fixée au plafond où était conservé le pain) et le pain des condamnés qui était fourni gratuitement par l’État, donc le roi, d’où l’expression « manger le pain du roi » (être en prison ou aux galères).

C’est la combinaison de ces deux expressions qui aurait donné le sens de « beaucoup de travail à faire », à l’image des corvées des travaux forcés des condamnés.

C’est sur ces deux locutions très imagées que nous terminons notre petit tour du monde du travail et ses drôles expressions !

Le monde du travail et ses drôles expressions (3)

29 Oct

Aujourd’hui B.R.E.F. vous propose d’en savoir plus sur les expressions Faire suer le burnous et Travailler à pied d’œuvre.

1. Faire suer le burnous :

Exploiter quelqu’un au maximum.

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Origine : Le burnous, de l’arabe burnus (selon une des transcriptions existantes), est un grand manteau en laine, avec une capuche, initialement porté par les populations du Maghreb.
Par métonymie, on a aussi appelé burnous le porteur du vêtement. Cette expression date du XXe siècle, époque coloniale où les colons exploitaient les indigènes surnommés des « burnous » en rapport au long manteau qu’ils portaient. Le terme « suer » illustrait le fait de « prélever » un maximum de ces personnes. Ces dernières travaillant beaucoup trop se mettaient à transpirer énormément et l’expression est née ainsi et malheureusement, perdure de nos jours encore dans certains pays. On imagine bien que faire travailler ces gens exagérément, dans des pays chauds, ne pouvait que les faire transpirer ou suer.  Faire suer le burnous a pris place en toute tâche que chacun jugera trop pénible (en langage suranné évidemment) trouvant son paroxysme lorsqu’elle procède d’un ordre donné par un incompétent hiérarchiquement supérieur (pléonasme), par un client ou tout autre empêcheur de tourner en rond.

2. Travailler à pied d’œuvre :

Prêt à commencer un travail.

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Origine : Au XIIIe, le mot œuvre signifiait travail. C’est dans cette optique qu’au XVIIe on dit d’un maçon, arrivé au pied de son mur (de son travail, de son « œuvre ») qu’il était à pied d’œuvre. En ce sens, il contemplait le travail déjà réalisé et était prêt à le poursuivre. L’œuvre fait ici référence au mur bâti par les maçons, ce mot est aussi utilisé depuis le XIIIe siècle comme synonyme de travail ou activité.

« Mais ce n’est qu’au XVIIe, qu’on a commencé à dire de ce maçon, arrivé sur le lieu de son travail et prêt à attaquer ce dernier, qu’il était à pied d’œuvre. Il va de soi que le maçon peut être remplacé par n’importe quel autre travailleur », peut-on lire sur Expressio.fr. Ou autrement dit, personne n’est irremplaçable…

Voilà pour les deux expressions du jour et vous pouvez être certains que nous sommes déjà à pied d’œuvre pour les prochaines… 😉

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