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Les congés payés et la naissance du tourisme social

17 Juin

Les congés payés : une innovation sociale majeure

Les congés payés désignent les périodes de repos au cours desquelles le salarié est payé par l’employeur en raison d’une obligation légale mise en oeuvre dans son pays (nouvelle fenêtre).

En France, les premiers congés payés datent du XIXème siècle sous le règne de l’empereur Napoléon III, mais ils ne concernaient qu’une fraction restreinte de la population : les fonctionnaires. C’est surtout la date du 7 juin 1936, sous l’égide du front populaire, que l’on retient comme date-symbole puisque pour la première fois tous les salariés vont avoir le droit de prendre dans l’année deux semaines de congés payés avec une indemnité journalière égale au salaire. Une circulaire du 6 juillet 1936 en précise la période, à savoir des vacances scolaires (du 14 juillet au 1er octobre), sauf pour les entreprises saisonnières.

Un concept qui n’aura de cesse d’évoluer (surtout durant la première moitié du XXème siècle) passant de deux à cinq semaines…

Chronologie

1936 : adoption de la loi sur les congés payés par le gouvernement de Front populaire permettant aux salariés de prendre deux semaines de congés payés. À partir de cette période, on peut donc affirmer que la légitimité des congés payés repose sur un droit.

1956 : Guy Mollet charge Albert Gazier (alors secrétaire général du syndicat des employés) de rédiger une loi pour créer une troisième semaine de congés payés.

1968 : les Français obtiennent une quatrième semaine de congés payés à laquelle s’ajoute une petite évolution : si deux conjoints travaillent dans la même société, ils peuvent désormais prendre leurs congés en même temps.

1982 : début de la présidence de François Mitterrand, les députés votent la cinquième semaine de congés payés.

Dans le monde…

Pays Nb de congés payés minimum Nb de jours fériés Classement jours fériés Nb de jours de congés payés Classement congés pays
UK 28 8 11 36 1
Pologne 26 11 8 37 2
Danemark 25 9 10 34 3
France 25 11 8 36 3
Suède 25 11 8 36 3
Brésil 22 11 8 33 6
Belgique 20 10 9 30 8
Japon 20 15 3 35 8
Chine 10 (dans les faits) 11 8 21 16
USA 15 (dans les faits) 10 9 25 19

Si les congés payés se sont généralisés à l’échelle internationale, leur durée diffère de façon très inégale et reste, dans beaucoup de pays, souvent liée à des accords d’entreprise. Ce sont la Chine et les USA qui recensent le moins de jours avec 10 et 15 jours et le Royaume-Uni le plus avec 28 jours. En Belgique, c’est en 1936 (quasiment en même temps que la France) que la loi est instaurée le 8 juillet. En Italie, le principe est introduit dans le Code Civil en 1942. En Allemagne, si des conventions collectives comportaient déjà au début du XXème siècle des dispositions sur les congés payés, il faudra attendre la loi fédérale de janvier 1963 pour que ceux-ci soient rendus obligatoires et que leur droit soit généralisé.

Les congés payés contribuent à créer un tourisme social

Avant 1936, les temps de loisirs étaient en effet réservés à une élite bourgeoise.  Les deux semaines de congés vont donner aux salariés la possibilité de s’adonner à des loisirs auxquels ils n’avaient jusqu’alors pas le temps de se consacrer.

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«L’homme qui travaille a besoin de se recréer pendant ses heures de loisir. Pour répondre à cette nécessité, le tourisme, qui est une des formes les plus saines et les plus agréables de la vie en plein air, doit être mis à la portée de tous pendant les week-ends et les vacances.» Jean Zay.

Mais à l’été 36, malgré ce sentiment de nouvelle liberté, les départs en vacances sont encore trop rares, faute d’argent, faute de structures disponibles ou tout simplement de savoir où partir. Conscient de cette difficulté, les représentants du gouvernement populaire vont chercher les moyens d’organiser les loisirs des classes populaires pour leur permettre de profiter de ce temps libre. Démocratiser les loisirs permettrait à des milliers de familles de prendre la route des vacances !

Un « sous-secrétariat d’État à l’organisation des loisirs et des sports » est alors créé et c’est à Léo Lagrange qu’en est confiée la responsabilité. Dès l’été 1936, celui-ci instaure le « billet populaire de congé annuel » qui réduit de 40% le tarif d’un billet de train pour un salarié, son conjoint et un enfant mineur. À l’été 36, ce sont déjà 600 000 travailleurs qui vont en bénéficier ; ils seront 1 800 000 l’été suivant. Lagrange s’engage également à développer le réseau des auberges de jeunesse en s’appuyant sur des associations (nouvelle fenêtre). En moins de 4 ans, leur nombre va être multiplié par 100, passant de 40 en 1934 à 400 en 1938, même si, pour profiter de son temps libre, le moyen d’hébergement qui reste le plus accessible est le camping. Sans faire trop de kilomètres, il suffit d’une simple tente et d’une bicyclette pour partir à la campagne et passer du bon temps en famille ou entre amis ! En cet été 1936, l’heure est à l’insouciance….

Le développement du tourisme et des loisirs

Freiné durant les quatre années de conflit (1939/1945), l’essor du tourisme reprend à la libération. Dès 1946, le besoin de «partir en vacances» s’affirme, bien qu’il n’ait pas le même sens pour toutes les catégories de la population. On distingue les populations issues de l’exode rural qui retournent annuellement dans leur région d’origine, et les salariés urbanisés depuis plusieurs générations, sans plus de racines rurales qui recherchent des lieux de vacances et d’hébergement.

Des comités d’entreprise, issus directement du programme du Conseil National de la Résistance, sont créés en mai 1946 pour proposer aux salariés des prestations sociales et de loisirs et favoriser ainsi le départ en vacances des familles comme les villages de vacances et des gîtes ruraux mais aussi des enfants de salariés comme les colonies ou centres aérés (pendant que les parents travaillent).

Dès les années 60, la croissance économique, la hausse du pouvoir d’achat contribuent au développement d’une « classe moyenne». Avec les grands travaux de réseau de transport routiers, l’acquisition de l’automobile, les routes sont sillonnées par nombre de caravanes qui permettent de se déplacer plus librement et d’élargir les distances. L’apparition du Guide du Routard en 1973 (le premier exemplaire se vendra à 8500 exemplaires !), du chèque vacances en 1978 ainsi que les premiers groupes de voyage comme Nouvelles Frontières faciliteront l’accessibilité de tous à la pratique du tourisme.

 

Conclusion

Si les congés payés de 1936 ont apporté un nouveau droit social aux salariés, ils s’avèrent très vite être le coup d’envoi d’une nouvelle activité économique et culturelle, celle du tourisme qui va peu à peu devenir, face à l’individualisation des pratiques, une activité productiviste et marchande des loisirs entièrement dédiée à la consommation de masse.

Aujourd’hui à l’heure du numérique, à l’heure où l’économie du tourisme est devenu un moteur majeur de l’économie mondiale, à l’heure où les défis environnementaux sont cruciaux, à l’heure où seuls les matchs de football paraissent parfois être susceptibles de recréer du collectif, repenser un tourisme autrement fait partie des défis de demain afin que tous retrouvent les possibilités d’un temps vraiment libre source de ressourcement, de tissage des liens collectifs, de lien nouveau à l’environnement afin d’assurer un équilibre entre l’homme, l’économie et la nature en préservant les ressources et les milieux aussi bien au niveau local qu’à l’échelle planétaire.

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Le travail au Moyen-Âge : de quelle manière le Moyen-Âge a pensé et pratiqué le travail

23 Mai

La notion de travail au Moyen-Âge (492 à 987) :

Dès le début du Haut Moyen-Âge (à la fin de l’empire romain en 492), la société médiévale connait pendant plus de cinq siècles, une période d’instabilité liée aux invasions barbares  qui provoquèrent le destruction des récoltes, une baisse de la population, la disparition du commerce. Un temps d’instabilité qui s’achève au Xème siècle avec l’avènement de la dynastie capétienne en 987.

La société se divisait en trois ordres :

  1. Les labores qui désignent ceux qui travaillent, c’est-à-dire les paysans mais aussi les marchands et les artisans. Ce sont les labores qui veillent à la subsistance des deux autres ordres.
  2. Les bellatores qui désignent les hommes d’armes composés de seigneurs et de chevaliers.
  3. Les oratores qui désignent ceux qui se consacrent uniquement à la prière : hommes d’église.

Le travail, durant toute cette période, était alors considéré comme la conséquence du péché originel et se définissait en tant que travail-châtiment ou travail-pénitence, principe fortement répandu par la Christianisme. Limité essentiellement au travail agricole et aux travaux de défrichements, le travail est alors perçu comme une malédiction qui se confirme par la pratique de l’esclavage, puis du servage : ceux qui travaillent au profit des autres étaient donc des êtres asservis et inférieurs,  le travail étant pour les labores une occasion de se racheter et de faire une pénitence.

La+hiérarchie+sociale+au+début+du+haut+Moyen+Âge

L’an 1000, le grand tournant…

Reprise économique …

La période carolingienne, entre 751 et 987, connaitra un frémissement de reprise économique qui sera cependant très vite stoppée par les invasions normandes. Mais, dès la fin du Xème siècle, le pouvoir royal finit par se morceler laissant place à un nouveau système politique : le système féodal (nouvelle fenêtre).  C’est à partir de cette période, qui correspond à  l’avènement de la dynastie capétienne, que la monnaie commence à circuler de manière plus abondante dans toutes les couches de la société ce qui va permettre au commerce de se développer : les villes renaissent, les métiers de l’artisanat se développent et se diversifient.

Transformation de société…

Un nouvel ordre apparait, celui des marchands et artisans (jusqu’alors mal considérés et appartenant à l’ordre des labores) qui vont peu à peu acquérir un pouvoir politique dans la Cité. Outils, objets d’usage quotidien, vêtements sont désormais fabriqués par des artisans spécialisés qui vont s’organiser en se regroupant afin de réglementer leur activité et d’en protéger ses intérêts. La hiérarchie sociale partagée entre les trois ordres (noblesse, clergé et paysan) se complexifie avec la montée des artisans et l’arrivée des bourgeois.

La notion de travail change…

La perception du travail évolue et prend alors une dimension spirituelle : désormais le travail n’est plus considéré comme une punition mais comme une forme d’obéissance naturelle au créateur. Ainsi, le paysan travaille désormais la terre pour l’amour de Dieu et on attend même des moines qu’ils ne fassent pas que prier ou méditer,  ils se doivent désormais de recopier des manuscrits ou de bêcher les champs !

L’organisation des métiers

Les métiers spécialisés se regroupent en corporation et les modalités du travail changent progressivement en ville.

Au sein de la cité, les artisans d’une même profession vont alors se regrouper en association appelées corporations (métiers). Chaque corporation exerce un monopole et a le droit de s’administrer elle-même : tout artisan d’une ville se doit d’appartenir à une corporation de métier (nouvelle fenêtre), y compris les intellectuels qui eux aussi vont se regrouper en corporation appelée alors université. Personne ne peut s’installer et vendre une marchandise sans appartenir au métier.

Hiérarchie de la corporation : maitres, apprentis, valets

Chaque corporation de métiers est administrée par un ou plusieurs « jurés » ainsi appelés parce qu’ils jurent de garder et de faire respecter le règlement selon le droit et la justice, de ne favoriser ni négliger personne.

Le métier comprend des maîtres, des compagnons et des apprentis.

  • L’apprenti peut débuter à l’âge de 12 ans. Il apprend alors le métier pendant 3 ans. Il est logé et nourri par son patron mais ne reçoit pas de salaire.
  • Vers l’âge de 17 ans l’apprentissage terminé, l’apprenti devient compagnon : il reçoit un salaire, perfectionne son savoir-faire et doit faire preuve de ses capacités en présentant un chef-d’œuvre aux jurés de la corporation.
  • Le maître : compagnon ayant présenté un chef-d’œuvre et qui a pu payer un droit d’admission très élevé pour devenir maitre (dans le cas contraire, il demeure compagnon). Il obtient ainsi le droit de posséder un atelier, des outils et d’acheter la matière première. Il peut alors former les apprentis et diriger la corporation.

Principe de la corporation

Son rôle :

  • Réglementer l’activité (conditions de travail, façon de fabriquer les produits…)
  • Se prêter assistance
  • Contrôler la production

Chaque corporation répond à un règlement inscrit dans des chartes qui fixent de manière très minutieuse la fabrication, les salaires, les prix, les heures de travail et punissent les malfaçons et les fraudes. Le règlement du métier est sévère. Ainsi, un maître ne peut avoir qu’un atelier et qu’une boutique : il ne peut engager qu’un apprenti et 3 ouvriers au plus. Les salaires sont fixés par les jurés. Il n’est pas permis de travailler en dehors des heures prescrites.

Des jurés sont chargés de faire observer le règlement. Ils se rendent au domicile des maîtres et des compagnons et dans les ateliers ; ils inspectent les objets fabriqués. Ils infligent de fortes amendes pour toute infraction : la punition la plus grave étant l’interdiction de travailler…

Pour rentrer dans une corporation, il faut obligatoirement jurer de respecter le règlement et d’obéir à ses maitres. Ces derniers sont chargés d’élaborer, de modifier et de faire respecter les règles internes, ce qui permet d’assurer la qualité des productions ou des services que la corporation fournit et qui font sa réputation. La corporation est aussi une institution qui protège : aider un artisan dans le besoin, participer aux frais d’enterrement…

Chaque corporation possède :

  • Un local de réunion (sa maison)
  • Une caisse d’assistance commune
  • Des règlements
  • Une chapelle

Et se distingue par :

  • Une bannière
  • Un sceau
  • Un saint patron

 

 

 

En 1368, le Livre des métiers (nouvelle fenêtre), rédigé par Étienne Boileau à la demande du roi de France, fixe par écrit pour la première fois les coutumes et pratiques de chaque corporation de Paris.livrre métiers

 

En 1879, l’ouvrage est publié  par René de Lespinasse et François Bonnardot : le texte de cette édition fut établi à partir du manuscrit dit « de la Sorbonne », copie du manuscrit original perdu dans l’incendie de la Cour des Comptes en 1737 et fut présenté dans la langue du XIIIe siècle.

Et les travailleurs non spécialisés…

Mais les corporations sont loin de regrouper tous les travailleurs. Des métiers réputés « vils » étaient maintenus hors du système corporatif comme les meuniers, aubergistes, légumiers, charretiers, bateliers, porteurs, hommes de peine.

Aux niveaux inférieurs de la société, il existe les travailleurs peu qualifiés qui ne relèvent, eux non plus, d’aucun métier. Ce sont des hommes qui acceptent n’importe quelles tâches et qui  supportent de longues périodes d’inactivité forcée. Le terme le plus courant pour les désigner est operarius (ouvrier) ou manoperarii (manœuvre). Leur mode d’embauche et de rémunération habituel se fait à la journée, même si l’employeur peut parfois les garder sur plusieurs jours. Le marché du travail prend, pour ce type de main-d’œuvre, la forme bien particulière de la place d’embauche. La mieux connue est la place de Grève à Paris.

Dans les campagnes

On distingue deux sortes de paysans : les paysans non-libres, les serfs qui appartiennent au seigneur et les paysans libres, les vilains qui travaillent sur les terres d’un seigneur et sont locataires de parcelles (tenures)

La seigneurie est un espace économique, une exploitation agricole, d’une taille très variable, exploitée pour le compte d’un seigneur. Elle est divisée en deux espaces distincts :

  • La réserve qui sont les terres réservées au seigneur, sur lesquelles on trouve généralement le château, mais qui sont exploitées grâce aux corvées effectuées par les paysans libres ou serfs. Lorsque le calendrier agricole l’exige, les paysans doivent venir moissonner, rentrer les blés du seigneur avant de s’occuper de leurs propres récoltes. L’entretien de la réserve comprend aussi des travaux au château comme l’entretien des douves ou des travaux dans les vignes lorsqu’il y en a.
  • Les tenures composées de l’ensemble des terres que le seigneur octroie à ses paysans en échange de nombreuses redevances en nature comme le champart ou en argent comme le cens (comparé à un loyer)

A partir du XIème siècle, les seigneurs préfèrent affranchir leurs serfs et employer des salariés.

travail aux champs

Le temps de travail

La fixation de la journée de travail est réglementée par les statuts de chaque corporation, conformément à l’équité et aux usages. Pour la plupart des métiers, la journée commence presque uniformément avec le jour (ou tout au moins dans l’heure qui suivait le lever du jour) et se termine le plus souvent au soleil couchant, sa durée est évidemment variable selon les saisons. Le motif le plus souvent donné pour justifier cette limitation de la durée du travail est la crainte que la fatigue de l’ouvrier et l’insuffisance de la lumière n’exercent une influence fâcheuse sur la qualité de la fabrication. De plus le travail à la chandelle n’est pas autorisé dans la crainte des incendies. La moindre activité de la production, l’absence de toute spéculation, la régularité de la demande permettent au maître de prévoir la quantité et la nature des objets qu’il doit fabriquer sans être obligé d’imposer à l’ouvrier des efforts extraordinaires. L’ouvrier travaille ainsi de façon équilibrée, sans surmenage et avec plus d’application !

Mais pour se faire une idée de la somme de travail fournie annuellement par l’ouvrier et même le paysan, il faut également tenir compte du nombre de jours de chômage consacrés au repos ou à la célébration des fêtes :

Tous les dimanches de l’année.

2° Les jours de fêtes religieuses. La liste en est longue : aux fêtes de l’Ascension et des Apôtres, du lundi de Pâques et de la Pentecôte, de Noël et des deux jours qui suivent Noël s’ajoutent :

1° Janvier. – Sainte Geneviève et l’Épiphanie
2° Février. – La Purification de la Sainte Vierge
3° Mars. – L’Annonciation
4° Mai. – Saint Jacques le Mineur et saint Philippe ; l’Invention de la Sainte Croix
5° Juin. – La Nativité de Saint Baptiste
6° Juillet. – Sainte Marie Madeleine ; Saint Jacques le Majeur et Saint Christophe
7° Août. – Saint Pierre ès-Liens ; Saint Laurent ; l’Assomption; Saint Barthélemy
8° Septembre. – La Nativité de la Sainte Vierge ; l’Exaltation de la Sainte Croix
9° Octobre. – Saint Denis
10° Novembre. – La Toussaint et les Morts ; la Saint Martin
11° Décembre. – Saint Nicolas

Au total 27 fêtes auxquelles il faut  ajouter, si l’on veut tenir compte des chômages collectifs ou individuels, une demi-douzaine d’autres : la fête du saint patron de la confrérie, celle des saints patrons de la paroisse, de chaque maître en particulier, de sa femme, etc. En somme, le travail était complètement suspendu chaque année pendant environ 80 à 85 jours.

 

Conclusion

Les années 1350-1450 seront un âge d’or pour les compagnons grâce à une diminution de la main-d’œuvre disponible : leurs salaires augmentent et ils peuvent fonder leur propre confrérie. Mais à la fin du XVe siècle, un système oligarchique s’installe au sein des corporations qui aura pour effet limiter leurs droits ainsi que ceux des apprentis. Au cours du XVIe siècle, il devient très difficile pour un compagnon de devenir maitre, tant les droits d’entrée ont augmentés ! On observe alors  un déclin progressif des corporations.

Devenues des organismes très conservateurs, très réticents au progrès technique, sclérosés, limitant très fortement l’installation de nouvelles industries ou de nouveaux artisans, les corporations seront définitivement supprimées au moment de la révolution française par le décret d’Allarde du 2 et 7 mars 1791 suivi de la loi Le Chapelier du 14 juin de la même année, qui interdit  la reformation de toutes organisations collectives professionnelles, telles que les corporations.

Ça s’est passé le… 16 mai 2005 : première journée de solidarité

16 Mai

Le lundi de Pentecôte est décrété journée de solidarité par la loi du 30 juin 2004 relative à la solidarité pour l’autonomie des personnes âgées et handicapées. Le 16 mai 2005 fut le premier lundi de Pentecôte à être concerné par le décret, et donc à être travaillé ; il fut accompagné d’une grève massive en France.

  • Qu’est-ce-que la journée de solidarité ?

La journée de solidarité (nouvelle fenêtre) est une journée de travail supplémentaire non rémunérée pour les salariés, et pour l’employeur le versement d’une contribution « solidarité autonomie » de 0.3% des rémunérations. Cette journée initialement fixée le lundi de Pentecôte, jour férié pendant près de 200 ans, est redevenue chômée pour de nombreux Français depuis 2008. Suite à la loi du 16 avril 2008 (nouvelle fenêtre), le dispositif a été modifié, la journée de solidarité étant indépendante de cette date. La journée de solidarité est désormais fixée par accord collectif (branche, entreprise) ou à défaut, par l’employeur après consultation du comité d’entreprise ou des délégués du personnel. Traditionnellement, de nombreuses entreprises la fixent toujours à la Pentecôte, soit le 10 juin en 2019.

  • Pourquoi cette journée a-t-elle été créée ?

Suite à la canicule meurtrière qui a provoqué la mort de 15 000 personnes en France en 2003, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, premier ministre de 2002 à 2005, a décidé de faire du lundi de Pentecôte en 2004, une journée de travail supplémentaire destinée aux financement d’actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées ou handicapées.

  • Quels salariés sont concernés ?

La journée de solidarité concerne tous les actifs, du secteur privé ou public, à temps plein ou partiel (au prorata pour ces derniers), quel que soit leur contrat CDI ou CDD, intérimaires.

  • Quelles sont les conditions d’application ?

Elle peut-être fixée n’importe quel jour de l’année, à l’exception d’un dimanche ou du 1er mai.  Le Code du travail stipule que le 1er mai est le seul jour férié obligatoirement chômé en France . Elle n’est pas nécessairement le même jour pour tous les salariés de l’entreprise. Les salariés doivent soit effectuer 7 heures de travail supplémentaire sans être payé, fractionnées ou non dans l’année, soit un jour de repos ou de RTT leur sera déduit. Pour les salariés à temps partiel, cette limite de 7 heures est réduite proportionnellement à la durée du travail prévue dans leur contrat.

Journée de solidarité 2019 : 7 points à connaître (nouvelle fenêtre) – Article d’Alexandra Marion, juriste – Juritravail.com

Que le lundi de Pentecôte soit chômé ou non, les entreprises doivent verser une contribution de 0.3% de la masse salariale à la Caisse nationale de solidarité. En 2018, la journée de solidarité a rapporté 2,4 milliards d’euros. Depuis 2004, elle a rapporté plus de 36 milliard d’euros.

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