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Ça s’est passé le… 8 juin

8 Juin

Né le 8 juin 1783 à Paris, Antonin Carême, de son vrai nom Marie-Antoine Carême (nouvelle fenêtre), est un grand cuisinier français du XIXème siècle.  Considéré comme l’inventeur de la cuisine moderne, il est le premier grand pâtissier et cuisinier de l’histoire de la gastronomie française, le premier a porter l’appellation de « Chef ». Il a fait rayonner l’art de la table dans le monde entier.

Antonin Carême

À 16 ans, il entre chez le célèbre pâtissier Bailly qui remarque les talents culinaires de l’adolescent et son don pour l’architecture. Autodidacte, il ouvre sa première boutique : la Pâtisserie Carême, rue de la Paix à Paris. Passionné, il acquiert rapidement une renommée dans toutes les cours d’Europe. Il restera le cuisinier de Talleyrand pendant douze ans au château de Valençay ; c’est alors que son talent explose.

Il devient célèbre pour ses pièces montées, de splendides compositions en pâte d’amande, nougatine, pâte à choux et meringues. Mélange de pâtisserie et d’architecture, ses pièces montées ressemblent à des pyramides, des temples, et sont de véritables chefs d’œuvre pouvant mesurer jusqu’à 1m30 de hauteur ! Sa cuisine est tout un art : il faut que ça soit bon et beau.

Adorant les défis, il règle à la perfection un banquet de 1200 couverts. Il réalise des menus d’une année sans jamais proposer deux repas semblables, il propose lors d’un festin 85 entrées différentes, il invente toutes sortes de sauces, crée le Vol-au-vent, le Croque-en-bouche… Il définit les bases de la gastronomie et publie plusieurs ouvrages culinaires (nouvelle fenêtre) traitant de l’art de la table. Il aborde dans ses traités les divers aspects du monde de la gastronomie et de la professionnalisation du métier de cuisinier, lui conférant un statut reconnu. En 1821, il est le premier à porter la toque blanche des chefs cuisiniers : il décide que les chefs méritent un uniforme spécifique. Aujourd’hui, la toque est encore portée par la majorité des cuisiniers… et est devenue un élément incontournable de la tenue de cuisinier.

Visionnez un extrait de l’émission Visites privées présentée par Stéphane Bern et consacrée à Antonin Carême :

Si la profession de cuisinier ou de pâtissier vous passionne, le secteur des métiers de bouche recrute de plus en plus en 2017. La plupart des formations sont accessibles en apprentissage, et de nombreux sites vous donnent tous les renseignements utiles sur ces métiers de passion. En voici deux :

Retrouvez les grands pâtissiers ou cuisiniers comme Christophe Michalak, Philippe Conticini, Pierre Gagnaire à La Médiathèque et régalez-vous !

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Ça s’est passé le… 19 mai 1874

19 Mai

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Le travail des enfants au XIXème siècle

Pendant des siècles, qu’ils vivent en ville où à la campagne, la plupart des enfants de famille modeste ont toujours travaillé dès leur plus jeune âge. À la campagne, ils aidaient leurs parents aux travaux des champs et à la garde des troupeaux ; en ville, ils étaient placés parfois loin de chez eux comme ouvriers dans des fermes ou chez des patrons. Au XIXème siècle, à l’heure de l’industrialisation, les enfants étaient une main-d’œuvre rentable pour les patrons : de par leur petite taille, ils pouvaient effectuer des travaux qu’aucune machine n’étaient en mesure d’exécuter et leur salaire , 4 à 5 fois moins élevé que celui d’un adulte ! Une présence bon marché d ’autant plus rentable qu’elle nivelait le salaire des adultes vers le bas ! Soumis aux mêmes conditions de travail et manque d’hygiène que leurs ainés, les enfants subissaient les mêmes risques, et travaillaient de onze à douze heures par jour parfois même  jusqu’à quinze heures. Les accidents étaient nombreux et les 3/4 des enfants se retrouvaient privés d’instruction….

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Au cours du XIXème, l’opinion se mobilise contre le travail des enfants.

Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules ;
Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison, le même mouvement
Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l’ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las… .

Victor Hugo

Face à une classe ouvrière grandissante, la question sociale, c’est à dire les conditions de travail, la protection du salarié et de ses droits, va devenir un enjeu politique qui va obliger l’État à légiférer notamment sur la protection des enfants.

En France, la toute première loi concernant le travail des enfants est promulguée la loi Montalembert « loi relative au travail des enfants dans les manufactures, usines et ateliers » (nouvelle fenêtre) . Elle fixe un âge minimum de 8 ans et limite le travail à huit heures pour les 8-12 ans, à 12 heures pour les 12-16 ans et interdit le travail de nuit pour les moins de 13 ans (entre 21 h et 5 h du matin).  Mais cette loi ne concerne uniquement que les entreprises de plus de 20 ouvriers. C’est dire que dans les campagnes et les petites entreprises,  le travail des enfants échappe complètement  à la législation.

Une deuxième loi est promulguée au lendemain de la Commune de Paris.

Loi du 19 mai 1874  sur le travail des enfants et des filles mineures employés dans l’industrie (nouvelle fenêtre)

La loi du 19 mai 1874 stipule l’interdiction du travail des enfants de moins de 13 ans, du travail de nuit pour les filles mineures et pour les garçons de moins de 16 ans. Le repos du dimanche devient obligatoire pour les ouvriers âgés de moins de 16 ans.

La Loi institue un service d’inspection composé d’un corps d’inspecteurs départementaux, nommés et rétribués par les Conseils généraux, chargés de veiller à son application, disposant du droit d’entrée dans les établissements afin de constater  et d’appliquer les contraventions par procès-verbal.

Certains secteurs industriels pourront cependant continuer à embaucher des enfants à partir de 10 ans pour une durée maximale de six heures maximum. Pour les plus de douze ans, le temps de travail est de … 12 heures.

La Loi prévoit cependant un temps nécessaire de pause pour l’accomplissement des devoirs religieux et « évoque » brièvement la nécessité de recevoir une éducation primaire. Il faudra cependant attendre les lois Ferry de 1881 (nouvelle fenêtre) pour que l’éducation devienne obligatoire.

Toutefois, faute de moyens humains, la portée de la loi du 19 mai 1874 sera très limitée dans les faits. Jusqu’en 1914, malgré la mise en place du système de contraventions, elle est difficilement mise en œuvre. Les enfants continueront de travailler dans les champs, de peupler les usines, les ateliers et les galeries de charbon !

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Ça s’est passé le… 13 mai

13 Mai

 

La loi Aurea ou loi d’or (Loi impériale nº 3 353), signée le 13 mai 1888, est la loi qui a aboli l’esclavage au Brésil. Elle fut signée par Isabelle de Bragance, princesse impériale du Brésil, et par le ministre de l’Agriculture de l’époque, le conseiller Rodrigo Auguste Da Silva.

La loi ne contenait que deux alinéas :

  1. À partir de ce jour, l’esclavage est aboli au Brésil.
  2. Toute disposition au contraire est abolie.

 

       

 

Ce qu’il faut retenir c’est que le Brésil a été la seule monarchie d’Amérique latine mais aussi le dernier pays des Amériques à abolir l’esclavage. De nombreuses familles de Noirs et Pardos (Métis) vivaient déjà en liberté avant l’abolition définitive et selon l’historiographie la loi profita à 700 000 esclaves, soit environ 5 % de la population brésilienne. Le pays aurait reçu entre 3,5 et 4 millions d’individu, soit le plus grand nombre d’esclaves africains dans toutes les Amériques.

Cette loi n’a malgré tout pas permis au Brésil de tourner complètement la page de son passé esclavagiste. Encore aujourd’hui des travailleurs esclaves sont régulièrement détectés dans des exploitations agricoles de l’intérieur du pays. De même, la bataille de l’égalité ne semble pas gagnée. Une étudiante de l’université de Brasilia (entrée à l’université par le biais des quotas raciaux), interrogée par Agencia Brasil le 13 mai 2013, avançait un point de vue partagé par beaucoup :

« Bien sûr, le 13 mai est une très belle date de notre histoire, elle représente plus que la simple signature de la princesse Isabel. Elle représente avant tout le cri de souffrance du peuple noir. Mais il reste encore de nombreux défis à relever, nous sommes loin d’une situation idéale. La pauvreté a une couleur, et ce n’est pas par hasard »

Un article du Parisien paru le 15 mars 2017 fait état de l’esclavage moderne masqué par le gouvernement brésilien.

 

 

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