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Engagement et reconnaissance au travail

27 Fév

Aujourd’hui, l’engagement du personnel au travail est perçu comme une des valeurs essentielles par les RH des entreprises et des collectivités.  Avoir des salariés «engagés» dans leur mission sont pour eux l’assurance :

  • D’une bonne qualité des services
  • D’innovation
  • D’une bonne image de marque
  • De bons résultats financiers et de bonnes performances
  • D’un faible taux d’absentéisme
  • De la fidélisation des effectifs

Du côté du salarié, l’engagement  implique de sa part :

  • Motivation
  • Investissement
  • Innovation
  • Qualité de service
  • Autonomie
  • Disponibilité
  • Assiduité
  • Esprit d’entreprise et esprit d’équipe
  • Sens du relationnel

S’engager dans ses missions est, pour le salarié, vecteur d’épanouissement personnel et professionnel dans le sens où il éprouve un sentiment d’appartenance au sein de l’entreprise avec l’impression de progresser constamment et de s’améliorer dans ce qu’il entreprend. Mais au vu des efforts fournis, tout salarié ressent inéluctablement un besoin de reconnaissance en comparaison de celui qui travaille le moins possible, de celui qui ne cherche pas à améliorer son mode de fonctionnement, ni se remettre en question et qui, dépourvu d’esprit d’équipe, se moque des intérêts de son entreprise…

Reconnaitre l’engagement et le travail fourni :

Une attente professionnelle et personnelle

De nombreuses études sur le bien-être au travail ont démontré que, si l’engagement est source de productivité pour l’entreprise et d’épanouissement pour le salarié,  le manque de reconnaissance reste une des premières raisons susceptibles de nuire à cet engagement. Tout travail non reconnu entraine bien souvent un fort sentiment d’injustice qui peut générer une démotivation (on ne fait que le minimum) et du stress pouvant conduire au burn-out. Un déséquilibre entre le travail fourni et la reconnaissance reçue contribue donc de façon importante à l’épuisement professionnel et à la détresse psychologique.

burnout

Quand on parle de reconnaissance, on fait donc référence à des notions simples : confiance, respect, justice, estime sociale de soi en retour de l’engagement, de l’investissement et des efforts fournis. Se sentir apprécié à sa juste valeur pour le travail accompli incite le salarié à rester dans une entreprise, quand bien même le salaire ne serait pas idéal !

Qu’est-ce que la reconnaissance au travail ?

La reconnaissance liée au travail est la manière dont l’individu perçoit les marques de considération qui lui sont portées par ses supérieurs, ses collègues  ainsi que les attentions qu’il porte lui-même aux autres… Elle touche toutes les organisations, privées ou publiques, et toutes les professions, du bas en haut de la hiérarchie. Si la reconnaissance est un jugement posé sur la contribution de la personne, tant en matière de pratique de travail que d’investissement personnel et de mobilisation,  elle  est  avant tout une réaction constructive dans les rapports humains puisqu’elle est  créatrice de lien  entre la hiérarchie et le collaborateur.

reconnaissance

Reconnaissance au travail, comment la mettre en pratique ?

Toute la difficulté pour le manager consiste à répondre de manière adaptée aux besoins de chaque individu, étant précisé que ceux-ci varient d’un employé à l’autre, en fonction de sa culture, de sa personnalité, de ses capacités et du contexte dans lequel il évolue.

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Si la reconnaissance passe avant tout par le management, il est important de souligner qu’un manager de doit pas être reconnaissant juste pour l’être. Le contact humain est l’élément central pour valoriser une personne et ce n’est qu’à travers un dialogue constructif  et une ouverture d’esprit que le manager pourra  actionner sa marche de reconnaissance:

  • Prendre le temps de saluer, de discuter et d’être disponible. (Reconnaitre, c’est d’abord connaître !)
  • Traiter les collaborateurs comme des membres précieux de l’équipe, pas comme des chiffres.
  • Fixer des objectifs spécifiques et mesurables avec les employés en fonction de leur compétences
  • Donner une part de responsabilité à chacun, pour plus impliquer et encourager les initiatives personnelles
  • Favoriser l’autonomie
  • Faire confiance
  • Veiller à être équitable vis-à-vis de tous
  • Veiller au bien-être de son équipe

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Conclusion

Si travail et vie personnelle gagnent généralement à être clairement distingués, il semble que la reconnaissance au travail soit une exception de taille tant elle influe sur la vie privée des employés.  Son impact sur le bien-être et la qualité de vie au travail n’est donc pas à négliger, et elle mérite de faire l’objet d’une stratégie adaptée aux réalités de l’entreprise.

L’expression et la manifestation de la reconnaissance au travail doivent être à l’image de l’être humain, c’est-à-dire adaptées et authentiques. La pratique de la reconnaissance reste un outil très puissant pour mobiliser les personnes. Reconnaitre une personne pour son travail, ses efforts ou ses compétences, c’est l’aider à entretenir une image positive d’elle-même et à poursuivre son engagement tout en instaurant une bonne ambiance au sein de son équipe, facteur du bien-être au travail.

Studenten halten Daumen hoch in der Uni

À La Médiathèque :

Travailler au XXIe siècle Nudge managementLe pouvoir de la reconnaissance au travailMaitrisez votre image professionnelle

 

 

L’Hôpital public : fruit de plusieurs siècles d’histoire

6 Fév

Depuis plusieurs années, l’hôpital public est en crise,  plusieurs réformes ayant profondément affectées l’organisation et le personnel hospitalier sous une pression budgétaire constante. BREF revient sur les grandes étapes qui ont fait l’histoire de l’hôpital public.

L’Assistance Publique-Hôpitaux est une institution dont les lointaines origines remontent à la fondation de l’Hôtel-Dieu, premier hôpital à Paris vers 650.  Au fil des siècles, les missions de l’hôpital se sont précisées et diversifiées en s’adaptant aux évolutions de la société.

Moyen-Âge

L’Hôpital = œuvre de charité

Aux IVe et Ve siècles, l’hôpital qui appartenait au patrimoine ecclésiastique était placé sous l’autorité de l’évêque selon les préceptes religieux de charité et de gratuité. Ils étaient construits en dehors des villes et n’étaient pas encore un lieu de soins médicaux. Sa mission était  d’accueillir les pauvres, enfants errants, malheureux trop âgés ou les pèlerins de passage.  En 650 fut créé à Paris  le premier hôpital  de l’Hôtel-Dieu, il procède lui aussi de cette tradition de charité qui perdurera jusqu’au XIXème siècle.

 

Au cours du XIIe siècle, apparaissent les premiers établissements dits spécialisés créés pour lutter contre la lèpre : les léproseries eux aussi construits à la périphérie des villes.

LEPROSERIE

Renaissance 

L’Hôpital = œuvre de bienfaisance

À la renaissance, François 1er (1515-1547) tente de maîtriser le pouvoir religieux en favorisant l’implication des laïcs dans la gestion de l’hôpital. En 1544, il crée le Grand Bureau des Pauvres. Cet organisme,  placé sous l’autorité du Parlement de Paris, avait pour fonction d’administrer des secours à domicile pour les personnes âgées et les enfants de toutes les paroisses de Paris et de ses faubourgs : distribution des secours en argent et en nature aux nécessiteux ; organisation d’un service médical à domicile ; hospitalisation des malades et des infirmes dans les deux maisons hospitalières de la capitale : la Trinité pour les enfants et l’hospice des Petites Maisons pour les malades aliénés, vénériens ou teigneux. Cette période de laïcisation fut marquée par l’arrivée de soignantes laïques aux côtés des religieuses et d’officiers royaux dans la haute administration hospitalière.

XVIIe siècle 

L’Hôpital = enfermement

C’est à cette période que l’image du pauvre change. En tant que marginal, le pauvre est considéré comme dangereux.  Pour contrôler et supprimer la mendicité grandissante, le pouvoir du  XVIIe siècle brandit des arguments moraux afin de créer des établissements destinés à enfermer les pauvres. Louis XIV scelle alors, le 27 avril 1656, un édit imposant la création d’une institution vouée à l’assistance des pauvres. L’hôpital devient alors un lieu de réclusion, permettant par la même occasion d’assainir le monde urbain. Il prend alors le nom de « Hôpital Général » ou « Hôpital d’enfermement » et regroupe alors les établissements existants : La Pitié, créé par Marie de Médicis en 1612 pour les enfants, 13 ans pour les filles et 15 ans pour les garçons, La Salpêtrière créé en 1656 pour les vieillards et  Bicêtre créé en 1657 pour les épileptiques, les aveugles et les infirmes, les vénériens, les aliénés, les mendiants valides, les femmes de mauvaise vie et les individus sous lettre de cachet. Y seront ajoutés plus de dix maisons hospitalières parisiennes déjà en activité : la maison Scipion et la savonnerie de Chaillot, le Saint-Esprit, le Refuge de Sainte ­Pélagie, les Enfants Rouges, le Mont de Piété, les Enfants Trouvés du faubourg Saint-Antoine, ceux de la rue Notre-Dame et ceux de l’hospice de Vaugirard. Le Règlement de l’Hôpital Général stipulait qu’aucun malade ne pouvait y être reçu,  ceux-ci étant conduits à l’Hôtel-Dieu. En 1662, un nouvel édit royal va imposer « dans toutes les villes et gros bourgs du royaume, la construction d’hôpitaux généraux » devant disposer chacun d’une police privée afin de faire de manière répressive la « chasse aux pauvres ».

En 1670, Louis XIV ordonnera la création de l’Hôtel des Invalides destiné à recevoir des soldats blessés, estropiés de la guerre ou vieillis dans le service trop souvent voués au vagabondage dans le but de les soigner, de les nourrir et de les loger.

XVIIIe siècle 

La réforme avortée

Peu de temps avant la révolution française, le roi Louis XVI chargea en 1785 un chirurgien de la Salpêtrière, Jacques Tenon,  de faire un rapport sur les hôpitaux notamment sur l’Hôtel Dieu. Le constat qui en ressort est déplorable : 4.000 malades se partagent 1.200 lits dans des salles équipées de latrines défectueuses et la mortalité est évaluée au quart des malades entrés. Le projet est alors de remplacer l’Hôtel Dieu par quatre nouveaux hôpitaux salubres avec salles d’opérations isolées, locaux de désinfection… Pour la première fois l’hôpital est défini alors comme devant être réservé au traitement des seuls malades, dans d’impératives conditions d’hygiène et dans la séparation des lits suivant les pathologies. Mais la Révolution se profile à l’horizon et prive Tenon de ses ambitions réformatrices…

La révolution française 

L’assistance remplace la charité

En 1789, le royaume de France dispose de 32 Hôpitaux généraux mais les révolutionnaires considèrent le système hospitalier comme la pire institution de l’Ancien Régime et décident de remplacer la charité par un système d’assistance généralisée. Les hôpitaux sont confisqués aux congrégations religieuses en 1790 et un décret du 23 messidor de l’an II (1794) nationalise les hôpitaux. Juridiquement indépendants des communes, ils disposent désormais de la personnalité morale, donc d’un patrimoine et d’un budget propre. Les malades sans ressources peuvent être hospitalisés dans n’importe quel établissement : ce sont les communes d’origine ou les conseils généraux qui paient un prix de journée.

Pinel délivrant les aliénés à la Salpêtrière en 1795

Pinel délivrant les aliénés à la Salpêtrière – 1795

Mais la situation devient très vite plus catastrophique qu’auparavant et c’est sous le Directoire que l’hôpital est rattaché aux communes (loi du 16 octobre 1796) qui doivent en assumer la gestion et le financement.

XIXe siècle 

Hôpital centre de soins

Sous le premier empire, c’est un système d’admission d’urgence qui est mis en place en dehors des heures de consultation journalière, grâce à l’internat et l’externat, créés en 1802.

En France, la loi du 30 juin 1838 confie la gestion aux corporations religieuses des asiles d’aliénés. Les différentes confessions créent leurs propres maisons de santé à côté des hospices communaux, maisons de force et hôpitaux militaires dont les Invalides sont l’ancêtre.

Ce système va perdurer tout au long de la révolution industrielle de la fin XIXème d’autant que la classe ouvrière est de plus en plus exposée à de terribles accidents de travail. Parallèlement, vont apparaître les premiers  postes de secours sur les lieux les plus dangereux tels que les berges de la Seine (pour les noyés), les abattoirs, les aciéries ou les gares. Ceux-ci se  multiplieront avec l’adoption des premières lois sur la sécurité au travail et les assurances.

Mais c’est dans la seconde moitié du XIXe siècle  que la législation va s’attacher à transformer l’hôpital en renforçant sa mission médicale. La loi du 7 août 1851 dite « d’assistance publique » pose les prémices du service public hospitalier actuel en énonçant « lorsqu’un individu privé de ressources tombe malade dans une commune, aucune condition de domicile ne peut être exigée pour son admission à l’hôpital existant dans la commune ». Des spécialités commencent alors à émerger : cardiologie, rhumatologie, orthopédie, etc. L’urgence sur place se développe (notamment pendant les guerres) ainsi que les médecins de garde.

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La loi du 14 juillet 1905 sur les vieillards, les infirmes et les incurables va donner à tout français privé de ressources ou incapable de subvenir par son travail aux nécessités d’existence, âgé de plus de 70 ans ou ayant une maladie incurable, d’être accueilli gratuitement dans les hôpitaux ou les hospices.

Les prémices du service public

Durant la seconde guerre mondiale, c’est la loi du 21 décembre 1941 (nouvelle fenêtre) relative aux hôpitaux et hospices publics (et son décret d’application 43-891 du 17 avril 1943) qui ouvre l’hôpital à toute la population mais qui institue un prix à la journée d’hospitalisation. Cette loi tient compte de la naissance des Assurances sociales créées par la loi du 5 avril 1928 modifiée par la loi du 30 avril 1930, pour ouvrir les hôpitaux à toutes les classes sociales. Trois types d’hôpitaux publics apparaissent : CH régional, CH et hôpital local. Organisation et fonctionnement sont complétement sous le contrôle de l’État : le directeur nommé par le représentant de l’État, préfet ou ministre, et non plus par le président de la commission administrative et le personnel médical est doté d’un statut et est recruté et rémunéré par les établissements. C’est toute l’organisation médicale actuelle qui se profile avec cette nouvelle organisation des services, des chefs de service et la constitution d’une commission médicale consultative dans chaque établissement. Mais la prise en charge aussi bien médicale que sociale des personnes âgées n’existera vraiment qu’après la Seconde Guerre mondiale, avec la création d’unité de jour, d’unité de gériatrie aiguë, de moyen séjour et de long séjour.

Ve république 

Développement de l’hôpital public

Les réformes hospitalières vont ensuite s’accélérer sous la Ve République qui va s’efforcer d’adapter le service public hospitalier aux réalités du progrès des techniques médicales ainsi qu’aux impératifs de régulation des dépenses de santé.

L’ordonnance, inspirée par le professeur Robert Debré et menée par le premier ministre Michel Debré du 11 décembre 1958 portant sur la réforme hospitalière met en place trois moyens de modernisation de l’hôpital public :

  • le rapprochement et la coordination des activités de l’hôpital et des facultés de médecine (enseignement et recherche)
  • la mise en place du plein-temps hospitalier
  • le recrutement des médecins hospitaliers sur concours national et anonyme.

S’en suivront une série d’ordonnances :

  • Ordonnance n° 58-1370 du 30 décembre 1958 portant sur la réforme hospitalo-universitaire
  • Ordonnance n° 58-1198 du 11 décembre 1958 portant sur la réforme hospitalière accompagnée de l’ordonnance n° 58- 1201 du même jour qui instaure des organes nationaux ayant pour mission de concevoir et contrôler la mise en œuvre d’une politique hospitalière nationale.
  • Ordonnance n° 59-1199 du 13 décembre 1958 relative à la coordination des équipements sanitaires met en œuvre les coordinations des établissements de soins comportant hospitalisation et impose en conséquence une obligation de déclaration préfectorale pour tout établissement de santé privé qui se crée.

À La Médiathèque :

Hôpitaux en détresse

SOS santé pour tous

Film documentaire

Pour conclure :

Pour l’avenir, on peut aussi imaginer un hôpital technologique et non seulement ambulatoire, mais aussi décentré, en réseau social, intervenant au domicile du patient… un retour aux sources en quelque sorte…

panneau circulation

Un métier, une histoire : le gemmage

16 Jan

Aux  origines, la forêt des Landes de Gascogne…

L’histoire du gemmage, qui consiste à récupérer la résine des pins, est directement  liée à celle de la forêt de pins des Landes. Même si on retrouve les traces de cette pratique dès l’antiquité, c’est au XIX ème siècle que le gemmage devient le pôle d’une activité intense pour la région, la résine faisant l’objet d’un commerce international.

Au cours du XIXème siècle, sous le règne de Napoléon III, les autorités décident d’agrandir la forêt existante de Gascogne afin de fixer les dunes qui, en se déplaçant, mettaient en péril les villages établis près du littoral. La Lande et les marécages sont alors submergés par les pins maritimes et le berger landais, du haut de ses échasses, cède peu à peu  la place à celui qui incarne la nouvelle économie forestière : le résinier ou gemmeur.

Le procédé de gemmage va alors se généraliser à travers toute la forêt et devenir l’activité industrielle phare de la région jusque dans les années 1970. Le pin est alors appelé « l’arbre d’or » en raison du coût élevé de la résine et  la forêt landaise devient le second plus gros producteur de gemme du monde, après les États-Unis.

vieille cartes postales anciennes de paris france N°5 - Copie

Retour vers le passé : la récolte de la résine

Le gemmage  est l’opération qui consiste à « blesser » un pin pour qu’il sécrète de la résine. Le travail du résinier se déroulait selon un calendrier bien précis.

  • Fin janvier : le gemmeur (ou résinier)  prépare les pins en enlevant l’écorce verticalement à l’aide d’une rainette. Pour réagir à cette agression, l’arbre sécrète la gemme (ou résine) destinée à la cicatrisation. Des pots en terre cuite sont fixés servant à recueillir la résine qui coule long de la carre (blessure).
  • De la mi-mars à la fin octobre : c’est le moment de la pique. Tous les 4 à 8 jours, le gemmeur effectue des « piques » à l’aide d’un «hapchòt» (nouvelle fenêtre). Il rafraîchit ainsi la care (la blessure)  ce qui  permet à la résine de s’écouler à nouveau dans les pots fixés au troncs. À ce stade, la température et l’ensoleillement sont décisifs, plus il fait chaud, plus la résine coule.

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  • Vient alors le temps de la récolte, nommée  l’ « amasse »,  est généralement effectuée avec une  « palinette »  par les femmes ou les mères des résiniers qui en profitent pour récupérer les « galips », morceaux  d’écorce ôtés  par le résinier lors de la pique  qui serviront à se chauffer pour l’hiver.  Une fois récoltée, la résine  est  versée dans des barriques en bois ou en zinc de 16 litres, les « escouartes »,  pour être enfin acheminées vers les distilleries de résine pour obtenir deux composés utiles à l’industrie : la colophane (70%) et l’essence de térébenthine (20%) utilisés notamment dans les vernis, encres d’imprimeries, dans les adhésifs, dans certains parfums et dans des produits d’entretien mais également par l’industrie pharmaceutique.
  • Début novembre, après la toute dernière récolte, le gemmeur effectue le « barrasquage » :  nettoyage qui consiste à racler soigneusement toute la résine résiduelle qui s’est accumulée et durcie le long des carres durant la saison. La fin de la campagne ne marque cependant pas la fin du travail du résinier. Celui-ci doit en effet entretenir les parcelles, notamment en abattant des arbres trop vieux, en semant de nouveaux et en éclaircissant les semis des années précédentes…

La fin des gemmeurs landais

Jusqu’à la moitié du XXème siècle, l’exploitation de la résine a fourni du travail à un grand nombre d’artisans, du potier au forgeron pour les outils, en passant par les employés de l’usine de distillation, et les gemmeurs bien entendu, sans oublier non plus chimistes et tonneliers.

fabrication pot resine

Avec l’arrivée des résines de synthèse dans les années 60, la filière et le métier de gemmeur disparaissent. Les groupes chimiques font évoluer le gemmage en pratiquant des blessures avec de l’acide sulfurique pour… augmenter la récolte évidemment ! Résultat, la France, attachée à l’avenir de ses forêts et aux conditions de travail, perd inexorablement les marchés. Les années 70-80 marquent la fin du gemmage dans le Sud-Ouest.  La forêt landaise n’a plus eu de finalité autre que d’alimenter les besoins des usines de pâte à papier et l’exploitation du bois d’œuvre.

Le retour du gemmage

On comptait encore 16 500 gemmeurs en 1950, plus aucun en 1990…

Mais la filière connait depuis 2012 un regain avec plusieurs projets de relance : au delà des débouchés déjà connus et exploités par le passé (peintures, vernis, colles, huiles…) l’industrie chimique et pharmaceutique s’intéresse en effet de près aux produits de seconde et troisième transformation qui permettent d’obtenir des molécules de qualité, dont certaines sont spécifiques au pin maritime du massif landais. L’association « Gemme la forêt d’Aquitaine » (nouvelle fenêtre) , crée en 2014 a pour but de fédérer les acteurs de la filière pour promouvoir la relance du gemmage en Aquitaine : faire revivre la technique d’extraction de résine de pin par gemmage, avec technique nouvelle « en vase clos » qui permet une collecte rationnelle et facilitée d’une résine d’une grande pureté (nouvelle fenêtre). Un dispositif imaginé par un ancien résinier passionné et aujourd’hui à la retraite : Claude COURAU, qui se bat en ce début de XXIe siècle pour démontrer que la résine est un produit on ne peut plus « renouvelable ». Voir la vidéo (nouvelle fenêtre)

Foret des Landes

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