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Le travail durant la première guerre mondiale

8 Oct

En 1914, le Ministère du Travail aborde la guerre en situation de très grande fragilité. Aucun dispositif économique n’a été prévu pour faire face à un conflit que chacun anticipait de courte durée.

Le gouvernement doit, dès l’été 1914, faire face à la pénurie de main-d’œuvre provoquée par la mobilisation générale et massive de millions d’hommes et à la fermeture de nombreuses entreprises due à l’effondrement de la production. Pour répondre en urgence aux besoins en armement, le gouvernement mobilise dès l’automne 14 tous les industriels (sidérurgie, métallurgie, mécanique, automobile…) et charge les grands patrons français de réorganiser l’économie désormais placée au service de la guerre. La production doit augmenter sans aucune limite de rendement, une production à outrance qui va réduire sérieusement les premiers acquis du droit du travail construits sous la Troisième République.

Une situation qui se résume par la fameuse phrase d’Alexandre Millerand :

« Il n’y a plus de droits ouvriers, plus de lois sociales,

il n’y a plus que la guerre»

Le droit du travail s’en va en guerre !

Transformation de l’organisation du travail

Disparition du droit ouvrier et des lois sociales

Dès le début de la guerre, des circulaires télégraphiques invitent les inspecteurs du Travail à « faire preuve de la plus large tolérance » dans le seul but d’accroître la production. Les patrons sont autorisés à dépasser la durée du travail alors de 10 heures, et à réduire les jours de repos à seulement 2 jours par mois. L’emploi de la main d’œuvre féminine et enfantine est autorisé dans les usines et de nouvelles dérogations sont admises pour les affecter à des travaux dangereux tels que la fabrication des cartouches et des bombes, et à travailler la nuit.

Chacun est sommé de se fondre dans un «esprit de travail », et de laisser de côté ses revendications. Ce que les mouvements ouvriers avaient obtenu avant 1914 se trouve irrémédiablement balayé et c’est toute la politique de protection des travailleurs, amorcée à la fin du XIXème avec les premières lois sociales, qui bascule en quelques jours.

L’hyper-productivité, un devoir patriotique

Les niveaux de rendement exigés dans les usines d’armement vont favoriser l’arrivée de nouvelles formes de travail venues des États-Unis : le Taylorisme (méthode de travail qui consiste en une organisation rationnelle du travail qui est divisé en tâches élémentaires, simples et répétitives) et le Fordisme (méthode de travail inspirée du Taylorisme qui favorise le travail dit « à la chaine » et la production de masse)  vont ainsi permettre aux usines de produire un nombre inconsidérable d’armes, d’obus, de fusées et de munitions.

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« Devenue un devoir patriotique, l’hyper-productivité donnait un argument de poids à la réorganisation taylorienne du travail […] Le salaire à la tâche, qui indexait directement la paye des ouvriers sur la vitesse et la précision de leur production, fut l’aspect le plus souvent retenu du système de Taylor », décrit l’historienne Laura Lee Downs.

Cette réorganisation de l’appareil productif est une opportunité pour les grands groupes industriels qui y voient l’occasion d’accentuer leur activité et surtout de multiplier leur profit par quatre! Entre 1915 et 1917, les usines Renault doubleront leur production de camions et assembleront plus de 2000 chars FT-17, tout en fabriquant 8,5 millions d’obus. Citroën aura livré à la fin du conflit plus de 24 millions d’obus. Opportunité similaire pour l’usine sidérurgique des frères Peugeot à Sochaux, qui assemble obus et moteurs d’avions.

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Pendant que les industriels arrivaient à préserver, voire à augmenter, leurs marges, « les travailleurs étaient quant à eux sommés d’oublier l’ennemi de classe pendant le conflit » rappelle l’historien François Bouloc.

Aux femmes, les métiers d’hommes

A l’usine….

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De domestiques, tisseuses, couturières, les femmes vont occuper désormais la place des hommes dans les usines vouées à l’effort de guerre. Les « munitionnettes« , ces ouvrières embauchées par centaines de milliers dans les usines de guerre en furent l’exemple emblématique et marquant. On les retrouve dans les usines de munitions et les usines chimiques, au côté des jeunes garçons de moins de 18 ans, des mutilés, des inaptes au combat, des Kabyles, des Sénégalais, des Chinois et Indochinois et des prisonniers de guerre allemands. Les conditions de travail y sont déplorables. Outre les cadences infernales, les travailleurs (principalement les femmes) subissent des produits toxiques, tel que le TNT qui provoque des maladies touchant les poumons et rendant la peau et les cheveux jaunes …

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En 1917, ces conditions de travail entraineront des mouvements de contestation et de grève menés par les «Midinettes» (les ouvrières des ateliers de confection) suivies des «munitionnettes». Elles finiront par obtenir une augmentation de salaire de 1F / jour, une journée de repos par semaine, le retour aux 10 heures de travail par jour et l’interdiction du travail de nuit pour les moins de 18 ans.

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Les hommes mobilisés ayant laissé les moissons en cours pour partir au front, dans les campagnes, le travail pour les femmes (nouvelle fenêtre) n’est pas en reste… . Bovins et chevaux ayant été réquisitionnés par l’armée, les femmes (environ 850 000 femmes d’exploitants et épouses d’ouvriers agricoles) se retrouvent à tirer la charrue, à labourer, semer, faucher, sulfater les vignes avec des outils inadaptés à leur taille.

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Recours à la main-d’œuvre coloniale

Mais le recours à la main-d’œuvre féminine et enfantine ne fut pas suffisant pour pallier à l’effort de guerre. Malgré la directive du début du conflit de faire revenir du front les soldats-ouvriers spécialisés, les patrons vont s’opposer à l’armée qui va refuser de dégarnir le front. Le gouvernement fait alors appel à une main d’œuvre venue des « colonies » (Indochine, Algérie…), à des volontaires étrangers (Espagnols, Belges, Italiens), une main d’œuvre sans qualification que la taylorisation des tâches de fabrication va très vite rendre apte au service dans les usines d’armement.

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Une Commission Interministérielle de la Main-d’Œuvre (CIMO) est donc mise sur pied dès septembre 1915 pour définir les principes généraux de la gestion de cette main-d’œuvre, les conditions d’embauche ou encore la forme des contrats de travail. Trois organes sont alors créés entre 1915 et 1917, sous la tutelle des trois ministères de l’Agriculture, de la Guerre et du Travail, ce dernier s’imposant progressivement dans la direction de la politique d’immigration.

L’arrivée de ces milliers de travailleurs coloniaux et d’étrangers se traduit par des formes de transfert des « catégories de population » sur le territoire métropolitain. Les autorités françaises mettent en place des structures administratives nouvelles qui institutionnalisent l’existence de deux types de main-d’œuvre pensés désormais comme radicalement distincts : d’un côté la main-d’œuvre européenne ou «blanche», la whiteness, qui va très vite devenir une catégorie destinée aux tâches administratives, de l’autre les coloniaux, les « indigènes » et les Chinois désignés principalement au travail dans les usines d’armement, les ports, les mines et payés huit fois moins qu’un ouvrier qualifié. Avant même la fin de la guerre, les premiers sont définis comme « désirables », tandis que les seconds sont considérés officiellement comme « inassimilables » et par conséquent « indésirables »! Le conflit alimente de ce fait le terreau de la xénophobie et du racisme qui s’amplifiera dans l’entre-deux-guerres…

 

Le travail forcé

Dans le Nord devenu zone occupée, les Allemands vont procéder dès 1916 aux réquisitions de main-d’œuvre française.

Coupée totalement du reste de la France, la population sur place ne sait rien de la situation militaire. Femmes et jeunes filles sont raflées par les autorités allemandes pour les travaux des champs dont la récolte est réquisitionnée pour la nourriture des troupes d’occupation. D’autres encore seront déportées en Allemagne avec les jeunes garçons pour travailler en usine alors qu’une ordonnance du Oberste Heeresleitung «Commandement suprême de l’armée de Terre allemand» alors installé à Charleville-Mézières, impose le recensement de tous les hommes mobilisables de 16 à 45 ans (considérés comme prisonniers de guerre) pour les contraindre au travail obligatoire. Les prisonniers, quant à eux, sont appelés par roulement pour des travaux agricoles ou en usine, pour des travaux de fortification, de terrassement, de réparation des voies ferrées. Quant à ceux qui refusent de travailler pour l’occupant, c’est par la force qu’ils seront intégrés dans des bataillons de travailleurs civils surnommés « les Brassards Rouges » (nouvelle fenêtre), en raison du brassard qu’on les oblige de porter, pour être utiliser au plus près du front afin de réparer les routes bombardées ou enterrer des corps. Leurs conditions de vie préfigurent celles des camps de travail de la 2ème guerre mondiale.

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En 1918, les pays sont en ruine. Aux morts se sont ajoutés un nombre immense de blessés et de mutilés. Outre les pertes humaines, les destructions matérielles, la baisse de la natalité, les restrictions subies par la population, c’est toute l’économie qui s’effondre après quatre années entièrement destinées à des productions militaires. Le monde du travail n’a plus rien à voir avec celui d’avant-guerre. Le conflit a permis d’introduire de nouvelles méthodes rationalisant le travail, notamment par le chronométrage, l’augmentation des cadences et la production à tout-va, méthodes vendues aux ouvriers comme un « devoir patriotique ». Les grands gagnants de cette guerre meurtrière furent les industriels de par leurs énormes profits et le pouvoir qu’ils ont pu  exercer sur le monde ouvrier. Ils conserveront, la paix revenue, ces méthodes du travail à la chaine et l’emploi d’une main-d’œuvre d’immigration. C’est avec le conflit de 14/18 que sont nées les grandes épopées industrielles du XXème siècle.

 

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Loi du 1er Août 2018 : « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel »

13 Sep

Un an après les ordonnances réformant le code du travail, un second texte cette fois-ci davantage destiné aux actifs (salariés, demandeurs d’emploi, jeuneAvenir-professionnel-1s et aussi indépendants) a été voté à l’assemblée le mercredi 1er Août 2018.

Objectif du texte porté par la ministre du travail,  Muriel Pénicaud : « sécuriser les personnes et leurs parcours ». En clair, leur donner des moyens de faire face aux aléas d’une vie professionnelle de moins en moins linéaire.

Les trois mesures phares de la Loi concernent les droits au chômage, à la formation et à  l’apprentissage

Assurance-chômage

Nouvelles dispositions pour les démissionnaires, les indépendants et les demandeurs d’emploi

  • Un droit au chômage pour les démissionnaires

Les salariés démissionnaires pourront bénéficier, tous les cinq ans, de l’indemnisation chômage, mais à certaines conditions. Ils devront notamment être en capacité de prouver qu’ils ont un “projet d’évolution professionnelle présentant un caractère réel et sérieux”, c’est-à-dire avec la volonté d’une reconversion qui nécessite de suivre une formation, ou de créer ou reprendre une jlp-demissionnaire-avec-projet-eab8dentreprise. Le salarié démissionnaire devra aussi faire valider son plan de carrière en amont par Pôle emploi, et son projet sera ensuite évalué en aval. La durée d’indemnisation reste de son côté inchangée, la même que pour n’importe quel chômeur.

  • Une indemnité forfaitaire pour les indépendants

Les indépendants, quant à eux, ne bénéficieront pas d’ouverture de l’assurance-chômage aux indépendants mais auront droit en revanche à une “indemnité forfaitaire”. Seuls les entrepreneurs qui auront fait l’objet d’une liquidation ou d’un redressement judiciaire sont concernés. Le montant et la durée de l’indemnité forfaitaire sont fixés à 800 euros pour une durée de six mois.

  • Des sanctions plus lourdes

Une absence lors d’un rendez-vous à Pôle emploi ne devrait plus être sanctionnée par deux mois de radiation, mais par quinze jours.ob_0abbc8_27-02-2017-09-37-45 En revanche, les chômeurs qui seront en “insuffisance” de recherche d’emploi verront leurs sanctions augmenter : un mois pour un premier manquement, deux mois pour un deuxième manquement, et quatre mois pour un troisième manquement. Un manquement équivaut à deux refus d’une offre raisonnable d’emploi, au refus d’actualisation de son profil, à l’absence à une visite médicale ou encore au refus d’un contrat aidé, d’apprentissage ou de professionnalisation.

Le texte instaure l’expérimentation d’un journal de bord pour une durée de dix-huit mois à compter du 1er juin 2019 dans des régions qui seront désignées par arrêté. Les demandeurs d’emploi devront y compléter mensuellement un journal de bord en indiquant leurs démarches de recherche d’emploi à l’occasion du renouvellement de leur inscription.

La formation

Le Compte Personnel de Formation (nouvelle fenêtre)

  • Un compte désormais crédité en euros

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À compter du 1er janvier 2019, le compte personnel de formation (CPF) ne sera plus crédité en heures de formation mais en euros.  Aujourd’hui crédité de 24 heures (dans la limite de 150 heures), il basculera au 1er janvier 2019 à 500 euros par an avec un plafond de 5 000 euros. Les moins qualifiés bénéficieront d’un crédit de 800 heures plafonnés à 8 000 euros. Les heures déjà acquises seront converties en euros, au taux horaire de 14,28 euros.

  • Inscription en ligne :

Les salariés pourront choisir leur formation et s’inscrire en deux ou trois clics seulement, via une appli. Une sorte de « Tripadvisor de la formation », selon les termes de la ministre.

Création d’une nouvelle instance « France Compétences »

Cette nouvelle instance nationale de régulation intitulée France compétences (nouvelle fenêtre) assurera la répartition des financements entre les différents acteurs de la formation professionnelle et de l’apprentissage : branches professionnelles, opérateurs de compétences, Régions, opérateurs du Conseil en évolution professionnelle (CEP)…

L’apprentissage

 Nombreux changements pour les apprentis

  • Limite d’âge portée de 25 ans à « 29 ans révolus ».
  • Création d’une nouvelle classe de troisième « prépa-métiers » pour préparer l’orientation des collégiens, notamment vers l’apprentissage.
  • Temps de travail maximum porté de 35 à 40 heures par semaine, et de 8 à 10 heures par jour, pour certaines activités pour les apprentis mineurs.
  • Suppression du passage obligatoire aux prud’hommes pour licencier un apprenti pour faute grave ou inaptitude.
  • Aide de 500 euros accordée sans conditions de ressources à tous les apprentis d’au moins 18 ans désirant passer le permis de conduire.
  • Les contrats d’apprentissage pourront être conclus n’importe quand dans l’année, et non plus seulement les quatre premiers mois de l’année scolaire.
  • Dispositif Erasmus (nouvelle fenêtre) ouvert aux apprentis souhaitant se former à l’étranger.
  • Augmentation de 30 euros net par mois pour les apprentis de 16 à 20 ans. Une certification sera créée pour les maîtres d’apprentissage.
  • Création d’une aide unique, remplaçant trois aides et un crédit d’impôt, destinée aux entreprises de moins de 250 salariés employant des apprentis. Montant fixé par décret (6.000 euros la première année, 3.000 la seconde).
  • Financement des Centres de formation d’apprentis : les CFA seront financés au contrat, c’est-à-dire selon le nombre d’apprentis qu’ils accueillent. Obligation pour CFA et lycées professionnels de rendre publics chaque année leurs taux d’obtention des diplômes et d’insertion.

 

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Quelques bonnes raisons de travailler pendant les mois d’été

2 Juil

Le soleil brille, il fait chaud, vous avez été contraint de prendre vos vacances après les mois d’été ! Vous allez donc passer  la période estivale au travail alors que la plupart de vos collègues sont en train de se prélasser sur les plages !

Gaston Lagaffe d’André Franquin

Et même si leurs photos de baignades, de glaces et de terrasses postées sur Facebook et Instagram  vous le rappellent que trop souvent, n’ayez aucune amertume et considérez-vous comme un privilégié !

Il suffit de voir le bon côté des choses !

 

 

Comment affronter les mois de période estivale au travail ?

  • En appréciant de mettre 20 minutes de moins pour venir le matin
  • En venant travailler en tongs et pantacourt
  • En savourant le plaisir de circuler dans des couloirs presque vides
  • En appréciant de ne pas faire la queue devant la machine à café

Gaston Lagaffe d’André Franquin

  • En prenant vos aises dans le open-space
  • En prenant une pause-déjeuner un peu plus longue (pourquoi pas en

    Gaston Lagaffe d’André Franquin

    terrasse ou dans un parc !)

  • En profitant de l’ambiance pour resserrer les liens (vous constaterez sans doute que votre patron est plus cool !)
  • En profitant de cette période plus relax pour faire tout ce que vous n’avez pas le temps de gérer le reste de l’année : faire le tri dans vos dossiers, ranger votre bureau…

Gaston Lagaffe d’André Franquin

  • En réalisant que vous faites votre travail de manière beaucoup plus détendue
  • En savourant tout simplement cet air de dilettante qui plane dans le service

Gaston Lagaffe d’André Franquin

  • En finissant la journée avec les collègues le soir à la terrasse d’un café
  • En préparant vos vacances avec l’assurance de payer moins cher et en savourant le fait que vous allez partir au moment où tout le monde sera de mauvaise humeur !!!   

Bref ! On trouve finalement une foule d’avantages à travailler les mois d’été et dites-vous bien que INDIRECTEMENT …

                            … c’est déjà les vacances !

 

Gaston Lagaffe d’ André Franquin

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