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Slasheurs, des travailleurs aux multiples métiers

27 Nov

La société numérique transforme radicalement notre rapport au travail. De nouvelles manières de travailler apparaissent, de nouvelles trajectoires professionnelles surgissent. Depuis quelques années, une catégorie inhabituelle de travailleurs émergent ; on les appelle les slasheurs.

Slasheur (nouvelle fenêtre) (référence au mot anglais slash signifiant et/ou, qui indique une séparation entre plusieurs éléments simultanés) désigne des personnes qui par obligation économique ou par conviction et par choix cumulent plusieurs métiers en même temps. Ils seraient 4,5 millions en 2016, soit 16% des actifs et 60% le seraient par choix. 34 % de ces travailleurs multitâches consacrent au moins 10h par semaine à leur deuxième activité, qui n’a souvent rien à voir avec la première. 22% des moins de 30 ans cumulent au moins deux emplois.

Le schéma traditionnel exercer un métier toute une vie n’est plus adapté aux mutations rapides du marché du travail, ni aux désirs des nouvelles générations ultra connectées, qui souhaitent conjuguer travail et plaisir et se construire une vie professionnelle sur mesure. Mais le phénomène touche à peu près toutes les générations : trentenaires, quadras, quinquas, séniors.

  • Devenir slasheur par choix :

Les slasheurs allient souvent un métier de raison et un autre de passion. Ces travailleurs sont prêts à travailler plus pour faire un boulot qu’ils aiment. Ils rêvent d’un emploi qui soit le reflet de leur personnalité et leur permettent de s’épanouir, conscient qu’il ne connaitront jamais le plein-emploi, ni la retraite. Ne pas choisir entre plusieurs métiers, être libre de faire le travail que l’on aime sans se limiter à un cadre, et surtout ne pas s’ennuyer ! Besoin de liberté et d’autonomie sont les maîtres mots de ces slasheurs qui ont choisi de l’être. « Tous revendiquent et adoptent un nouveau mode de vie dans lequel travail rime avec épanouissement personnel, curiosité, envies, auto-apprentissage et sens ». Marielle Barbe auteur de Profession slasheur .

  • Devenir slasheur par nécessité :

Beaucoup de ces travailleurs multitâches le deviennent par nécessité. Leur salaire ne leur offre pas un niveau de vie suffisant et ont besoin d’autres sources de revenus, conséquence de la précarité de l’emploi liée à la généralisation de contrats de courte durée et aux salaires faibles. Ils doivent s’adapter aux changements du monde du travail.

Les outils numériques et les réseaux sociaux facilitent l’émergence de ces travailleurs à multiples métiers (nouvelle fenêtre). Les plateformes de l’économie collaborative permettent de travailler partout tout le temps, la frontière entre la vie professionnelle et la vie personnelle s’estompe. Des sites de mise en relation entre demandeurs et recruteurs ont émergé de partout. La simplification du statut de l’auto entrepreneur (nouvelle fenêtre) contribue aussi à ce phénomène. Permettant de monter son activité plus facilement et à moindres risques, ce régime favorise l’exercice d’une activité indépendante en complément d’un emploi salarié. Cumuler plusieurs emplois a pour but de compléter les revenus procurés par l’activité principale.

  • Les avantages : avoir des compétences variées, s’adapter facilement aux changements, ne pas dépendre d’une seule entreprise, donc avoir une plus grande indépendance, une plus grande liberté, s’assurer une stabilité dans un univers de moins en moins stable…
  • Les inconvénients : slasher implique de jongler entre plusieurs emplois du temps, une prise de risque, un manque d’argent ou de stabilité financière, un manque d’accès aux avantages du salariat, une gestion difficile de son temps de travail, une précarité…

Des exemples de slasheurs, slasheuses connus  ou moins connus :

Alors demain, tous slasheurs ? Ces travailleurs aux multiples métiers seront-ils les mieux préparés pour répondre et s’adapter aux changements de la société ?  L’OCDE estime que les jeunes de moins de 30 ans n’exerceront pas moins de 30 métiers, dont la plupart n’existent pas encore. Quoi qu’il en soit, ce phénomène annonce un nouveau rapport au travail.

Des ouvrages pour en savoir plus :

Profession Slasheur Marielle BarbeEloge de la mobilité Moi, petite entreprise

Travail, la soif de liberté

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Que penser du télétravail ?

30 Oct

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De plus en plus répandu, le télétravail gagne du terrain car il séduit les employés et les employeurs. Selon une enquête IPSOS datant de novembre 2016, il concernerait 14% des salariés… Alors quels sont les avantages ou les inconvénients de cette nouvelle forme de travail ?

Les salariés sont eux, très favorables au télétravail. Toujours selon l’enquête IPSOS, plus de 50% des personnes interrogées invoquent une productivité améliorée, plus de sérénité pour accorder certaines obligations familiales et le travail, mais aussi la suppression des transports certains jours, ce qui, dans les régions à forte densité de population autour des grandes villes peut-être très confortable.

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Cependant, il ne faut pas écarter les interrogations comme:

  • la possibilité de s’imposer une pression en se laissant envahir par les tâches professionnelles qui pourraient empiéter sur la vie privée.
  • La nécessité de faire évoluer les outils informatiques pour rendre ce télétravail parfaitement efficace.
  • Adapter les pratiques managériales pour la cohésion des équipes avec ce paramètre de travail à distance.
  • le risque d’isolement par rapport aux collègues.

Certains employeurs peuvent être un peu frileux quant aux dérives que pourraient engendrer cette autonomie. Par exemple, certains d’entre eux craignent que le temps de travail ne soit pas respecté. Pourtant l’Etude réalisé par Greenworking(nouvelle fenêtre) en 2012 pour le Ministre chargé de l’Industrie, de l’Énergie et de l’Économie numérique, signalait déjà que les salariés étaient entre 5 et 30% plus efficaces. A la même époque Total, remarquait que parmi les 120 salariés qui testaient le télétravail 1 à 2 jours par semaine depuis plusieurs mois que 97% d’entre eux étaient satisfaits. Ils ressentaient moins de fatigue due aux transports et une harmonie plus prononcée entre travail et vie privée.

L’élaboration d’une organisation autour de cette évolution majeure dans le monde du travail est nécessaire. Il faut trouver un équilibre, et adapter le télétravail aux besoins des entreprises.

C’est pour cette raison que le télétravail a besoin d’un cadre. Les  ordonnances Macron du 22 septembre 2017 ont prévu pour cela des articles dans le code du travail numérique(nouvelle fenêtre), applicable au 1er janvier 2020, pour réguler et sécuriser cette mobilité professionnelle.

A l’heure actuelle, des pratiques existent déjà concernant le télétravail, que le nouveau code du travail entérinera :

  • Son accès s’octroie par le biais d’ un accord contractuel (qui peut-être sous forme d’avenant) entre l’employeur et l’employé. Le code du travail viendra officialiser cette pratique en proposant une signature d’un accord collectif ou d’une charte validée au préalable.
  • les articles prévoient également qu’une charte établie doit faire stipuler les conditions du statut de télétravail pour les employés, les dispositifs pratiques (comme le matériel, les connexions et les frais d’électricité) les règles de contrôle et les plages horaires.
  • Les ordonnances doivent pouvoir assurer la sécurité des salariés, et prendre en charge les éventuels accidents du travail.

Aujourd’hui la Fonction Publique est aussi concernée. La Mairie de Paris (nouvelle fenêtre) a d’ailleurs déjà tenté l’expérience.

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Pour la suite des conditions et du cadre légal du télétravail, rendez-vous en 2020.

Si vous souhaitez en savoir plus, vous trouverez ces ouvrages à la Médiathèque de Levallois :

 

C’est quoi l’entrepreneuriat social ?

21 Sep

Face aux changements actuels du monde du travail et de la société, de nouveaux modèles d’entreprises voient le jour. Plaçant l’efficacité économique et l’innovation au service des communautés et de l’intérêt général, l’entrepreneuriat social est un de ces nouveaux modèles.

Les entreprises sociales ont pour mission d’apporter des solutions collectives et innovantes aux problèmes sociaux. Elles ont la volonté de construire ensemble le monde de demain, un monde plus solidaire soucieux de respecter l’environnement. L’entrepreneur social (nouvelle fenêtre) constate souvent qu’il y a une urgence à agir et à promouvoir l’économie circulaire, des comportements plus responsables, de promouvoir l’efficacité économique au service de l’intérêt général.

  • L’entreprise sociale va avoir pour objectif de répondre à des besoins sociaux et environnementaux dans différents secteurs. En voici quelques exemples : accès aux soins et à la santé, accès à l’énergie, limitation du gaspillage, lutte contre le chômage, le vieillissement de la population, lutte contre l’exclusion, modes de consommation sains et durables, qualité des emplois…
  • L’entreprise sociale a un projet économique viable qui tient la route. Elle doit produire de la valeur, dégager des excédents et se développer sur le plan économique favorablement.
  • L’entreprise sociale s’engage à garantir une répartition équitable des excédents, en donnant la priorité au développement du projet d’entreprise.
  • L’entreprise sociale vise à mobiliser les citoyens, créer du lien, agir pour un projet social, favoriser l’action citoyenne. L’entrepreneuriat social (nouvelle fenêtre) est moteur de la mobilisation citoyenne. Être un entrepreneur social, c’est également être citoyen du monde.

Exemples d’entreprises sociales :

  • Fermes d’avenir (nouvelle fenêtre) : l’association Fermes d’avenir agit sur les territoires pour proposer des nouveaux modèles de fermes, inspirés de la permaculture. Le premier projet de recherche de l’association est la mise en place d’une micro ferme expérimentale en 2014 en Touraine : la ferme de La Boudaisière.
  • Ecopup (nouvelle fenêtre) : l’entreprise Ecopup agit pour la préservation de l’environnement par des gestes simples en proposant des verres réutilisables. L’objectif est de passer d’un bien jetable à un bien durable.

Longtemps considéré comme participant à une économie en dehors du système, l’entreprise sociale s’impose partout dans le monde comme une des réponses nouvelles aux défis que doivent résoudre les villes. Les entrepreneurs sociaux sont devenus des acteurs incontournables de la vie économique locale. Le Baromètre de l’Entrepreneuriat Social (nouvelle fenêtre) présente les enjeux clés et les tendances de ce secteur en France et à l’étranger.

Sites utiles :

Ashoka (nouvelle fenêtre) : association qui soutient l’innovation sociale en identifiant et en accompagnant les solutions entrepreneuriales les plus innovantes.

Mouves (nouvelle fenêtre) : mouvement des entrepreneurs sociaux

Avise (nouvelle fenêtre) : portail du développement de l’économie sociale et solidaire

Pour en savoir plus :

 

C’est dans cet esprit de changement et de sensibilisation des citoyens qui auront à cœur de transformer positivement la société dans laquelle ils vivent, que La Médiathèque de Levallois vous invite à la projection du film de Judith Grumbach Une idée folle  le 24 septembre 2017 à 15h, suivi d’un débat en présence de la réalisatrice. Une idée folle pose la question du rôle de l’école au XXIème siècle. Retrouvez l’article du blog Cin’Eiffel présentant le film.

 

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