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Focus sur ces secteurs d’activité qui recrutent des femmes

8 Mar

 

En cette journée dédiée aux femmes, pourquoi ne pas aborder la mixité des emplois et s’intéresser aux secteurs d’activité qui recrutent des femmes. Pour l’année 2018, le Centre d’Information et Documentation Jeunesse (CIDJ) publie la 6e édition de son guide « Ces secteurs qui recrutent » (nouvelle fenêtre) et se penche comme chaque année sur l’emploi des femmes. Quand on sait que l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes est encore loin d’être acquise, on peut se demander si la mixité des métiers et secteurs d’activité pourrait être l’une des solutions pour y parvenir.

Florence Devenne (nouvelle fenêtre), directrice Veille et Ressources au CIDJ, souligne ainsi que “seuls 17% des métiers sont mixtes aujourd’hui”. Un angle intéressant quand on sait que 13 familles professionnelles sur les 87 familles recensées par le CIDJ sont dites « mixtes », c’est-à-dire dans lesquelles la proportion femmes/hommes se situe entre 40 % et 60 %. Une façon d’interroger l’intérêt d’une plus grande mixité des sexes au sein des métiers pour pourvoir aux besoins en emplois.

« Il s’agit pour le CIDJ de répondre concrètement aux questions que se posent les jeunes filles lors de leur orientation » explique Michel Tardit, chargé de veille au CIDJ et coordinateur du guide. « Nous souhaitions mettre en rapport les chiffres clefs du secteur, notamment en termes de perspectives de recrutement des femmes. Notre volonté est également de donner des clefs aux professionnels de l’orientation et de l’insertion dans leur démarche d’information et de conseil envers les jeunes. Mais aussi, que les recruteurs de secteurs traditionnellement masculins s’interrogent sur leurs pratiques ».

Ces secteurs majoritairement féminins qui recrutent

Les femmes sont majoritaires dans certains secteurs qui vont recruter massivement d’ici 2022, comme les services à la personne, le soin ou la propreté. Le problème c’est qu’il s’agit souvent d’emplois peu qualifiés. Les femmes représentent en effet près de 100% des aides à domicile, 90% des aide-soignants et agents de services hospitaliers et 66% des salariés des sociétés de nettoyage.

Elles sont aussi majoritaires dans certains secteurs qui requièrent plus de qualifications, en particulier dans l’enseignement et la santé. Ainsi, les femmes sont majoritaires dans les effectifs d’enseignants, mais plus le niveau d’enseignement augmente moins elles sont présentes. Elles représentent 84% des professeurs des écoles, 59% des professeurs du secondaire, 53% des professeurs agrégés et seulement 39% des professeurs dans l’enseignement supérieur.
3/4 des emplois du secteur santé sont féminins. Les femmes occupent 87% des postes d’infirmiers et déjà 51% des emplois de médecin. Et la tendance est à la féminisation chez les médecins : parmi les jeunes générations, près de 2/3 des nouveaux médecins sont des femmes.
Ces secteurs majoritairement masculins qui recrutent
Par contre, les femmes sont très minoritaires dans certains secteurs d’activité, eux aussi porteurs, en particulier dans les métiers de l’informatique et du numérique. Elles représentent moins de 30% des effectifs du secteur selon Pôle Emploi. Quand on sait que 190.000 postes sont à pourvoir sur la période 2012-2022 et que ce secteur est le premier recruteur de cadres selon l’Apec, on se dit que plus il y aura de candidates, mieux ce sera pour les recruteurs. Un plan mixité dans les métiers du numérique (nouvelle fenêtre) a d’ailleurs été signé en janvier 2017, cependant certains stéréotypes et comportements sexistes ont la vie dure.
Le secteur du commerce et de la vente reste lui aussi très « masculin » alors que les besoins en recrutement sont très importants.
 À noter également que le Conseil supérieur de l’égalité professionnelle (CSEP) a avancé le 20 février dernier des pistes pour faire de la formation professionnelle un «outil d’égalité au travail entre les femmes et les hommes». Ainsi, pour favoriser une politique «plus égalitaire», celui-ci a formulé une trentaine de recommandations à commencer par le lancement d’une campagne de communication insistant sur le droit à la formation et les métiers scientifiques et techniques.
«On ne parviendra à accroître la mixité des métiers que si l’on travaille aussi à accroître la proportion d’hommes dans les métiers les plus féminisés», souligne le CSEP, qui liste les principaux métiers non-mixtes : aide à domicile, aide-ménagère, assistante maternelle (97,7% de femmes), secrétaire (97,6%), conducteur de véhicules (10,5%), agent de maîtrise de maintenance (8,9%) ou ouvrier du bâtiment (2,1%).
Pour information le Fonds pour l’amélioration des conditions de travail (FACT) lance un nouvel appel à projets ; si vous êtes intéressé(e)s c’est par ici que cela se passe : Appels à projets « Agir en faveur de l’égalité professionnelle et de la mixité ».

Pour en savoir plus, retrouvez cet ouvrage à La Médiathèque, et aussi en ligne

L'égalité femmes-hommes au travail
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L’égalité salariale hommes-femmes : ça avance ?

30 Nov

 

Dans un article du 28 septembre 2017 (nouvelle fenêtre), B.R.E.F. s’interrogeait déjà sur l’égalité hommes/femmes en entreprise. Il s’avère que l’écart salarial continue de se creuser. Une femme est en moyenne payée 15,8% de moins qu’un homme. Et tous les secteurs sont touchés.

« C’est principalement dû à des raisons de représentativité des femmes à des postes de direction. Il y a très peu de femmes dans les entreprises du CAC 40 », dénonce en plateau Christelle Delarue, membre du collectif « Les Glorieuses ». Et d’ajouter : « On constate que même les femmes à poste égal ou à salaire égal gagnent 10% de moins, et ça, c’est inexpliqué et c’est du pur sexisme ».

8000 euros par an, c’est ce que représente aujourd’hui le manque à gagner pour les femmes des écarts de salaires avec les hommes. Ce qui équivaut à 600 euros par mois et 300 000 euros sur toute une vie de travail (40 ans) sans interruption. Cet écart est celui d’une inégalité monétaire, c’est ce que révèle une étude sur les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes (nouvelle fenêtre), commandée par la direction régionale du travail (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) des Hauts-de-France. Le chiffre tient compte aussi des écarts entre les revenus d’activité des personnes à temps plein, comme c’est le cas habituellement, mais plus largement de toutes celles qui sont en emploi : il intègre donc les revenus des non salarié(e)s et les temps partiels (les femmes sont plus souvent à temps partiel que les hommes, et ce temps partiel est dans la majorité des cas subi ou contraint). Difficile de justifier de tels écarts.

« Ce delta est plus ou moins sensible selon les secteurs d’activité mais il est presque toujours en défaveur des femmes. Et il s’aggrave au cours de la carrière », constate Anne-Lucie Wack, la présidente de la CGE (Conférence des Grandes Écoles). Les raisons sont connues : « Elles sont liées à la place des femmes dans la société, au leadership encore très masculin dans le public comme dans le privé, ainsi qu’aux schémas mentaux et stéréotypes de genres qui subsistent à tous les niveaux, individuels et collectifs », énumère-t-elle.
 168,7 milliards d’euros en un quinquennat : ce montant faramineux est celui des recettes fiscales que l’État pourrait économiser si l’égalité salariale stricte entre hommes et femmes était appliquée. C’est la Fondation Concorde qui dans un rapport (nouvelle fenêtre), publié le 30 octobre 2017, explique les mécanismes que cette égalité sociale amènerait si elle était mise en place.

En moyenne, en France, la différence de salaire net entre un homme et une femme est de 3525 euros par an. Ce seul écart représente 33,6 milliards d’euros manquant aux caisses de l’État. Le rapport de la Fondation Concorde explique les effets qu’aurait la disparition du manque à gagner, causé à l’heure actuelle, par la discrimination salariale entre hommes et femmes.

Voici un extrait d’analyse de la Fondation Concorde sur les inégalités salariales :

Ce « manque à gagner » en terme de salaire net, a également des répercutions en terme de consommation et de recettes fiscales. On estime ainsi que la consommation nette agrégée supplémentaire pourrait s’élever à 21,98 milliards € (lorsque le surplus d’épargne serait lui de 6,2 milliards €). Ce supplément permettrait de générer 0,16 point de croissance supplémentaire, qui seraient les bienvenus.

Au delà d’être une injustice sociale, la discrimination salariale hommes-femmes, est un frein à l’économie et pénalise la société dans son ensemble, entreprises comprises. La solution pour la faire disparaître ? Le rapport de la Fondation Concorde estime qu’il faut « sensibiliser les acteurs du marché », faire des campagnes de « testing » dans les entreprises et les médiatiser pour inciter les « mauvais élèves » à rester dans le cadre de la loi.
Reste à voir si cela pourrait être suffisant pour parvenir à une réelle égalité salariale.

Egalité hommes/femmes en entreprise : quoi de neuf ?

28 Sep

Dénoncer publiquement les mauvaises pratiques des entreprises, c’est la technique du « name and shame » (nommer et blâmer) inspirée par les États-Unis. Le secrétariat d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes a ainsi dénoncé les « mauvais élèves » de la parité professionnelle. Cela concerne 10 entreprises, parmi elles : ST Microelectronics, Nokia, Neopost, Arcelor Mittal, Genfit… qui ont le moins respecté l’objectif de « féminisation des instances », c’est-à-dire celles qui comptent le moins de femmes parmi leurs dirigeants.

En France, 3% des présidents directeurs généraux (PDG) uniquement sont des femmes. Elles ne représentent que 14,5% des cadres, c’est-à-dire des postes où on est responsable d’une équipe en entreprise. En bref, pour un emploi identique, les femmes gagnent moins que les hommes. Là où un homme est payé 2 000 €, une femme est en moyenne payée 1 628 €. De nombreuses lois ont été votées pour corriger ces injustices. L’une des plus récentes prévoit que les conseils de direction des entreprises soient composés d’au moins 40 % de femmes.

Il existe encore des secteurs professionnels très masculins et il est difficile dans ce cas que les femmes soient justement représentées parmi les dirigeants. C’est ce qu’a souligné un dirigeant de Nokia, l’un des « mauvais élèves » dénoncés par le gouvernement. Les différences de salaire s’expliquent par l’importance du travail à temps partiel chez les femmes mais aussi par une forme de discrimination des employeurs. Ajoutons à cela qu’avoir des enfants peut freiner le développement d’une carrière.

Début septembre 2017, Sophie Binet (secrétaire générale adjointe de l’ UGICT CGT) avait alerté sur les effets négatifs que pourraient avoir ces ordonnances sur les femmes actives ainsi que leur impact vis-à-vis de l’égalité hommes/femmes. « Cette réforme est une menace pour les femmes parce que celles-ci sont concentrées dans les plus petites entreprises, là où désormais nous pourrons négocier sans délégué syndical et donc revoir à la baisse les primes, le treizième mois, la prime d’ancienneté… Donc il pourrait y avoir un dumping (décharge) sur les droits des femmes », argue la cégétiste.

Parmi les mesures dénoncées, on peut citer le plafond « très faible » des indemnités prud’hommales, « qui s’appliquera demain par exemple si vous êtes licenciée par manque de disponibilité en raison de votre situation de famille ou en raison d’un handicap ».

Le texte regrette non seulement « l’inversion de la hiérarchie des normes », citant les droits familiaux qui pourront « être remis en cause par accord d’entreprise », comme « les congés enfants malades pris en immense majorité par les femmes », « l’allongement du congé maternité » mais aussi « l’allègement du temps de travail des femmes enceintes. »

« Mon message est toujours de dire aux entreprises considérant que le sexe de la personne n’a pas d’importance tant qu’elle a les compétences requises pour le poste, qu’elles sont sclérosées dans une pensée en fin de parcours », explique Marie Donzel (nouvelle fenêtre) à la tête de Donzel et Compagnie (société qui a assuré la matinée de sensibilisation pour les 10 entreprises les moins bien classées). « L’entreprise s’inscrit dans un contexte démocratique. Elle doit ainsi agir à l’épanouissement des individus, apporter une plus-value sociale. »  

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