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Service civique : « Pas de nation sans la participation des citoyens »

20 Jan

logo@2xCréé en 2010, le service civique offre la possibilité aux 16-25 ans de signer un contrat d’engagement volontaire, de 6 à 12 mois, avec 24h minimum par semaine, dans une mission d’intérêt général, une association, un  établissement public ou une collectivité territoriale. 2016, Monsieur le Président François Hollande dans son discours du 11 janvier, assure que « s’engager, c’est être utile deux fois, pour soi et pour les autres ». Cela montre sa volonté de faire du service civique une arme citoyenne.

Service généralisé

En plus d’augmenter les moyens alloués au dispositif à 1 milliard d’euros et de motiver ses ministères à offrir des missions pour les jeunes volontaires, le Président souhaite promouvoir le service civique. C’est pourquoi, sans pouvoir le rendre obligatoire, François Hollande généralise le dispositif avec la mise en place d’un « parcours citoyen généralisé » pour les élèves de l’école primaire et d’un « carnet d’engagement » à partir de 16 ans. Ainsi le service civique devrait compter 350 000 contrats en 2018, concerner toute une classe d’âge en 2020.

Service polémique

Tantôt outil de citoyenneté, tantôt mascarade anti-chômage, le service civique ne fait pas l’unanimité. Même si les jeunes ayant bénéficier d’un contrat d’engagement volontaire sont majoritairement ravis, d’autres ne le considèrent pas comme un tremplin pour accéder en bonne et due forme à un véritable emploi, mais plutôt comme un moyen de faire baisser de manière artificielle les chiffres du chômage et fournir de la main d’œuvre bon marché aux structures publiques ou associatives. De plus, ce contrat est précaire : difficile de vivre avec une indemnité mensuelle de 573 euros nets…

Au final, le succès du service civique tiendrait au fait que les jeunes, à défaut de trouver du travail, ne disposeraient que de ce moyen pour ajouter un petit plus sur son CV… ou bien ces derniers seraient-ils très friands de la formation à la citoyenneté… ? L’épisode d’Envoyé spécial qui suit apporte son éclairage.

Julie M.

Ça n’a pas échappé à B.R.E.F. !

11 Oct

NewsB.R.E.F. a repéré pour vous dans la presse cette semaine des témoignages d’anonymes qui font l’actu.

 

Loïc, Xavier, Jennifer, Mania : des jeunes Européens précaires

Mercredi, Le Monde a mis en avant les témoignages de 4 jeunes Européens en situation précaire : Loïc, un Français, Xavier, un Belge, Jennifer, une espagnole et Mania, une grecque. En effet, cette semaine, se déroulait le sommet sur la croissance et l’emploi des jeunes en Europe à l’initiative de François Hollande et Matteo Renzi, chef du gouvernement italien. Même si les médias affirmaient que ce sommet était éclipsé par le déficit français et qu’on en retiendrait peu de chose, des propositions  ont été faites pour amplifier l’effort consacré à l’emploi des jeunes. Ainsi, Paris et Rome veulent que la Garantie Jeunes passe de 6 milliards sur 2 ans à 20 milliards sur 4 ans afin de péréniser le projet et que le plan d’investissement de 300 milliards d’euros annoncé par le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker soit utilisé pour lutter contre le chômage.

A voir : l’infographie réalisée par l’Express sur l’évolution des chiffres du chômage des Européens.

Nathalie et Isabelle : parler (ou pas) de son cancer au travail

Visuel_Campagne2012_GD[1]Ce mois d’octobre est dédié à la lutte contre le cancer du sein. La campagne Octobre Rose permet à la presse d’aborder les difficultés que peuvent rencontrer les femmes dans le monde professionnel et de rappeler quelques chiffres rapportés dans une étude de la Ligue contre le cancer. Un tiers des actifs malades d’un cancer ont quitté ou perdu leur emploi deux ans après le diagnostic. 92% des personnes qui ont perdu leur emploi après un cancer, l’ont perdu dans les 15 mois qui ont suivi le diagnostic.

Plusieurs témoignages nous éclairent sur cette épreuve : celui de Nathalie qui voyait son travail comme une échappatoire  à sa maladie et ceux d’Isabelle Denervaud et d’Isabelle Viennois qui ont choisi d’en parler ou non à leur travail.

Docteure Lima : gynécologue en Afghanistan

Si la situation des femmes s’est améliorée depuis la chute du régime taliban en 2001 notamment dans les grandes villes, l’accès à l’éducation, au monde du travail ou l’accès à la contraception et à l’avortement restent difficile. Le site du Monde relaie un article de New Statesman, un magazine britannique dans lequel est recueilli le témoignage de la docteure Lima, gynécologue en Afghanistan. Cette femme exerce dans l’est de l’Afghanistan, dans les régions pauvres et subit les menaces de mort des islamistes. Un témoignage poignant à lire.

Ça n’a pas échappé à B.R.E.F. ! vous donne rendez-vous samedi prochain et d’ici là continuez à nous suivre !

Amandine D.

Dans la peau de… S01E06 « Burke »

9 Août

Précédemment dans Dans la peau de…

Pour certains, le travail est un élément constitutif de leur identité. Perdre son emploi peut faire sombrer dans la dépression voire dans la folie. Dans l’épisode précédent, avec Iain, on découvrait des travailleurs précaires prêts à tout pour travailler, même à tuer. C’est précisément ce qui va arriver à Burke.

Le couperet

Burke Devore a la cinquantaine. Il est  cadre supérieur dans une usine de papier et mène une vie agréable avec femme et enfants. Le typique américain tranquille en quelque sorte, jusqu’au jour où il est licencié non pour faute professionnelle mais tout simplement victime des compressions, dégraissages, restructurations de son entreprise. Meurtri, il ressasse et constate que derrière les réductions de personnel se cachent des vies brisées. Cherchant à retrouver sa dignité, ce  » bonheur  » qu’il estime avoir mérité par son labeur, Burke est prêt à tout.  Il trouve alors une solution radicale pour y parvenir, les événements le poussant à  éliminer ses concurrents potentiels, eux aussi condamnés au chômage. Burke glisse donc peu à peu dans la peau d’un serial killer d’un genre nouveau…

 » Je ne suis pas uEmpruntez Le couperet de D. Westlake à la Médiathèque de Levalloisn assassin, je ne l’ai jamais été, je ne veux pas être une chose pareille, vide, sans âme et sans pitié. Ce n’est pas moi, ça. Ce que je fais en ce moment, j’y ai été contraint, par la logique des événements »

 

 

 

S’il est un livre qui montre à quel point le chômage peut réduire un être, c’est bien celui-ci. La société libérale conditionne les entreprises au « toujours plus  » – plus beau, plus fort, plus performant -, quitte à marcher sur ses concurrents, quels que soient les moyens utilisés. Fidèle à ce précepte, le héros du Couperet entreprend de se débarrasser des candidats au poste qu’il convoite : une façon de pousser la logique humaine et économique dans ses derniers retranchements, avec une vision vraiment radicale pour éradiquer le chômage. Burke ne ressent aucune acrimonie envers ses victimes, il aurait plutôt de la sympathie pour elles, et de la haine pour le système qui l’oblige à s’en prendre à elles qui sont, somme toute, logées à la même enseigne.

Grâce à une écriture fluide et une construction minutieuse assemblant les pièces du puzzle avec usage de coupures de presse et de rapport de police, Donald Westlake donne corps à son personnage. Il fait glisser le lecteur dans sa peau et lui fait épouser son raisonnement dans toute son horreur avec un style haletant. Pratiquement unique en son genre, ce thriller militant mué en polar social est indispensable à lire pour ne pas perdre son humanité dans le monde – parfois périlleux – du travail.

Le grand auteur de romans noirs américains classiques qu’est Donald Westlake est connu pour son esprit décapant et son sens de la dérision. Il nous offre un chef-d’œuvre avec Le couperet  (1997) dans lequel il fait preuve d’un humour à froid, d’une imagination démoniaque au service d’une violente critique sociale. Volontairement anticonformiste, brisant les codes narratifs du genre, pour les subvertir, il les  pousse encore plus loin que Chester Himes, on peut considérer qu’il apporte une pierre supplémentaire à l’édifice !

Ce livre a donné lieu à une adaptation cinématographique, magistralement interprétée par José Garcia et réalisée avec le talent coutumier de  Costa-Gavras.  José Garcia, tout en colère contenue, offre charme et vitalité à ce personnage glaçant. Grâce à une réalisation qui ménage ses effets et une  efficacité habile, Costa-Gavras réussit à préserver la délicate balance entre drôlerie et effroi. Cinéaste militant, il a réalisé de nombreux films engagés politiquement comme Z, L’aveu ou État de Siège, le genre du thriller servant son engagement social.  Ainsi, Costa-Gavras explique : « On ne va pas au cinéma pour entendre des discours, mais pour assister à un spectacle. Mais le spectacle ne doit pas être vide de sens. Mes films ­reposent sur un suspense ­éthique : savoir ce qu’est la vérité ».

Pour cet épisode, merci à Sylvie Z.  d’avoir porté ce regard aiguisé sur Le Couperet.

Pour connaître la suite des aventures de nos personnages attachants à l’épreuve du licenciement, mais cette fois, de manière plus légère, ne manquez pas le prochain épisode de Dans la peau de…

Christelle LP

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