Tag Archives: Lecture

Dans la peau de… S01E09 « Le salarié heureux » ?

30 Août

Précédemment dans Dans la peau de…

Durant l’été, on s’est glissé dans la peau de travailleurs précaires. Qu’ils soient femme de ménage (Florence), caissières (observées par Annie), ouvriers (Anthony, Clément), travailleur itinérant cumulant les jobs précaires (Iain), quinquas à la recherche d’un emploi (Burke et Bernard), stagiaire multirécidiviste (Hubert), tous ont fait entendre leur voix et montrer qu’ils étaient des héros du quotidien. Dans ce dernier épisode, immersion dans le monde du travail et dans la bonne humeur avec des situations dans lesquelles chacun pourra se reconnaître… Alors, heureux au travail?

Le bonheur au travail ? : Regards croisés de dessinateurs de presse et d’experts du travail

Si le monde du travail est souvent impitoyable, on peut heureusement encore en rire. C’est ce que nous prouve Le bonheur au travail ?, ouvrage publié aux éditions du Cherche midi. Dans ce livre, la vie au travail est décryptée sous tous ses angles, croquée et analysée par d’illustres dessinateurs de presse comme Chalvin, Gabs, Pancho, Plantu, Voutch et bien d’autres encore.

Tour à tour, on se glisse dans la peau d’un jeune cherchant des réponses sur son orientation professionnelle, d’un employé à une réunion de travail, d’un salarié tentant de concilier vie professionnelle et vie personnelle. Bref, des situations en lien avec les préoccupations des salariés et qui rejoignent le vécu de travailleurs anonymes.

Les croquis de 35 dessinateurs alternent avec des commentaires de spécialistes autour des thèmes liés au monde du travail, tels que :

Tignous ©Iconovox

L’orientation professionnelle

« L’objet de l’orientation n’est pas seulement de savoir comment je gagnerai mon pain. C’est aussi de savoir ce que je ferai de ma vie, quelle place j’occuperai dans la société, savoir qui je serai, quelle sera mon identité. La question de l’orientation renvoie chacun au sens de sa propre vie. » Even Loarer

 

Deligne ©Iconovox

Le management 

« Tout ce que demandent les salariés, c’est de disposer des moyens leur permettant de remplir leurs missions et de réaliser un travail dans lequel ils se retrouvent. Mais au lieu de cela nombre de salariés sont en situation de dépression, de mal-être, de stress, d’épuisement professionnel. Ou de dévalorisation de soi » Danièle Linhart.

La parité homme-femme

Lasserpe ©Iconovox

La retraite

Cambon ©Iconovox

Le sens du travail

« La France tient sur la question du travail, en Europe, une place paradoxale. Les Français sont à la fois ceux qui accordent le plus d’importance au travail et ceux qui souhaitent le plus voir la place de celui-ci diminuer dans leur vie. Malgré le chômage de masse, ils sont plus de 30% à déclarer vouloir quitter leur entreprise si c’était possible. Pourtant ils y restent. » Yves Clot 

Charb ©Iconovox

Avec humour, les regards croisés des caricaturistes et des experts du travail invitent à réfléchir sur le monde de l’entreprise, en pointant ses travers, ses atouts, ses dérives et ses contradictions. Les dessins sont pertinents et font tellement rire !

Les textes des sociologues, psychologues, professeurs d’ergonomie accompagnant les croquis incitent le lecteur à réfléchir aux incidences des transformations actuelles du travail sur l’évolution de la société, de la culture en générale.

« Ils nous invitent à nous réinterroger sur le travail, sur ce qu’il est en soi, pour nous et dans nos liens avec les autres, afin qu’il continue d’être une ressource pour l’individu. Ils dessinent aussi les voies nouvelles qu’il conviendrait d’emprunter pour sortir d’une crise du travail sans précédent. Dessinateurs, chercheurs, dans un jeu de regards croisés, invitent à leur manière à voir autrement  le travail contemporain, ses enjeux, son sens, son devenir. Comment faire en sorte que le travail puisse contenir en lui-même quelques-uns des ressorts du bonheur ? » Sophie Prunier-Poulmaire et Jean Schram.

Ainsi s’achève notre saga de l’été… Mais voici quelques titres présents à la Médiathèque qui pourraient vous être utiles pour bien préparer votre rentrée :

Voutch ©Iconovox

C’est la rentrée pour B.R.E.F. aussi ! Rendez-vous la semaine prochaine avec « Ça n’a pas échappé à B.R.E.F. » pour suivre toute l’actualité.

 

 

Dans la peau de… S01E08 « Hubert »

23 Août

Précédemment dans Dans la peau de…

L’immersion dans le monde impitoyable de l’entreprise se poursuit. Après avoir rencontré Burke et Bernard broyés et usés par cette organisation, c’est un autre point de vue que l’on découvre dans cet épisode. Place à un peu de légèreté en suivant les premiers pas d’Hubert, stagiaire multirécidiviste, dans une grande entreprise de lingerie. Pénétrons sans plus tarder dans cet open space pour en découvrir les dessous.

Dans mon open space

T.01 Business Circus

Empruntez La BD Dans mon open space à la Médiathèque de Levallois

Business Circus est le premier tome de la série « Dans mon open space » , paru aux éditions Dargaud dans la collection Poisson pilote. Avant de se lancer dans la bande-dessinée, James a travaillé pendant dix ans dans une boîte de communication, ce qui lui a fourni de la matière pour entamer cette série. Dans cette BD, l’auteur prend un malin plaisir à nous faire partager les péripéties d’Hubert ainsi que certaines bizarreries liées au monde du travail. 

On suit Hubert durant sa première journée en tant que stagiaire dans une grande entreprise de lingerie. Et ce n’est pas sa première expérience puisqu’il a un CV à rallonge avec ses 14 stages précédents! On accompagne donc notre stagiaire au gré des services, au fil des rencontres : le temps d’une pause à la photocopieuse, à la machine à café ou encore durant une réunion de comité de direction. Cela va être l’occasion pour Hubert de croiser les figures imposées de la faune locale : les collègues méprisants, la secrétaire-potiche, le chef de vente « un peu » beauf, le PDG qui se prétend moderne et bien d’autres… On trouve dans cet open space toutes les fonctions essentielles qui doivent composer une entreprise moderne. Chaque personne estime qu’elle est essentielle à la survie de la boîte et tente de se faire passer pour indispensable. Voici le monde merveilleux de l’entreprise vu de l’intérieur qu’Hubert va nous faire découvrir.

Planche Dans mon Open space. Source DargaudL’originalité de cette bande dessinée tient surtout à l’utilisation de personnages anthropomorphes, Hubert apparaissant sous les traits d’un chien, et à la limite de la caricature avec des caractères très marqués. La position de spectateur adoptée par Hubert lui permet d’observer ses collègues avec un regard amusé et de guetter les faiblesses, abus de pouvoir et autres réjouissances que l’on peut croiser dans une entreprise. Les dialogues sont crédibles, vifs, parfois corrosifs mais pleins d’humour.

Je suis sûre que vous aurez envie de savoir si notre Hubert obtiendra enfin un CDI et pour cela, vous pouvez retrouver les autres tomes de la série à la Médiathèque.

Et pour les futurs stagiaires en entreprises comme Hubert, voici quelques ressources en ligne ou disponibles à la Médiathèque :

A voir également : le tumblr drôle mais néanmoins affligeant « URGENT recherche stagiaire » qui reflète les conditions du stagiaire aujourd’hui.

Ne manquez surtout pas samedi prochain le final de Dans la peau… 

Dans la peau de… S01E07 « Bernard »

16 Août

Précédemment dans Dans la peau de…

Alors qu’on laissait Burke à la dérive, on retrouve un autre quinqua sur le marché de l’emploi qui ne veut plus de lui. C’est Bernard, un prénom commun pour un homme banal avec un métier ordinaire pour lequel il a la tête de l’emploi.

La tête de l’emploi

Empruntez La tête de l'emploi de D. Foenkinos à la Médiathèque de LevalloisBernard pensait son train-train quotidien bien rodé, et il en était ravi. Il n’avait pas prévu que le démon de midi s’emparerait de sa femme et que la crise économique lui faucherait son emploi. Alors, Bernard, 50 ans, n’a pas d’autre choix que de retourner vivre chez papa-maman et leurs sempiternels  « n’oublie pas de te brosser les dents !  » Il l’avait, pourtant, la tête de l’emploi. Et c’est bien pour cela que son employeur l’avait recruté car c’est bien connu, « ce qui compte pour être banquier, c’est d’avoir une bonne tête… ». En plus, « Le Bernard impose une sorte de familiarité tacite, pour ne pas dire immédiate », un atout dans l’univers des finances.

De la prospérité…

Au début, la banque constituait juste un moyen de gagner un peu d’argent, alors Bernard est resté à la BNP (presque) toute sa vie . Rien d’étonnant quand on sait que ce milieu était synonyme de prestige : « Quand j’ai commencé à travailler dans la finance, autour de moi cela faisait rêver. Dans les années 80, banquier c’était vraiment une belle profession. Ça imposait le respect, on voyait en vous l’éclat de la réussite. » Dans cette ambiance effervescente, « époque bénite pour les banquiers« , Bernard s’est investi à fond, aussi bien dans ses heures de bureau que dans les formations proposées par sa boîte. Et « cette application fut payante, car je devins donc conseiller financier. Avec mes clients et mon propre bureau. Et même : mon nom sur la porte. » Bernard existait grâce à son nom en lettres capitales qui ornaient sa porte et ses cartes de visites !

… à la banqueroute sociale

Mais un autre Bernard (un certain Madoff) mit fin à cet âge d’or.

« Tout le monde a commencé à se méfier de l’argent, des ravages liés à la spéculation. J’ai senti le regard des gens changer sur ma profession. Nous étions devenus des escrocs. […] Les banquiers étaient désormais de potentiels arnaqueurs, des vautours enrichis sur le dos des épargnants. […] Je sentais un décalage entre ce que j’étais et ce qu’on percevait de moi. »

C’est dans ce contexte que commence la déchéance de Bernard. Les directives venant de très haut exigent que chacun fasse un effort. Ainsi, la « bonne tête » de Bernard doit remplacer celle de l’employée du guichet qui va se faire virer. Autrement dit  » accepter de redescendre au rez-de-chaussée de l’ambition pour conserver mon poste. » Et puis, Bernard commet le faux pas qui marquera son départ du foyer conjugal, l’oubli de l’anniversaire de sa femme. S’en suit alors une lente descente au fond du gouffre : du guichet à la faute grave, du difficile exercice du CV au réseau professionnel tantôt muet tantôt pédant…

Pour les banquiers comme Bernard qui ont connu les années glorieuses de la finance, la chute a été rude. Depuis la crise des subprimes, ce métier ne fait plus rêver : dès 2011, une enquête ifop révélait que banquier faisait partie des métiers les moins appréciés des Français. Sans oublier que, comme les caissiers, les conseillers financiers comme Bernard risquent de se voir remplacer par des machines automatisées. 

David Foenkinos, traduit dans une quarantaine de langues, a connu son premier grand succès avec Le potentiel érotique de ma femme. Couronné par le prix Roger Nimier en 2004 pour ce titre, l’auteur s’affiche aussi sur grand écran avec en 2011 l’adaptation de La délicatesse, et bientôt Les souvenirs. Ses œuvres, empreintes d’humour parfois farfelu, explorent des réalités difficiles. Le monde du travail avait déjà servi comme toile de fond d’un précédent roman, Je vais mieux, qui mettait en scène un cadre sup en proie à un mal de dos inexplicable. Avec La tête de l’emploi, il mêle monde du travail et amour, thème qui lui est cher, en mettant le capital relationnel de son héros à l’épreuve du licenciement et réalise une satire sociale, comme il l’explique dans cette vidéo :

Ne manquez pas le nouvel épisode de Dans la peau de… dès samedi prochain.

Julie M.

%d blogueurs aiment cette page :