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Les robots vont-ils détruire l’emploi ?

29 Nov

À l’occasion de la rencontre avec le scientifique Rodolphe Gelin à la médiathèque Gustave-Eiffel samedi 1er décembre 2018, auteur de Le robot est-il l’avenir de l’homme ?, B.R.E.F. s’est intéressé aux nombreux débats sur l’avenir du travail. Automatisation, robotisation, intelligence artificielle sont-elles des menaces pour l’emploi ? Quel sera l’impact de l’automatisation sur les emplois ?

Malgré de nombreuses enquêtes sur la révolution robotique réalisées par des experts mondiaux en économie et en technologie, personne ne s’accorde sur les résultats. D’une étude à l’autre, les chiffres des prévisions sont multipliés ou divisés par 5. Différentes études ont alerté sur le risque de disparition de certains emplois actuels sans pour autant s’accorder sur l’ampleur de ce risque.

Voici quelques chiffres des dernières recherches du Forum économique mondial sur l’avenir de l’emploi, enquête publiée le 17 septembre 2018 et intitulée The Future of Jobs (PDF 2.53 Mo en anglais- nouvelle fenêtre) :

  • Les robots réaliseront 52% des tâches professionnelles courantes dès 2025 (29% aujourd’hui).
  • 47 % des emplois seront automatisés dans 20 ans.
  • 75 millions d’emplois seront supprimés ou déplacés par la révolution robotique en 10 ans.
  • 58 millions d’emplois seront créés d’ici 2022.
  • Part du nombre total d’heures de travail effectuées par les humains en 2017 : 71% ; 48% en 2025.

Si les chiffres sur l’avenir de l’emploi divergent d’une enquête à une autre, elles sont unanimes sur plusieurs points :

  • Le numérique détruit et crée des emplois mais surtout en transforme. Il crée de nouveaux métiers et en détruit d’autres tout en contribuant à leur transformation et à la valorisation de l’emploi qualifié.
  • De nombreux métiers seront menacés par l’intelligence artificielle et les robots d’ici 5 ans. Lire l’article du 20/07/2018  À l’usine, au bureau, tous remplacés par des robots ? (nouvelle fenêtre) de Charlotte Zeitoun publié dans le dossier Comment l’intelligence artificielle va changer nos vies (nouvelle fenêtre)  du journal du CNRS.
  • L’impact de la robotisation se fera sentir dans les différents secteurs d’activité. Les travailleurs les moins qualifiés seront les plus touchés. Les emplois qui ne nécessitent pas une qualification ou une spécialisation sont amenés à disparaitre.
  • De nouvelles catégories d’emplois émergeront. Tous les secteurs seront touchés par les pénuries de compétences.  D’ici 2022, 54% des employés auront besoin d’une requalification de leur compétence.
  • Un besoin urgent d’adapter l’offre de formation professionnelle et le système éducatif à l’évolution rapide du monde du travail. 83% des emplois de 2030 n’existeraient pas aujourd’hui. En France en 2017, 8% de la population active n’a aucune compétence numérique, 27% de niveau faible, 33% de niveau de base et 29% d’un niveau supérieur (source : statistiques de la Commission européenne).
  • Des métiers en augmentation face à la robotisation : ingénieurs, analystes de données, spécialistes de l’intelligence artificielle et de la robotique, les spécialistes du commerce électronique et des médias sociaux, les managers de l’innovation, vont être les postes clés de demain. (Article de l’Express 8 aout 2018 Les métiers les mieux protégés face à la robotisation) (nouvelle fenêtre).
  • Des métiers enclins à disparaitre face à la robotisation : comptables, caissiers, employés de banque et des assurances, notaires et professions du droit, secrétaires de direction, techniciens de laboratoire médical, manutentionnaire, ouvriers en usine sur chaîne d’assemblage…(Article du Figaro 22 août 2018 5 métiers menacés par la digitalisation et la robotisation) (nouvelle fenêtre).

La Fabrique de l’industrie, la Cité des sciences et de l’industrie et la Cité des métiers ont organisé en 2017 une rencontre-débat autour de la question Le robot tue-t-il l’emploi ? Vidéo à visionner :

En se fondant sur l’analyse de 16 études publiées entre 2009 et 2016, le Conseil d’orientation sur l’emploi montre que les créations d’emploi l’emportent sur les disparitions. Cette instance du gouvernement a publié 3 rapports intitulés Automatisation, numérisation et emploi à retrouver ici :

Automatisation, numérisation et emploi tome 1 (PDF 9.1Mo) (nouvelle fenêtre)

Automatisation, numérisation et emploi tome 2 (PDF 5.4 Mo) (nouvelle fenêtre)

Automatisation, numérisation et emploi tome 3 (PDF 3.65 Mo) (nouvelle fenêtre)

Face aux bouleversements engendrés par la société numérique et face à ce que l’on appelle la quatrième révolution industrielle, c’est un changement en profondeur qui est attendu dans les prochaines années.

À emprunter à La Médiathèque :

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Et pour en savoir plus sur les robots en général, consulter l’article du blog Liseur Faut-il avoir peur des robots ? (nouvelle fenêtre) 

Rendez-vous samedi 1er décembre à la médiathèque Gustave-Eiffel (111 rue Jean Jaurès à Levallois) 16h avec le scientifique Rodolphe Gelin pour la conférence Faut-il avoir peur des robots ?

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Emploi : les Français n’ont jamais autant travaillé qu’en 2017

5 Juil

 

L’Insee a publié mardi 03 juillet 2018 un document Insee Références (nouvelle fenêtre) portant sur l’évolution du marché du travail en 2017. Elle confirme le recul du chômage tout en soulignant la part d’emploi à durée limitée sur laquelle il repose. B.R.E.F. vous propose une synthèse en 7 points.

 

  • Il s’est créé en net près de 341 000 emplois par rapport à l’année précédente. C’est la plus forte progression depuis 2007 due aux salariés du privé tandis que l’emploi public a baissé en raison de la suppression de 205 000 emplois aidés en 2017.
  • Le taux de chômage s’est fixé à 9,4% en moyenne en 2017 soit 184 000 chômeurs sur l’année. Et selon l’Insee, les femmes seraient un tout petit peu moins impactées que les hommes.
  •  15,4% des salariés sont en contrat à durée limitée (CDD, intérim, apprentissage). La raison : la hausse de la part d’intérim, revenue en 2017 à un niveau supérieur à celui de 2007. Celle-ci a davantage impliqué les contrats à durée déterminée (CDD) et les missions ponctuelles. Ce qui représente une hausse massive de 17,9 % augmentant de 814 000 personnes les rangs des intérimaires.

  • 71,5% des 15-64 ans sont actifs (ont un emploi ou en recherchent un du moins). Ce chiffre atteint son plus haut niveau depuis le début des années 1980. Une croissance qui tient principalement aux séniors, dont le taux d’activité a augmenté de près de 10 points ces dix dernières années. Ce qui s’explique avec les années du recul de l’âge de départ à la retraite et des restrictions d’accès aux dispositifs de pré-retraite. Bilan, 65,6% des 50-64 ont participé au marché du travail en 2017.
  • 2,3 millions de Français veulent changer d’emploi, soit près d’une personne ayant un emploi sur dix. 27% dans le but d’obtenir de meilleures conditions de travail, 23% pour être mieux rémunérés, 19% par crainte de perdre leur emploi actuel, et enfin 16% pour exercer une fonction plus intéressante.
  • Le coût du travail n’a augmenté que de 1,1% en 2017. L’Insee attribue cette faible hausse aux effets du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) (nouvelle fenêtre) et au Pacte de responsabilité et de solidarité. Entre 2012 et 2017, le coût horaire a progressé de 5,3%.
  • Les salaires de la fonction publique ont gonflé de 2,2%, contre 1,7% dans le privé, du fait des revalorisations du point d’indice en juillet 2016 et février 2017, après sept ans de gel.

Une vidéo qui fait référence aux 57 000 emplois créés dans le secteur privé au premier trimestre 2018 :

 

Le Parcours Emploi Compétences, qu’est-ce-que c’est ?

25 Jan

 

Depuis le mardi 16 janvier 2018, 200 000 « contrats aidés » sont devenus officiellement des parcours emploi compétences (PEC). Que comporte ce nouveau dispositif unique ? Quels changements  pour les chercheurs d’emploi concernés ? Que peut-on en espérer ?

Le Parcours Emploi Compétences qui remplace désormais les contrats aidés CUI-CAE a été présenté par Jean-Marc Borello (nouvelle fenêtre) (président de l’Économie Sociale et Solidaire, groupe SOS), dans son rapport « Donnons-nous les moyens de l’inclusion » (nouvelle fenêtre), qu’il a remis à la ministre du Travail le 16 janvier dernier. Il vise à favoriser davantage l’insertion professionnelle des personnes les plus éloignées de l’emploi, à savoir 1,4 million de chômeurs depuis plus de deux ans et 1,3 million de jeunes qui ne sont ni en formation ni en emploi. Mission d’insertion en apportant non seulement un emploi, mais aussi formation et accompagnement personnalisé.

B.R.E.F. a retenu pour vous les points essentiels qui s’en dégagent.

1. Le PEC est instauré et réservé au secteur non marchand, associations et collectivités locales, afin d’éviter les effets d’aubaine (nouvelle fenêtre) dans le secteur privé.

2. Les employeurs ont des obligations précises et contrôlées. Ils seront sélectionnés selon leur capacité à être un bon employeur. « Ils devront mettre en œuvre tout ce qui permet aux personnes de s’insérer durablement, à savoir un triptyque : emploi, formation et accompagnement personnalisé », a expliqué la ministre.

« Nous avons étudié tous les dispositifs d’aide au retour à l’emploi et avons remarqué que ceux qui fonctionnaient avaient pour point commun une insistance sur la formation des publics, une bonne mise en situation professionnelle ainsi qu’un accompagnement accru. La réalité de l’insertion dépend en réalité de l’employeur et non de l’usager, explique M. Borello. Il ne s’agit pas de sélectionner l’employé mais l’employeur. »

3. Le suivi du salarié est plus intense. « L’entreprise doit être apprenante », affirme le rapport. Il propose de passer d’une « quantité » de contrats aidés à des parcours emploi compétences  de « qualité », car limités à des employeurs apprenants capables d’inclure, d’accompagner et d’envoyer en formation leurs salariés.

4. Les dépenses sont adaptées aux besoins. 100 millions d’euros, débloqués sur le Plan investissement compétences (PIC), seront affectés aux bénéficiaires et sortants du Parcours Emploi Compétences, pour leur permettre de se former et de « construire de véritables parcours professionnels ». Ce qui augmentera leurs chances d’accéder ou de retrouver un emploi durable. Cette somme profitera aussi aux bénéficiaires des structures de l’insertion par l’activité économique (IAE).

5. Un fond d’inclusion pour l’emploi est créé « pour garantir un retour à l’emploi plus efficace ». Il regroupera dans une même enveloppe globale, les fonds dispersés. Ce qui permettra aux préfets de piloter les dispositifs d’insertion professionnelle selon les réalités du terrain, avec de nouvelles souplesses pour expérimenter, nouer des partenariats… « La première étape pour faire des préfets « des entrepreneurs d’État » souligne le ministère.

 

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