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Octobre 1948 : la grande grève des mineurs

29 Oct

La grève des mineurs de l’automne 1948 a profondément marqué l’histoire du bassin houiller français.

Du 4 octobre au 29 novembre 1948, sept semaines de d’affrontements d’une rare violence qui vont opposer les mineurs aux dirigeants des Houillères et aux représentants de l’Etat, en particulier les ministres Robert Lacoste  (ministre de la production industrielle) et Jules Moch (ministre de l’intérieur).

Ce mouvement fut l’un des plus dur et des plus longs (56 jours) soutenu par la corporation minière.

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Le contexte socio-économique et politique

Au lendemain de la guerre, le pays est dans une situation difficile tant d’un  point de vue international que national. Alors que commence la guerre froide avec le  blocus de la zone d’occupation occidentale de Berlin par les Soviétiques, les alliés occidentaux craignent une volonté d’expansion de l’URSS vers l’Ouest. Cette confrontation internationale entre l’Est et l’Ouest se traduit sur le plan national par une opposition de plus en plus grande, entre le parti communiste et les autres forces politiques due, entre autres, à l’éviction des ministres communistes du gouvernement, le 4 mai 1947, et à la présentation du plan de redressement de l’économie européenne, le plan Marshall, le 5 juin 1947.

Quant à la situation sociale et économique de la France, elle reste préoccupante : le pays est partiellement détruit et ruiné. L’inflation lamine les salaires et le pouvoir d’achat ouvrier est estimé fin 1947 à seulement 50 % de celui d’avant-guerre. La population est épuisée par un rationnement qui dure depuis 1940 provoqué par une production alimentaire toujours déficitaire et accentué par le terrible hiver de 1946/1947 qui a détruit une grande partie des récoltes.

Dans un tel contexte, le mécontentement populaire s’amplifie et de Mai à juillet 1947 des grèves éclatent d’abord chez  Renault suivies de la S.N.C.F., des bassins houillers, des banques et des assurances. Après une accalmie durant l’été, elles reprennent en octobre dans les transports pour culminer dans un mouvement national en novembre décembre.

La situation des mineurs de fond au lendemain de la guerre

A l’issue de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe est confrontée à une très grave pénurie de charbon. La production est bien inférieure à celle de l’entre-deux-guerres. Bien décidé à rendre au secteur houiller son rôle de moteur de l’activité énergétique et économique, le gouvernement entraîne les mineurs à des efforts surhumains de rendement.

En mai 1945, Robert Lacoste, ministre de la Production industrielle, prononce une allocution radiodiffusée. Le ton est alarmiste :

« C’est à vous tous les mineurs de France que je m’adresse. Je veux attirer votre attention sur la crise du charbon. Le manque de combustible constitue dès à présent un véritable péril national… Il faut travailler encore, il faut sortir de la paralysie, il faut écarter le marasme, et pour cela il faut avant tout du charbon. Mineurs de France, on a besoin de vous pour que vive la France ».

Pendant trois ans, de 1944 à 1946,  « la bataille du charbon » va se dérouler sous le double signe de la production et du rendement.

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1944-1946 : les mineurs vont donc tenir un rôle crucial dans la reconstruction du pays

80 % de l’énergie du pays provient du charbon. De 1944 à 1946,  les gueules noires vont donc multiplier les cadences pour relever l’économie et retrouver les niveaux de production d’avant-guerre. Pour les inciter à accepter cet effort nationaliste, une série de mesures est prise afin de donner à la profession un  statut plus avantageux :

  • Droit au logement et l’attribution de combustibles (charbon ou coke) aux mineurs en activité, aux retraités et à leurs veuves
  • Transport gratuit pour le personnel, la dispense des obligations militaires.
  • La silicose est reconnue maladie professionnelle et la sécurité sociale minière est généralisée avec la création d’une sécurité sociale spécifique.
  • Nationalisation des bassins houillers : les « Houillères de France » deviennent les « Charbonnages de France» (nouvelle fenêtre) qui sont désormais dirigés par un directeur général nommé par le ministre.

Une vague période de compromis semble s’être établie entre le monde de la mine et l’État mais l’accroissement des tensions internationales avec la «Guerre froide», la politisation accentuée des relations sociales, les désillusions et les rythmes intenses de travail des mineurs ne tardent pas à ouvrir une nouvelle période d’affrontements.

Les décrets Lacoste vont être le déclencheur de la grève

Fin 1946, la situation sociale de la France reste dégradée par une  inflation qui ronge le pouvoir d’achat. De 12 francs en 1947, le kilo de pain va vite atteindre 37 francs dès le début de 1948 et le kilo de bifteck va augmenter de 370 à 500 francs….

Les coreferendumnditions de  vie des mineurs se dégradent :  malmenés par la baisse des effectifs, les accidents de plus en plus nombreux dus à la cadence infernale, la malnutrition, la médiocrité de l’outillage et les risques quotidiens, les « gueules noires » se retrouvent en permanence confrontées à une hiérarchie qui ne respecte pas le pouvoir de décision que la nationalisation était censée leur avoir donné, cette même hiérarchie les ayant contraints à produire pour les Allemands pendant la guerre et n’a pas été sanctionnée au moment de l’épuration.

Mais le véritable déclencheur va être l’annonce des  décrets du ministre Lacoste,  publiés le 18 septembre, remettant en cause les acquis des mineurs obtenus au lendemain de la guerre.  Les « gueules noires » répondent en masse à  la  consultation organisée par la FNSS, Fédération nationale des travailleurs du sous-sol (nouvelle fenêtre) qui appelle à une grève de 48 heures.

Contenu des décrets Lacoste : modifications au Statut de 1946

  • Réduction de 10 % du personnel de surface et des employés administratifs
  • Licenciement pour tous travailleurs non présents au travail 6 jours de suite sans justification ou comptant 12 jours d’absence injustifiée. Les mises à pied prononcées par l’exploitant sont désormais rendues immédiatement applicables et non plus subordonnées à l’accord d’une Commission paritaire comme précédemment.
  • Retrait de la gestion du risque des accidents de travail et maladies professionnelles aux Sociétés de secours minières majoritairement gérées par les salariés qui avait été  instituée avec la création d’une sécurité sociale minière. C’est aux Houillères qu’appartiennent désormais la gestion.

Ces décisions sont perçues comme « un retour aux conditions de travail d’avant 1936 » et de l’occupation. C’est dans un contexte socio-économique et politique extrêmement tendus que, le lundi 4 octobre 1948, les « gueules noires » de France débrayent après l’échec des négociations, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Robert Lacoste n’ayant  fait aucune proposition pour sortir du conflit.

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La grève des mineurs d’octobre

Dans tous les bassins, la grève est totale. Ayant débutée dans un calme apparent, la FNTSS Fédération nationale des travailleurs du sous-sol (nouvelle fenêtre) décide alors de suspendre son service de sécurité pendant 24 heures. Le  gouvernement en profite pour faire intervenir ses forces de répression afin de faire évacuer les puits occupés par les mineurs en grève et dès le 8 octobre, le ministre de l’intérieur Jules Moch envoie les CRS puis l’armée investir les puits et les corons de Lorraine. Le 19 octobre, les mineurs nord-africains sont aux prises avec les CRS qui saccagent les baraquements et les conduisent de force à la mine et, les 25 et 29 octobre, l’armée occupe avec violence les puits d’Alès et de Saint-Étienne dans le Nord. La riposte des mineurs à la présence des chars, des chenillettes, des CRS et de l’armée ne se fait pas attendre.mineurs_1

La mise en état de siège des bassins par la police appuyée par l’armée et les chars, la mobilisation massive de forces importantes permettent à l’État la reconquête des puits et des bassins miniers de façon progressive et inéluctable, en particulier dans le Nord-Pas-de-Calais. En dépit de soutien de la population (collectes d’argent, accueil d’enfants de mineurs par des familles en région parisienne…), le mouvement échoue face à la détermination du gouvernement.

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La grève s’achève le 29 novembre par un échec

« Six morts, 2 000 arrestations, autant de condamnations à la prison et des centaines de vies brisées. »

Le bilan sera sanglant : 56 jours de grève, six mineurs tués et des milliers d’autres arrêtés. Au final, 1 342 seront condamnés à de la prison ferme pour « entrave à la liberté du travail », dont 700 dans le Nord-Pas-de-Calais. Plus de 3 000 seront également licenciés. Pour eux, tout s’écroule. Ils auront deux jours pour déguerpir des Houillères, perdant salaire, logement avec chauffage ou encore le bénéfice du médecin gratuit. Consigne est donnée aux autres mineurs de ne pas loger les bannis. Pression est faite, également, sur les entreprises alentours de ne pas les embaucher.

Dès lors, les décrets Lacoste sont maintenus, les salaires ne sont pas réévalués ; 2 950 mineurs souvent délégués ou responsables syndicaux, sont emprisonnés ou sous le coup de poursuites judiciaires. Beaucoup seront révoqués des Charbonnages de France qui feront en sorte que la plupart d’entre eux ne retrouvent jamais de travail où que ce soit.

La lutte des mineurs de 1948, souvent perçue comme un mouvement indissociablement social et politique obéissant à des idéologies foncièrement opposées dans un contexte international tendu, est avant tout la conséquence d’une trahison. Ayant répondu à l’appel du gouvernement pour redresser la France au lendemain de la guerre, les mineurs se sont sentis humiliés et trahis, prêts à tout pour retrouver leurs droits. L’échec de la grève, la répression subie par les grévistes ont affecté profondément le monde de la mine. Les terribles conséquences subies par grand nombre de grévistes résonnent encore dans la mémoire des GUEULES NOIRES, incarnation depuis le « Germinal » de Zola du héro des luttes ouvrières.

FRANCE DU BABY BOOM P. 84

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Le travail durant la première guerre mondiale

8 Oct

En 1914, le Ministère du Travail aborde la guerre en situation de très grande fragilité. Aucun dispositif économique n’a été prévu pour faire face à un conflit que chacun anticipait de courte durée.

Le gouvernement doit, dès l’été 1914, faire face à la pénurie de main-d’œuvre provoquée par la mobilisation générale et massive de millions d’hommes et à la fermeture de nombreuses entreprises due à l’effondrement de la production. Pour répondre en urgence aux besoins en armement, le gouvernement mobilise dès l’automne 14 tous les industriels (sidérurgie, métallurgie, mécanique, automobile…) et charge les grands patrons français de réorganiser l’économie désormais placée au service de la guerre. La production doit augmenter sans aucune limite de rendement, une production à outrance qui va réduire sérieusement les premiers acquis du droit du travail construits sous la Troisième République.

Une situation qui se résume par la fameuse phrase d’Alexandre Millerand :

« Il n’y a plus de droits ouvriers, plus de lois sociales,

il n’y a plus que la guerre»

Le droit du travail s’en va en guerre !

Transformation de l’organisation du travail

Disparition du droit ouvrier et des lois sociales

Dès le début de la guerre, des circulaires télégraphiques invitent les inspecteurs du Travail à « faire preuve de la plus large tolérance » dans le seul but d’accroître la production. Les patrons sont autorisés à dépasser la durée du travail alors de 10 heures, et à réduire les jours de repos à seulement 2 jours par mois. L’emploi de la main d’œuvre féminine et enfantine est autorisé dans les usines et de nouvelles dérogations sont admises pour les affecter à des travaux dangereux tels que la fabrication des cartouches et des bombes, et à travailler la nuit.

Chacun est sommé de se fondre dans un «esprit de travail », et de laisser de côté ses revendications. Ce que les mouvements ouvriers avaient obtenu avant 1914 se trouve irrémédiablement balayé et c’est toute la politique de protection des travailleurs, amorcée à la fin du XIXème avec les premières lois sociales, qui bascule en quelques jours.

L’hyper-productivité, un devoir patriotique

Les niveaux de rendement exigés dans les usines d’armement vont favoriser l’arrivée de nouvelles formes de travail venues des États-Unis : le Taylorisme (méthode de travail qui consiste en une organisation rationnelle du travail qui est divisé en tâches élémentaires, simples et répétitives) et le Fordisme (méthode de travail inspirée du Taylorisme qui favorise le travail dit « à la chaine » et la production de masse)  vont ainsi permettre aux usines de produire un nombre inconsidérable d’armes, d’obus, de fusées et de munitions.

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« Devenue un devoir patriotique, l’hyper-productivité donnait un argument de poids à la réorganisation taylorienne du travail […] Le salaire à la tâche, qui indexait directement la paye des ouvriers sur la vitesse et la précision de leur production, fut l’aspect le plus souvent retenu du système de Taylor », décrit l’historienne Laura Lee Downs.

Cette réorganisation de l’appareil productif est une opportunité pour les grands groupes industriels qui y voient l’occasion d’accentuer leur activité et surtout de multiplier leur profit par quatre! Entre 1915 et 1917, les usines Renault doubleront leur production de camions et assembleront plus de 2000 chars FT-17, tout en fabriquant 8,5 millions d’obus. Citroën aura livré à la fin du conflit plus de 24 millions d’obus. Opportunité similaire pour l’usine sidérurgique des frères Peugeot à Sochaux, qui assemble obus et moteurs d’avions.

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Pendant que les industriels arrivaient à préserver, voire à augmenter, leurs marges, « les travailleurs étaient quant à eux sommés d’oublier l’ennemi de classe pendant le conflit » rappelle l’historien François Bouloc.

Aux femmes, les métiers d’hommes

A l’usine….

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De domestiques, tisseuses, couturières, les femmes vont occuper désormais la place des hommes dans les usines vouées à l’effort de guerre. Les « munitionnettes« , ces ouvrières embauchées par centaines de milliers dans les usines de guerre en furent l’exemple emblématique et marquant. On les retrouve dans les usines de munitions et les usines chimiques, au côté des jeunes garçons de moins de 18 ans, des mutilés, des inaptes au combat, des Kabyles, des Sénégalais, des Chinois et Indochinois et des prisonniers de guerre allemands. Les conditions de travail y sont déplorables. Outre les cadences infernales, les travailleurs (principalement les femmes) subissent des produits toxiques, tel que le TNT qui provoque des maladies touchant les poumons et rendant la peau et les cheveux jaunes …

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En 1917, ces conditions de travail entraineront des mouvements de contestation et de grève menés par les «Midinettes» (les ouvrières des ateliers de confection) suivies des «munitionnettes». Elles finiront par obtenir une augmentation de salaire de 1F / jour, une journée de repos par semaine, le retour aux 10 heures de travail par jour et l’interdiction du travail de nuit pour les moins de 18 ans.

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Les hommes mobilisés ayant laissé les moissons en cours pour partir au front, dans les campagnes, le travail pour les femmes (nouvelle fenêtre) n’est pas en reste… . Bovins et chevaux ayant été réquisitionnés par l’armée, les femmes (environ 850 000 femmes d’exploitants et épouses d’ouvriers agricoles) se retrouvent à tirer la charrue, à labourer, semer, faucher, sulfater les vignes avec des outils inadaptés à leur taille.

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Recours à la main-d’œuvre coloniale

Mais le recours à la main-d’œuvre féminine et enfantine ne fut pas suffisant pour pallier à l’effort de guerre. Malgré la directive du début du conflit de faire revenir du front les soldats-ouvriers spécialisés, les patrons vont s’opposer à l’armée qui va refuser de dégarnir le front. Le gouvernement fait alors appel à une main d’œuvre venue des « colonies » (Indochine, Algérie…), à des volontaires étrangers (Espagnols, Belges, Italiens), une main d’œuvre sans qualification que la taylorisation des tâches de fabrication va très vite rendre apte au service dans les usines d’armement.

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Une Commission Interministérielle de la Main-d’Œuvre (CIMO) est donc mise sur pied dès septembre 1915 pour définir les principes généraux de la gestion de cette main-d’œuvre, les conditions d’embauche ou encore la forme des contrats de travail. Trois organes sont alors créés entre 1915 et 1917, sous la tutelle des trois ministères de l’Agriculture, de la Guerre et du Travail, ce dernier s’imposant progressivement dans la direction de la politique d’immigration.

L’arrivée de ces milliers de travailleurs coloniaux et d’étrangers se traduit par des formes de transfert des « catégories de population » sur le territoire métropolitain. Les autorités françaises mettent en place des structures administratives nouvelles qui institutionnalisent l’existence de deux types de main-d’œuvre pensés désormais comme radicalement distincts : d’un côté la main-d’œuvre européenne ou «blanche», la whiteness, qui va très vite devenir une catégorie destinée aux tâches administratives, de l’autre les coloniaux, les « indigènes » et les Chinois désignés principalement au travail dans les usines d’armement, les ports, les mines et payés huit fois moins qu’un ouvrier qualifié. Avant même la fin de la guerre, les premiers sont définis comme « désirables », tandis que les seconds sont considérés officiellement comme « inassimilables » et par conséquent « indésirables »! Le conflit alimente de ce fait le terreau de la xénophobie et du racisme qui s’amplifiera dans l’entre-deux-guerres…

 

Le travail forcé

Dans le Nord devenu zone occupée, les Allemands vont procéder dès 1916 aux réquisitions de main-d’œuvre française.

Coupée totalement du reste de la France, la population sur place ne sait rien de la situation militaire. Femmes et jeunes filles sont raflées par les autorités allemandes pour les travaux des champs dont la récolte est réquisitionnée pour la nourriture des troupes d’occupation. D’autres encore seront déportées en Allemagne avec les jeunes garçons pour travailler en usine alors qu’une ordonnance du Oberste Heeresleitung «Commandement suprême de l’armée de Terre allemand» alors installé à Charleville-Mézières, impose le recensement de tous les hommes mobilisables de 16 à 45 ans (considérés comme prisonniers de guerre) pour les contraindre au travail obligatoire. Les prisonniers, quant à eux, sont appelés par roulement pour des travaux agricoles ou en usine, pour des travaux de fortification, de terrassement, de réparation des voies ferrées. Quant à ceux qui refusent de travailler pour l’occupant, c’est par la force qu’ils seront intégrés dans des bataillons de travailleurs civils surnommés « les Brassards Rouges » (nouvelle fenêtre), en raison du brassard qu’on les oblige de porter, pour être utiliser au plus près du front afin de réparer les routes bombardées ou enterrer des corps. Leurs conditions de vie préfigurent celles des camps de travail de la 2ème guerre mondiale.

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En 1918, les pays sont en ruine. Aux morts se sont ajoutés un nombre immense de blessés et de mutilés. Outre les pertes humaines, les destructions matérielles, la baisse de la natalité, les restrictions subies par la population, c’est toute l’économie qui s’effondre après quatre années entièrement destinées à des productions militaires. Le monde du travail n’a plus rien à voir avec celui d’avant-guerre. Le conflit a permis d’introduire de nouvelles méthodes rationalisant le travail, notamment par le chronométrage, l’augmentation des cadences et la production à tout-va, méthodes vendues aux ouvriers comme un « devoir patriotique ». Les grands gagnants de cette guerre meurtrière furent les industriels de par leurs énormes profits et le pouvoir qu’ils ont pu  exercer sur le monde ouvrier. Ils conserveront, la paix revenue, ces méthodes du travail à la chaine et l’emploi d’une main-d’œuvre d’immigration. C’est avec le conflit de 14/18 que sont nées les grandes épopées industrielles du XXème siècle.

 

Ça s’est passé le 27 septembre 1967 : naissance du titre-restaurant

27 Sep

Lancé sur le marché en 1962 par l’industriel Jacques Borel, le titre-restaurant devient un avantage social accordé au salarié, officialisé par une ordonnance du 27 septembre 1967.

Il est aujourd’hui utilisé par près de 4 millions de salariés, auprès de 180 000 restaurateurs et commerçants de proximité.

Voici une petite histoire du Ticket Restaurant® en quelques dates (nouvelle fenêtre) extraite du site le Mag de BNPparibas.

Titre-restaurant, Ticket Restaurant, Chèque Restaurant, Chèque Déjeuner, Chèque de Table… plusieurs termes pour désigner la même chose !

En effet, le Ticket Restaurant est une marque déposée®, tout comme Chèque Déjeuner, Chèque Restaurant, Chèque de Table : on utilise souvent le nom de la marque pour parler d’un produit. Ainsi, le terme approprié est titre-restaurant.

Le titre-restaurant est une façon pour les entreprises privées de plus de 25 salariés de participer aux frais de restauration de leur personnel où il n’y a pas de cantine. L’entreprise bénéficie d’une exonération de charges sociales et fiscales. Elle prend en charge une partie de leur valeur, soit 50% à 60%, le reste étant retenu sur le salaire. Ces obligations sont inscrites dans le Code du travail (nouvelle fenêtre). Le titre-restaurant permet au salarié de régler des repas dans des restaurants ou commerces assimilés. Il présente des avantages pour l’employeur comme pour le salarié (nouvelle fenêtre).

Conditions d’utilisation des titres-restaurant :

  •  ils ne doivent pas être utilisés les dimanches et jours fériés (seulement si vous travaillez ces jours-là) ainsi que pendant les vacances.
  •  on ne peut s’en servir que dans le département de son lieu de travail ou dans les départements voisins.
  • les chèques sont nominatifs : seule la personne bénéficiaire peut l’utiliser, l’employeur ayant l’obligation d’indiquer le nom du salarié sur le titre-restaurant
  • ils sont limités à 19€ par jour

Ce qu’il est possible de payer avec les titres-restaurants :

  • un repas au restaurant
  • des préparations alimentaires directement consommables achetés dans des commerces de proximité
  • des sandwichs, plats cuisinés, salades préparées dans des grandes et moyennes surfaces
  • des fruits et légumes dans des commerces de détail

Le titre-restaurant existe en format papier ou électronique :

Depuis 2014, les entreprises ont la possibilité de dématérialiser les titres-restaurants sous forme de carte à puce, fonctionnant comme une carte bancaire. La carte est rechargée automatiquement tous les mois. Elle offre des avantages pour le salarié, l’employeur et le commerçant. 560 000 salariés utilisent ce mode de paiement électronique. Il est également possible de payer en titre-restaurant avec son smartphone.

Toutefois, si vous ne bénéficiez pas de titres-restaurant ni de cantine, voici quelques idées pour bien déjeuner au travail :

Les pique-niques au boulotMa lunch-boxJe mange sain et bio au boulotBien déjeuner dans ma boite

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