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« Prendre le large » de Gaël Morel..

25 Juin

..un film sur la délocalisation d’entreprise.

 

Sandrine Bonnaire incarne une ouvrière dans le textile qui se voit licenciée. On lui propose de partir au Maroc, à Tanger, pour continuer à travailler pour son employé. Elle accepte sans hésiter, sa vie en France lui pèse et elle est sans attache. Elle prépare son départ pour l’Afrique du Nord.

Prendre le large | Morel, Gaël (Réalisateur)

 

Gaël Morel filme avec beaucoup de sobriété l’existence d’Édith, désœuvrée et résignée et qui s’accroche au dernier bastion solide qui lui reste : le travail. Contrairement à tous ses collègues qui refusent cette proposition, Édith part. On la sent déterminée mais naïve.

L’univers si nouveau qu’elle rencontre à Tanger, dans le privé comme dans le professionnel l’accable parfois mais sa résignation la fait tenir. Les conditions de travail, la pression religieuse à laquelle bien des femmes se soumettent, la renversent mais elle se relève et trouve dans l’amitié avec sa logeuse et son fils un soutien et une nouvelle famille.

Tanger apparaît comme une ville en plein essor, sous le soleil, le large Atlantique, d’un bleu franc et lumineux apparaît de manière récurrente et laisse entrevoir cet horizon possible pour Édith, malgré les obstacles.

Les personnages de ce film ont une place fort juste dans cette histoire, et montrent un réalisme très crédible. L’harmonie et l’équilibre règnent dans les jeux des acteurs et le scénario, qui déroule une histoire convaincante et subtile.

 

Pour découvrir ce film,  vous pouvez emprunter le DVD à la Médiathèque mais également en accédant à la plateforme Médiathèque Numérique sur le site de la Médiathèque en vous connectant à votre compte.

Prendre le large | Morel, Gaël (Réalisateur)

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Mai 1968 : un tournant dans l’histoire du travail

3 Mai

Dans les esprits, 68 est souvent porté par la révolte étudiante. Pourtant, mai 68 a été l’un des mouvements sociaux français les plus importants du siècle en termes de manifestations et de revendications ouvrières à travers tout le pays.

1968 : un contexte économique en perte de vitesse

En 1968, La France sort tout juste des Trente Glorieuses. À partir du milieu des années 1960, l’exploitation du travail à la chaîne connaît une perte d’efficacité et les patrons cherchent à la compenser par la baisse des salaires et l’aggravation des conditions de travail jusqu’alors dominé par une tradition taylorienne qui émiette les tâches, sépare la conception de l’exécution. La pénibilité et la dangerosité du travail nourrissent un mécontentement croissant chez les travailleurs auquel s’ajoute le sentiment d’être exclus de la prospérité engendrée par la croissance économique de ces dernières années. Les progrès technologiques font en effet apparaître le fait que l’on a moins besoin de « travailleurs à la chaîne » mais bien de « travailleurs capables d’initiatives ». Le patronat autoritaire et paternaliste est donc remis en cause par une demande d’autonomie des ouvriers qui réclament aussi plus de considération de la part de leurs contremaîtres. Si la question du pouvoir dans l’entreprise est au centre des discussions, les salaires, qui sont pourtant parmi les plus bas de la CEE, commencent à baisser ce qui ne fait qu’augmenter la colère des travailleurs. Le spectre du chômage commence à faire son apparition : une personne sur six connait dans son entourage proche quelqu’un qui a perdu son emploi. Le pays compte alors 500 000 chômeurs, ce qui peut paraître dérisoire aujourd’hui. Un chiffre important pour l’époque compte tenu de la situation économique encore croissante mais qui commence à donner des signes de faiblesse.

Quelques chiffres représentatifs de la société française en 68 (49,7 millions d’hab.)

Chiffres du travail :

  • Congés payés : 3 semaines
  • Part des femmes dans la population active : 37,9%
  • Nombre d’ouvriers: 38% de la population active
  • Secteur agricole : 1/5 de la population
  • SMIG horaire : 2,2 francs

État du logement au 1er avril 1968 :

  • Sans eau courante : 9%
  • Surpeuplés : 31%
  • WC sur le palier : 48%
  • Sans eau chaude : 50%
  • Sans baignoire ni douche : 53%
  • Sans chauffage central : 65%
  • Sans téléphone : 85%
  • Bidonvilles : 75000 personnes

Les jeunes sont les premiers touchés par la montée du chômage

D’un point de vue économique, partout en France le schéma est le même : une industrialisation insuffisante et un sous-emploi qui touchent principalement les plus jeunes. En effet, nombre d’entre eux sont sans aucune formation professionnelle et à contrario, ceux qui en possèdent une, ne trouvent pas d’emploi dans la spécialité où ils ont été formés. Les certificats d’aptitude professionnelle (CAP), trop spécialisés, ne préparent plus aux futures conversions. Paradoxalement, le même phénomène atteint certains cadres. Lorsque leur branche ou leur région décline, de part leur spécialisation, ils ne peuvent se convertir puisque leur formation initiale et leur expérience ne sont pas suffisamment polyvalentes. D’où ce phénomène étrange avec d’un côté une pénurie de compétences, et de l’autre un accroissement du chômage des cadres. Face à ce constat, le gouvernement doit alors créer l’ANPE (nouvelle fenêtre), dès 1967

L’explosion

Alors qu’en 1963 le pays avait été déjà marqué par les grèves des mineurs (nouvelle fenêtre), c’est au cours des années 1966 et 1967 (nouvelle fenêtre), que vont s’intensifier d’importants conflits dans plusieurs secteurs de l’économie. Toute une série d’industries, notamment celles de la sidérurgie, du textile ou de la construction navale, vont connaitre une baisse de productivité et perdent des emplois, ce qui marque le signe d’un premier mouvement de désindustrialisation qui affecte principalement les «vieilles régions industrielles» : bassins houillers du Nord-Pas-de-Calais ou de Saône-et-Loire, bassins textiles des vallées vosgiennes, etc. C’est ainsi que Lyon, Bordeaux, Besançon, Le Mans, Saint-Étienne vont tour à tour connaitre des manifestations de plus en plus virulentes signalant un mécontentement ouvrier croissant.

1967 Grève Lyon

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1968 : Dès le début de l’année la contestation continue de se propager dans le monde du travail, entraînant rapidement dans la grève générale des fleurons industriels aussi symboliques que l’usine Renault de Boulogne-Billancourt ou les sites sochaliens de Peugeot : occupations d’usines, séquestrations de dirigeants, interruption des services publics de transport, de courrier et de l’ O.R.T.F. (Office de radiodiffusion-télévision française) ….

…. Le 13 mai 1968,  une journée de grève interprofessionnelle contre la répression du mouvement ob_021f13_13-mai-1968étudiant et la politique gouvernementale est organisée partout dans le pays avec pour le mot d’ordre : « Étudiants, travailleurs, tous unis ».

 

 

 

Pendant trois semaines, du 20 mai à la mi-juin, le pays entier est bloqué (nouvelle fenêtre). Toutes les catégories de la population active française sont représentées parmi les grévistes : hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, français et immigrés, OS (ouvriers spécialisés), OQ (ouvriers qualifiés) et également des cadres.

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Conséquences de mai 68

Face à l’ampleur du mouvement contestataire, le gouvernement qui avait jusqu’ici refusé le dialogue, accepte alors de discuter avec les syndicats et convoque le 25 mai une réunion tripartite entre gouvernement, patronat et syndicats. Les négociations ont lieu au ministère des affaires sociales et dureront deux jours.

Elles aboutissent le 27 mai aux accords de Grenelle (nouvelle fenêtre)

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Séance de clôture des « Accords de Grenelle » en présence du premier ministre Georges Pompidou, , de Jean-Marcel Jeanneney, ministre des affaires sociales, de Jacques Chirac, secrétaire d’Etat à l’emploi, de Jacques Legrand, directeur général du travail et de l’emploi et de Georges Seguy, secrétaire général de la CGT.

Des accords qui portent sur les conditions de travail des ouvriers :

  • Augmentation du SMIC de 35 % (600 frs par mois)
  • Hausse des salaires de 10%
  • Création d’une section syndicale d’entreprise
  • Obtention d’une 4ème semaine de congés payés.
  • Réduction du temps de travail : semaine de 40 heures
  • Application du libre exercice du droit syndical dans les entreprises
  • Révision des conventions collectives

 

Les accords de Grenelle marque le début d’un mouvement législatif plus protecteur pour les salariés. Dans les textes, le droit du travail a été profondément bouleversé et le mouvement de mai 68 est un tournant dans les acquis favorables aux travailleurs.

  •  Accords de Grenelle, 27 mai 1968 : SMIG +35%, salaires +7%, 50% des jours de grèves payés, reconnaissance du droit syndical dans l’entreprise.
  • Loi du 27 décembre 1968 : reconnaissance de la section syndicale d’entreprise.
  • Loi du 2 janvier 1970 : création du SMIC (indexé sur la croissance de la production).
  • 20 avril 1970 : accord CNPF/Syndicats sur la rémunération mensuelle minimale des salaires qui sera généralisée en 1973
  • Loi du 16 mai 1971: instauration de la 4ème semaine de congés payés.
  • 9 juillet 1970 : accord interprofessionnel sur le droit individuel à la formation professionnelle.
  • Loi du 16 juillet 1971 : institution de la formation professionnelle continue.
  • Loi du 22 décembre 1972 : réaffirmation de l’égalité de rémunération entre hommes et femmes.
  • Loi du 27 décembre 1973 : création de l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail et d’une commission Amélioration des Conditions de Travail dans les CHS.

Pour en savoir plus, consultez le document réalisé avec le soutien de la Direction régionale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle d’Ile de France sur le site du Ministère du Travail  (nouvelle fenêtre).

Ça s’est passé le… 08 et 09 avril

8 Avr

Europe1, en partenariat avec le Forum Elle Active, a organisé deux journées spéciales (nouvelle fenêtre) consacrées aux femmes dans le monde du travail en 2026, les 08 et 09 avril 2016 à Paris. Comment travaillerons-nous dans dix ans ? Comment se former et s’adapter ? Ces questions sont le fil conducteur de Elle Active (nouvelle fenêtre), le forum des femmes au travail.

Le Rapport mondial 2016 sur la parité entre hommes et femmes du forum économique mondial indique que la parité économique entre les sexes se fera dans 170 ans ! Il va falloir s’armer de patience et attendre donc 2186 !

Selon ce Rapport (nouvelle fenêtre), « le monde risque de gâcher un nombre alarmant de talents s’il n’agit pas rapidement pour réduire les inégalités entre les sexes qui peuvent compromettre la croissance et priver certaines économies de possibilités concrètes de développement ».

Égalité hommes-femmes dans le monde du travail : chiffres clés 2015 (nouvelle fenêtre).

Comment les femmes actives s’imaginent-t-elles dans dix ans ? Quel regard portent-elles sur les bouleversements en cours dans le monde du travail ? Ipsos a interrogé des hommes et des femmes constituant un échantillon représentatif de la population des actifs en France de plus de 18 ans, pour faire le point sur leur situation au travail, leurs perspectives de changement et leur vision du monde du travail dans dix ans. Il ressort de cette enquête (nouvelle fenêtre) que les Français sont prêts à s’adapter au changement, notamment les plus jeunes : mobilité, flexibilité, indépendance sont les mots qui qualifient le travail de demain.

Face à cette transformation, les femmes se déclarent prêtes :

  • à gagner en compétence
  • à se diriger vers les métiers à forte valeur ajoutée qui restent protégés
  • à investir le champ de ceux liés aux technologies numériques

Il faudra se former et s’adapter continuellement, parce que 50% des métiers du futur n’existent pas actuellement et que nous aurons certainement plusieurs vies professionnelles. Pour se former aux compétences numériques, les Moocs (nouvelle fenêtre), les cours en ligne, se multiplient. L’exemple d’un femme, Cécile Dejoux (nouvelle fenêtre), professeure d’université, montre cet engouement pour apprendre : 110 000 personnes on déjà suivi ses formations sur le management et les ressources humaines.

Il faudra travailler en mode start-up (nouvelle fenêtre). C’est un mode de travail collaboratif avec une prise de risques, caractérisé par la flexibilité des horaires, pouvoir travailler chez soi sans compter ses heures, tirer profit de l’essor de l’économie du numérique. L’espace du travail sera aussi transformé. Le bureau sera nomade et hybride. Les espaces d’un genre nouveau fleurissent partout, comme l’explique l’article de Patricia D. sur ce blog.

Dans ce monde du travail en pleine recomposition, les femmes devraient profiter pleinement de ces transformations. Aujourd’hui, nous assistons à une révolution des compétences. Cette révolution des compétences pourrait jouer en faveur des femmes, d’après l’article de Mara Swan de ManpowerGroup du 18/01/2017 (nouvelle fenêtre) :

À l’avenir, ce n’est plus le sexe qui comptera, ce seront les compétences – les femmes auront un accès à l’emploi égal à celui des hommes, bénéficieront de la même représentation  et auront accès aux mêmes opportunités professionnelles à des salaires équivalents.

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