Tag Archives: Conditions de travail

Au temps des impressionnistes : l’artiste peintre, un métier en pleine mutation…

3 Oct

Dans le cadre de l’exposition « Levallois au temps des impressionnistes » (nouvelle fenêtre), le blog B.R.E.F. de la Médiathèque de Levallois vous propose un article sur l’évolution du métier d’artiste peintre, transformation économique et sociale directement liée à la naissance du mouvement impressionniste.

Pratiques artistiques du début du XIXème siècle : du système académique au mouvement impressionniste

En ce début de siècle, l’École des Beaux-Arts, qui remplace depuis 1819 la section enseignante de l’ancienne Académie royale de peinture et de sculpture créée par Louis XIX (nouvelle fenêtre) , était le passage obligé pour devenir peintre ou sculpteur. Selon les grands principes de l’Académie, y était enseigné le dessin (anatomie, perspective, modèle vivant, géométrie), et l’histoire (histoire biblique, mythologie et histoire antique).

Le cursus artistique se terminait par le prestigieux concours des prix de Rome (nouvelle fenêtre) qui permettait aux artistes de pouvoir être exposés au « salon officiel » organisé par l’Académie. Les lauréats partaient ensuite étudier les grands maitres de la Renaissance en Italie. Les productions étaient ensuite exposées au Salon Officiel organisé par l’Académie. L’artiste devait impérativement se soumettre aux codes artistiques :

  • Respecter la hiérarchie des genres : la peinture d’Histoire mythologique, biblique et représentative de grands événements ou personnages historiques était jugée bien supérieure au paysage, à la nature morte.
  • Respecter une hiérarchie des formats : le grand format pour la peinture d’histoire et le petit format pour la nature morte.
  • Affirmer la primauté du dessin sur la couleur
  • Souci du détail
  • Privilégier le travail en atelier par rapport au travail en plein air
  • Réaliser des œuvres dites « achevées »: c’est-à-dire à l’aspect fini et de facture bien lisse.

En ce début de siècle, peindre était donc l’expression d’un art qui exigeait l’apprentissage du dessin avec un souci scrupuleux du détail, tout en mettant l’accent sur l’image glorieuse du pouvoir lequel en était le principal commanditaire !

Comment un jeune artiste non attaché aux principes esthétiques des Beaux-Arts et sans l’appui d’un mécène fortuné pouvait-il alors espérer trouver sa place dans un milieu hostile à toute nouveauté ?

Vers d’autres formes d’expression…

A partir des années 1840, la sélection du jury du salon va être fortement controversée notamment en ce qui concerne l’incompétence et l’arbitraire des jurés. Les critères de sélection d’admission au Salon sont contestés : d’autres salons et expositions à caractère indépendant vont se multiplier alors en marge du Salon officiel…

Les expositions universelles

C’est d’abord l’instauration de gigantesques expositions réunissant « tous les pays d’Orient et d’Occident ». Consacrées à leurs débuts à l’industrie et aux techniques, celles-ci vont s’ouvrir peu à peu aux productions artistiques.

C’est ainsi qu’à l’exposition universelle de 1855, l’édifice de la section des Beaux-Arts (peinture, gravure, lithographie, sculpture et médailles, architecture) va accueillir 2176 artistes dont 1072 Français. Les peintres Eugène Delacroix, Dominique Ingres et Ernest Meissonier y figurent parmi les lauréats français, tandis que Gustave Courbet se singularise en exposant ses oeuvres au « pavillon du Réalisme », en marge de l’exposition officielle. Un élan qui va provoquer dans le monde de l’art des mutations rapides tant sur le plan artistique qu’institutionnel avec la confrontation entre un art dit officiel défendu par le pouvoir et les institutions, et l’émergence d’un art appelé moderne, poussés par des groupes d’artistes avant-gardistes qui vont se développer par l’intermédiaire des premiers marchands d’art et des mécènes privés et non plus par le biais du salon officiel qui refuse leurs œuvres.

Du salon des refusés (1863) au salon des indépendants (1873) : naissance du mouvement impressionniste

C’est donc dans un contexte tendu que l’empereur Napoléon III va autoriser la création du « salon des refusés » ayant pour objectif de regrouper les œuvres rejetées au salon officiel afin d’offrir au public l’opportunité de se faire sa propre opinion. Parmi les artistes qui y participent Manet et son fameux « déjeuner sur l’herbe ». Si le salon connait alors un immense succès, dépassant même celui du « véritable » salon, les critiques n’en sont pas moins virulentes et c’est à ce titre, qu’en 1886, un certain Émile Zola, ami de Manet, décrit à travers le chapitre V de son roman L’œuvre, une scène historique, celle de la réception par le public, des œuvres du salon des refusés et s’inspirant du Déjeuner sur l’herbe de Manet. Il y décrit les rires, les furies et les moqueries provoquées par le tableau intitulé, dans le roman, Plein Air signé Claude Lantier, le personnage principal :

« Dès la porte, il voyait se fendre les mâchoires des visiteurs, se rapetisser les yeux, s’élargir le visage […] Et les mots d’esprits pleuvaient plus drus qu’ailleurs, c’était le sujet surtout qui fouettait la gaieté : on ne comprenait pas, on trouvait ça insensé, d’une cocasserie à se rendre malade […] Est-ce qu’on laisserait outrager l’art ? De vieux messieurs brandissaient des cannes. Un personnage grave s’en allait, vexé, en déclarant à sa femme qu’il n’aimait pas les mauvaises plaisanteries ».

dejeuner herbe

Le déjeuner sur l’herbe – Edouard Manet – 1863

Le Salon des refusés n’ayant pas adhéré à la nouvelle peinture, ne va pas décourager un groupe d’artistes qui a pris l’habitude de se réunir le vendredi soir au café Guerbois, 11 avenue de Clichy (disparu aujourd’hui mais marqué par une plaque), non loin de l’atelier de Manet. Bien décidés à exercer librement leur art, ils décident ensemble de faire connaitre eux-mêmes leur peinture et c’est le 27 décembre 1873 qu’ils créent une société anonyme : la Société anonyme coopérative des artistes peintres, sculpteurs et graveurs. Les fondateurs se nomment entres autres : Pissaro, Renoir, Degas, Monet, Guillaumin, Berthe Morisot, ils ont tous en commun de vouloir dépasser la simple imitation de la réalité, laissant libre cours aux émotions perçues par les variations de la lumière qu’ils traduisent par des jeux de peinture (effets de flous). La première exposition ouvre ses portes le 15 avril 1874, dans les anciens ateliers du photographe Nadar, une succession de grandes pièces réparties sur deux étages éclairées par de vastes verrières donnant sur le boulevard des Capucines. Le succès n’est pas au rendez-vous (la critique, une fois encore, se jette avec férocité sur cette nouvelle peinture). Pour la toute première fois, le terme impressionnisme est employé sous la plume de Louis Leroy, critique d’art, qui lance cette expression à connotation plutôt négative de sa part.

Monet-impression-soleil-levant

Impression soleil levant – Claude Monet – 1872

La Société anonyme coopérative des artistes peintres organisera en tout huit expositions parisiennes de 1874 à 1886. Elles seront les marqueurs chronologiques de l’histoire de ceux que l’on nomme désormais impressionnistes, ce groupe de jeunes artistes dont les priorités et la composition n’auront de cesse de varier (seul le peintre Camille Pissarro participera à l’ensemble des huit manifestations).

Le_Petit_journal expo 7 avril 1877

Le rôle de la presse

Les premiers salons impressionnistes, on l’a évoqué, n’eurent pas les faveurs de la presse y compris celle des journalistes républicains pourtant a priori favorables à l’initiative du groupe et à son désir d’indépendance à l’égard des structures artistiques officielles (académie, Salon, École des Beaux-Arts). Pourtant, c’est par le biais des revues et des journaux que les critiques vont pouvoir exposer au plus grand nombre l’audace de ces jeunes peintres et former leurs lecteurs à un autre regard sur l’art et sur les artistes en devenir, contribuant ainsi à l’émergence de toute une dynamique artistique en marge du circuit officiel.

« J’avoue que la toile qui m’a le plus longtemps arrêté est la “Camille”, de M. Monet. C’est là une peinture énergique et vivante […]. Regardez les toiles voisines, et voyez quelle piteuse mine elles font […]. Voyez la robe : elle est souple et solide. Elle traîne mollement, elle vit » écrit Émile Zola dans L’Événement du 11 mai 1866.

Le rôle des marchands d’art

À partir ce moment, c’est toute l’organisation de la formation et de la carrière académique des peintres qui va peu à peu décliner. Dès lors les œuvres, diffusées dans des catalogues de vente grâce aux procédés modernes de la gravure, la lithographie puis de la photographie, vont entrer dans les intérieurs. Autour des ateliers vont alors se développer des quartiers marchands où vont être mis en vente les objets promus par les peintres. Des associations entre peintres et marchands se forment, un système marchand s’établit, système qui va contribuer au succès de la révolution impressionniste : la diffusion des œuvres d’art change d’échelle, le marché de l’art remplace le système académique des Beaux-Arts. Dans cette société artistique en voie de démocratisation, l’intérêt du public pour l’art ne fait que grandir ce qui engendre très vite un véritable marché de productions artistiques. Les galeries assurent désormais la promotion des artistes par le biais de la publicité et c’est surtout dans les salles de ventes aux enchères, que l’art contemporain (on disait « moderne » à l’époque) va prendre de la valeur. Les tableaux des artistes soutenus par les marchands deviennent alors de véritables objets d’investissement et de spéculation. Galeristes et critiques deviennent des personnages incontournables dans un domaine en plein bouleversement. L’ouverture de ce marché indépendant dit « système marchands-critiques » change définitivement le statut des artistes.

SALON ROSE DURAND

Au cours des trois dernières décennies du XIXe siècle, Paul Durand-Ruel (nouvelle fenêtre) sera le marchand d’art et le principal soutien moral et financier des impressionnistes. Visionnaire, il fut le premier à faire le pari de l’impressionnisme au début des années 1870 en achetant et en exposant les œuvres rejetées, inventant du même coup un nouveau métier, celui de marchand d’art contemporain. C’est d’ailleurs lui qui organisa en 1876 la seconde exposition du groupe des peintres impressionnistes dans ses locaux, 11 rue Le Peletier.

« Sans Durand, nous serions morts de faim, nous tous les impressionnistes. Nous lui devons tout ».

Ainsi s’exprimait au soir de sa vie le peintre Claude Monet au sujet de celui qui fut le principal artisan de la consécration de l’impressionnisme.

Une autre approche du métier de peintre…

L’atelier de l’artiste, qui était un lieu d’enseignement et de production au début du XIXe siècle, devient un espace à la fois social, architectural et commercial. Les peintres prennent une place nouvelle dans le « Tout-Paris ». Ils deviennent des figures incontournables des mondanités bourgeoises et la fréquentation de leurs ateliers une mode. La présence des artistes est recherchée par toutes les strates de la bourgeoisie qui ne craint plus la proximité de ce qu’ils appelaient les « écoles de mauvaises mœurs ». Le peintre est reconnu comme profession libérale et indépendante.

Conclusion

D’abord incompris, attaqués, méprisés, ignorés, longtemps tenus dans l’esprit du grand public, pour des « peintres maudits », ces artistes d’un genre nouveau surent profiter des opportunités offertes par toutes les innovations de la révolution industrielle telle que l’apparition du chemin de fer ou de la peinture en tube qui leurs permis de parcourir facilement les environs de Paris jusqu’à la Normandie pour faire de la peinture de plein air un moyen d’expression privilégié….

À la fin du siècle, l’impressionnisme s’est donc imposé comme un mouvement de référence à côté de l’Académisme. Un courant révolutionnaire qui va pourtant très vite se diversifier au vue des individualités fortes qui le compose. Il annonce en effet les œuvres de Paul Gauguin qui va simplifier les formes et libérer la couleur, celle du Hollandais Van Gogh dont les œuvres expressionnistes (nouvelle fenêtre) annoncent au début du XXème le fauvisme (nouvelle fenêtre) de Derain et de Vlaminck (pour eux la couleur pure, et agressive prime le dessin) ou encore celle de Cézanne dont les patientes recherches géométrisantes préparent le cubisme (nouvelle fenêtre) qui s’épanouit à la veille de la guerre avec Braque et Picasso pour qui au contraire la forme géométrisée et éclatée supplante la couleur volontairement éteinte dans des gris et des ocres.

AFF-Levallois-au-temps-des-impresionnistes

Les congés payés et la naissance du tourisme social

17 Juin

Les congés payés : une innovation sociale majeure

Les congés payés désignent les périodes de repos au cours desquelles le salarié est payé par l’employeur en raison d’une obligation légale mise en oeuvre dans son pays (nouvelle fenêtre).

En France, les premiers congés payés datent du XIXème siècle sous le règne de l’empereur Napoléon III, mais ils ne concernaient qu’une fraction restreinte de la population : les fonctionnaires. C’est surtout la date du 7 juin 1936, sous l’égide du front populaire, que l’on retient comme date-symbole puisque pour la première fois tous les salariés vont avoir le droit de prendre dans l’année deux semaines de congés payés avec une indemnité journalière égale au salaire. Une circulaire du 6 juillet 1936 en précise la période, à savoir des vacances scolaires (du 14 juillet au 1er octobre), sauf pour les entreprises saisonnières.

Un concept qui n’aura de cesse d’évoluer (surtout durant la première moitié du XXème siècle) passant de deux à cinq semaines…

Chronologie

1936 : adoption de la loi sur les congés payés par le gouvernement de Front populaire permettant aux salariés de prendre deux semaines de congés payés. À partir de cette période, on peut donc affirmer que la légitimité des congés payés repose sur un droit.

1956 : Guy Mollet charge Albert Gazier (alors secrétaire général du syndicat des employés) de rédiger une loi pour créer une troisième semaine de congés payés.

1968 : les Français obtiennent une quatrième semaine de congés payés à laquelle s’ajoute une petite évolution : si deux conjoints travaillent dans la même société, ils peuvent désormais prendre leurs congés en même temps.

1982 : début de la présidence de François Mitterrand, les députés votent la cinquième semaine de congés payés.

Dans le monde…

Pays Nb de congés payés minimum Nb de jours fériés Classement jours fériés Nb de jours de congés payés Classement congés pays
UK 28 8 11 36 1
Pologne 26 11 8 37 2
Danemark 25 9 10 34 3
France 25 11 8 36 3
Suède 25 11 8 36 3
Brésil 22 11 8 33 6
Belgique 20 10 9 30 8
Japon 20 15 3 35 8
Chine 10 (dans les faits) 11 8 21 16
USA 15 (dans les faits) 10 9 25 19

Si les congés payés se sont généralisés à l’échelle internationale, leur durée diffère de façon très inégale et reste, dans beaucoup de pays, souvent liée à des accords d’entreprise. Ce sont la Chine et les USA qui recensent le moins de jours avec 10 et 15 jours et le Royaume-Uni le plus avec 28 jours. En Belgique, c’est en 1936 (quasiment en même temps que la France) que la loi est instaurée le 8 juillet. En Italie, le principe est introduit dans le Code Civil en 1942. En Allemagne, si des conventions collectives comportaient déjà au début du XXème siècle des dispositions sur les congés payés, il faudra attendre la loi fédérale de janvier 1963 pour que ceux-ci soient rendus obligatoires et que leur droit soit généralisé.

Les congés payés contribuent à créer un tourisme social

Avant 1936, les temps de loisirs étaient en effet réservés à une élite bourgeoise.  Les deux semaines de congés vont donner aux salariés la possibilité de s’adonner à des loisirs auxquels ils n’avaient jusqu’alors pas le temps de se consacrer.

1280px-Bathing_Time_at_Deauville-1865-Eugène_Boudin

«L’homme qui travaille a besoin de se recréer pendant ses heures de loisir. Pour répondre à cette nécessité, le tourisme, qui est une des formes les plus saines et les plus agréables de la vie en plein air, doit être mis à la portée de tous pendant les week-ends et les vacances.» Jean Zay.

Mais à l’été 36, malgré ce sentiment de nouvelle liberté, les départs en vacances sont encore trop rares, faute d’argent, faute de structures disponibles ou tout simplement de savoir où partir. Conscient de cette difficulté, les représentants du gouvernement populaire vont chercher les moyens d’organiser les loisirs des classes populaires pour leur permettre de profiter de ce temps libre. Démocratiser les loisirs permettrait à des milliers de familles de prendre la route des vacances !

Un « sous-secrétariat d’État à l’organisation des loisirs et des sports » est alors créé et c’est à Léo Lagrange qu’en est confiée la responsabilité. Dès l’été 1936, celui-ci instaure le « billet populaire de congé annuel » qui réduit de 40% le tarif d’un billet de train pour un salarié, son conjoint et un enfant mineur. À l’été 36, ce sont déjà 600 000 travailleurs qui vont en bénéficier ; ils seront 1 800 000 l’été suivant. Lagrange s’engage également à développer le réseau des auberges de jeunesse en s’appuyant sur des associations (nouvelle fenêtre). En moins de 4 ans, leur nombre va être multiplié par 100, passant de 40 en 1934 à 400 en 1938, même si, pour profiter de son temps libre, le moyen d’hébergement qui reste le plus accessible est le camping. Sans faire trop de kilomètres, il suffit d’une simple tente et d’une bicyclette pour partir à la campagne et passer du bon temps en famille ou entre amis ! En cet été 1936, l’heure est à l’insouciance….

Le développement du tourisme et des loisirs

Freiné durant les quatre années de conflit (1939/1945), l’essor du tourisme reprend à la libération. Dès 1946, le besoin de «partir en vacances» s’affirme, bien qu’il n’ait pas le même sens pour toutes les catégories de la population. On distingue les populations issues de l’exode rural qui retournent annuellement dans leur région d’origine, et les salariés urbanisés depuis plusieurs générations, sans plus de racines rurales qui recherchent des lieux de vacances et d’hébergement.

Des comités d’entreprise, issus directement du programme du Conseil National de la Résistance, sont créés en mai 1946 pour proposer aux salariés des prestations sociales et de loisirs et favoriser ainsi le départ en vacances des familles comme les villages de vacances et des gîtes ruraux mais aussi des enfants de salariés comme les colonies ou centres aérés (pendant que les parents travaillent).

Dès les années 60, la croissance économique, la hausse du pouvoir d’achat contribuent au développement d’une « classe moyenne». Avec les grands travaux de réseau de transport routiers, l’acquisition de l’automobile, les routes sont sillonnées par nombre de caravanes qui permettent de se déplacer plus librement et d’élargir les distances. L’apparition du Guide du Routard en 1973 (le premier exemplaire se vendra à 8500 exemplaires !), du chèque vacances en 1978 ainsi que les premiers groupes de voyage comme Nouvelles Frontières faciliteront l’accessibilité de tous à la pratique du tourisme.

 

Conclusion

Si les congés payés de 1936 ont apporté un nouveau droit social aux salariés, ils s’avèrent très vite être le coup d’envoi d’une nouvelle activité économique et culturelle, celle du tourisme qui va peu à peu devenir, face à l’individualisation des pratiques, une activité productiviste et marchande des loisirs entièrement dédiée à la consommation de masse.

Aujourd’hui à l’heure du numérique, à l’heure où l’économie du tourisme est devenu un moteur majeur de l’économie mondiale, à l’heure où les défis environnementaux sont cruciaux, à l’heure où seuls les matchs de football paraissent parfois être susceptibles de recréer du collectif, repenser un tourisme autrement fait partie des défis de demain afin que tous retrouvent les possibilités d’un temps vraiment libre source de ressourcement, de tissage des liens collectifs, de lien nouveau à l’environnement afin d’assurer un équilibre entre l’homme, l’économie et la nature en préservant les ressources et les milieux aussi bien au niveau local qu’à l’échelle planétaire.

c-est-les-vacances-2010-comp

 

« ÊtreS au Travail », une exposition parrainée par l’Organisation internationale du Travail

2 Mai

Source : ÊtreS au Travail – Sénat

Organisée à l’occasion du centenaire de l’OIT (Organisation internationale du Travail), l’exposition photographique « ÊtreS au Travail » a lieu jusqu’au 14 juillet 2019 à Paris sur les grilles du Jardin du Luxembourg. Cette exposition est réalisée par l’association Lumières sur le travail et par les étudiants de Master de Psychologie du Travail et d’Ergonomie de l’Université Paris Nanterre.

« ÊtreS au Travail » (nouvelle fenêtre) rend hommage à la diversité du travail dans le monde au travers de 80 photographies issues de l’agence Magnum Photos et de photographes indépendants, et comprend :

  • 34 photographes du monde entier
  • 23 pays
  • 4 continents
  • 38 secteurs d’activité
  • 57 métiers mis à l’honneur
  • 80 textes écrits par des spécialistes des sciences humaines et sociales

Cette exposition met en lumière des hommes et des femmes dont on oublie l’existence mais qui exercent chaque jour un travail indispensable. Les différentes photos exposées nous font découvrir le travail caché d’une diversité de travailleurs dans le monde saisis dans leur tâche quotidienne. Elle témoigne des enjeux du travail et montre que celui-ci peut-être une souffrance et une aliénation tout en nous interrogeant sur le travail d’aujourd’hui et de demain.

Témoignages de travailleurs :

Les profondes mutations du monde du travail au 21ème siècle remettent en questions les valeurs humaines essentielles et les principes et droits fondamentaux des travailleurs. Créée en 1919, l’OIT célèbre cette année ses 100 ans. Plaquette de l’OIT PDF 25.2 MB (nouvelle fenêtre).

L’OIT (nouvelle fenêtre) est l’agence des Nations-Unis pour le monde du travail. Elle compte 187 pays membres. Ses missions principales sont de faire progresser la justice sociale dans le monde, de maintenir la paix entre les différents états, et de promouvoir le travail décent au travers de différentes actions :

  • Créer des emplois décents pour les hommes et les femmes
  • Étendre la protection sociale
  • Promouvoir le dialogue social et renforcer le tripartisme
  • Garantir les droits au travail au niveau mondial

Tous les ans en juin, l’OIT se réunit à l’occasion de la Conférence internationale du travail durant laquelle les normes du travail sont discutées et adoptées. L’OIT élabore des politiques et conçoit des programmes visant à promouvoir le travail décent pour tous dans le monde. Sont but est de réunir les gouvernements, les employeurs et les travailleurs de ses pays membres  dans le cadre d’une institution tripartite afin de mener une action commune.

Tournée vers l’avenir et le travail de demain, l’OIT va présenter en 2019 des propositions afin de Travailler pour bâtir un monde meilleur. (Rapport du 22/01/19 (nouvelle fenêtre)). L’OIT préconise de mettre en place :

→ Un droit universel à la formation tout au long de sa vie

→ Un « programme de transformation » pour l’égalité des genres

→ Une protection sociale universelle de la naissance à la vieillesse

→ Une représentation collective des travailleurs et du dialogue social

(Source : Rebondir Transformation du monde du travail, l’OIT adresse ses recommandations) (nouvelle fenêtre).

À La Médiathèque :

%d blogueurs aiment cette page :