Archive by Author

Les contrats aidés sont-ils inefficaces contre le chômage?

4 Sep

Mis en place il y a près de 30 ans, les contrats aidés (nouvelle fenêtre) regroupent plusieurs types de contrats destinés à accompagner les chômeurs dans leur retour à la vie professionnelle : formations en alternance, métiers d’avenir ou encore contrats uniques d’insertion (CUI). Ils consistent à diminuer « les coûts d’embauche ou de formation de certains salariés pour les employeurs ». Le budget 2017 voté lors du quinquennat précédent prévoyait la création de 280.000 contrats aidés, cette année il représente 2,4 milliards d’euros. Un budget conséquent pour l’État et une mesure jugée inefficace par la ministre du Travail Muriel Pénicaud. Est-ce que cela signifie la fin des contrats aidés ? Qu’en est-il vraiment ?

Après les aides au logement et les dotations aux collectivités territoriales, le gouvernement s’attaque aux emplois aidés. Interrogée au début du mois d’août à l’Assemblée nationale sur le devenir de ces contrats financés en partie par l’État pour favoriser l’insertion professionnelle, Muriel Pénicaud les a jugés « coûteux » et « pas efficaces dans la lutte contre le chômage ». La réduction massive du nombre de contrats aidés par le gouvernement pourrait mettre en difficulté les communes et les associations pour la rentrée scolaire. Sans l’aide de l’État, ces emplois deviendraient difficilement finançables. Ces contrats à destination des moins de 26 ans et des demandeurs d’emploi sont financés entre 65 et 75 % par l’État et permettent aux collectivités locales de pourvoir des postes dans les fonctions périscolaires ou dans le domaine social ou encore la dépendance.

La diminution des contrats aidés décidée par le gouvernement est « une décision inacceptable et surtout intenable tant elle va dégrader la cohésion nationale », a estimé le Parti Socialiste dans un communiqué du 22 août dernier sur le site Lepoint.fr. (nouvelle fenêtre). Cette décision est « un nouveau coup dur pour les collectivités locales qui font traditionnellement appel aux emplois aidés pour remplir certaines missions de service public », explique le parti.

À La Réunion, où la rentrée scolaire a dû être repoussée dans plusieurs communes prises de court (faute du financement permettant le recrutement de personnel parascolaire), la colère des maires s’est manifestée le 8 août avant qu’ils ne soient reçus par le préfet qui leur a promis 1.800 emplois aidés d’urgence. « L’emploi aidé à La Réunion n’est pas de l’assistanat, mais correspond bien à de vrais postes de services », a déclaré mercredi dernier Jean-Hugues Ratenon député France Insoumise (FI) de la Réunion à l’Assemblée nationale.

Le Premier ministre Édouard Philippe s’est quant à lui exprimé dans une interview sur BFMTV le jeudi 24 août sur les contrats aidés (nouvelle fenêtre), réévaluant à 320 000 le nombre de contrats aidés pour 2017. Mais il a laissé entendre que le tour de vis serait beaucoup plus fort en 2018, tout en assurant que le gouvernement ferait « en sorte que l’utilisation des contrats aidés dans l’éducation nationale et les outre-mer soit préservée ».

Le gouvernement a finalement consenti à accorder une nouvelle rallonge de contrats aidés, portant l’enveloppe à 310 000 signatures ou renouvellements en 2017, selon une instruction adressée par le ministère du Travail aux préfets le 18 août dernier. Cette rallonge s’inscrit néanmoins « dans un contexte de réduction des volumes de contrats aidés (nouvelle fenêtre) », note la DGEFP (Délégation Générale à l’Emploi et à la Formation Professionnelle).

Publicités

Chômage et démission : que propose Emmanuel Macron?

1 Juin

« Nous ouvrirons les droits à l’assurance-chômage aux salariés qui démissionnent. Tous les cinq ans, chacun y aura droit, s’il choisit de démissionner pour changer d’activité ou développer son propre projet professionnel (…). » Evoquée initialement lors de sa campagne à l’occasion d’un meeting au Mans en octobre 2016, l’idée selon laquelle un salarié démissionnaire pourrait toucher l’allocation chômage a suscité de vives réactions chez les opposants à l’actuel Président.

Quels avantages pour les employés?

Si actuellement les salariés que l’entreprise souhaite licencier peuvent négocier un départ « amiable » avec leur employeur grâce à la rupture conventionnelle, ce n’est pas le cas pour les démissionnaires. En leur permettant de le faire, Emmanuel Macron souhaite favoriser la mobilité professionnelle, l’initiative personnelle et donner ainsi la possibilité à des salariés de lancer leur activité, de se reconvertir ou tout simplement de changer d’employeur…

De nouvelles conditions pour toucher le chômage après une démission ?

Monsieur Macron va plus loin en permettant aux démissionnaires et aux indépendants de toucher l’allocation chômage.

  • En autorisant le droit à la mobilité tous les 5 ans seulement.
  • En proposant également un renforcement du contrôle des demandeurs d’emploi avec la promesse de multiplier par 5 le nombre de conseillers de Pôle Emploi dédiés au contrôle de la recherche d’emploi. Ce qui signifie que les demandeurs d’emploi auront l’obligation de rendre compte chaque mois de leurs démarches de recherche.

Plafonner le montant des indemnités accordées par les Prud’hommes fait aussi partie des projets de ce dernier. Selon un sondage Elabe pour Les Échos, Radio Classique et l’Institut Montaigne (nouvelle fenêtre), 44 % des citoyens sont favorables à une réforme du travail en profondeur mais plus de la moitié – 56 % exactement – rejette le plafonnement des indemnités aux Prud’hommes.

Que devient alors la rupture conventionnelle ?

L’année 2016 fut une nouvelle année record pour les ruptures conventionnelles. 389.862 ruptures conventionnelles sur 419.562 demandes enregistrées ont été validées par la direction du travail. Logiquement, la mise en place de l’assurance chômage pour tous, démissionnaires compris, devrait donc faire baisser le nombre de ruptures conventionnelles. Avec la possibilité une fois tous les 5 ans de démissionner en étant couvert par l’assurance-chômage, beaucoup de salariés écarteront véritablement la possibilité de négocier un départ « en échange » d’une indemnisation avec leur employeur.

Quelle relation salarié-employeur?

« Le fait d’être garanti par l’assurance-chômage après une démission pourrait entraîner une redistribution de la relation hiérarchique entre l’employeur et le salarié » selon Xavier Berjot (nouvelle fenêtre), avocat au Barreau de Paris.

Par conséquent l’employeur pourra être incité à fidéliser ses employés dans le but de favoriser leur engagement, d’améliorer leur satisfaction et ainsi de réduire le risque de démission, notamment s’il évolue dans un secteur en tension ou concernant des profils experts. Le salarié, quant à lui, disposera d’un levier de négociation supplémentaire quant à une potentielle augmentation de salaire.

Zoom sur le social selling

22 Mai

Très en vogue actuellement, le « social selling » est avant tout de la vente. Mais de la vente connectée, c’est-à-dire l’utilisation d’un facilitateur de vente : le pouvoir des réseaux sociaux appliqué au développement commercial des entreprises. Quel est le rapport avec la recherche d’emploi ?

Le recruteur y devient un client auquel le candidat souhaite vendre ses compétences, c’est-à-dire la personne qui va être intéressée par votre offre de service et accepter de payer un certain salaire pour pouvoir profiter de vos compétences. Pour poursuivre le parallèle, il suffit de remplacer le mot candidat par le mot vendeur, c’est-à-dire « vendeur de ses compétences ». Cette image peut déranger, cependant l’expression a le mérite d’aider à comprendre l’idée.

La méthodologie du social selling est simple, elle repose sur un processus en 4 étapes :

  1. Créer une marque et des profils professionnels (image & présentation)
  2. Trouver des prospects grâce à ses contacts (développer son réseau)
  3. Développer la confiance (diffuser le bon contenu au bon moment)
  4. Passer du virtuel au réel (convertir et conclure)

Selon le cabinet de recherche et de conseil Forrester (nouvelle fenêtre), 70% du processus d’achat est déjà complété lorsque l’acheteur fait appel à un vendeur. Les acheteurs modernes apprennent vite et par eux-mêmes, grâce à l’Internet et aux réseaux sociaux entre autres. Ils consultent leurs contacts et les avis d’autres clients avant d’acheter.

La stratégie de social selling repose sur quatre piliers :

  • Les contacts : un bon commercial est une personne de contacts. Sa richesse, c’est son réseau. La base de toute relation commerciale payante repose sur la connaissance des personnes et des entreprises, la compréhension de leurs besoins. Des réseaux professionnels comme LinkedIn ou Viadeo sont une incroyable source d’informations.
  • Le contexte : pour vendre il faut être pertinent, c’est-à-dire être capable de situer les événements dans leur contexte, d’interpréter correctement les situations et les signaux. De ce fait, connaître le contexte avant un rendez-vous ou une négociation permet de préparer des propositions et des arguments vraiment pertinents.
  • Les contenus : le contenu est votre carburant pour éveiller l’intérêt et développer la confiance de votre réseau. Toujours d’après une étude réalisée par Forrester  que résume l’infographie Social selling anatomy of a B2B décision maker ©Gerry Moran (nouvelle fenêtre), 81% des décideurs B2B (nouvelle fenêtre) fréquentent les réseaux sociaux pour les aider dans leurs décisions d’achat.
  • La conversion : le principal intérêt du social selling est de réduire largement le cold calling (appel à froid), en le remplaçant par des échanges plus humains et un accompagnement moins intrusif sur les réseaux sociaux. Il est certain qu’il faut ensuite passer du virtuel au réel pour conclure.

Le social selling est devenu incontournable. Il en résulte un changement de mentalité des commerciaux mais aussi de l’ensemble de l’entreprise qui doit soutenir cette transformation. Celui-ci aura un impact vraiment positif sur l’entreprise à condition qu’il devienne la nouvelle norme. Et avantage non négligeable, le social selling ouvre de nouveaux horizons à l’échelle internationale puisqu’il permet aisément, grâce à une présence web active, de trouver des clients un peu partout dans le monde, d’entrer en contact et d’interagir avec eux, pour finalement vendre ses produits et services plus efficacement.

Retrouvez sur La Médiathèque (nouvelle fenêtre) en ligne ces ouvrages sur le sujet :

Faire du marketing sur les réseaux sociaux        Le commerce connecté       Les fiches outils de webmarketing   e-marketing et e-commerce

%d blogueurs aiment cette page :