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Mai 1968 : un tournant dans l’histoire du travail

3 Mai

Dans les esprits, 68 est souvent porté par la révolte étudiante. Pourtant, mai 68 a été l’un des mouvements sociaux français les plus importants du siècle en termes de manifestations et de revendications ouvrières à travers tout le pays.

1968 : un contexte économique en perte de vitesse

En 1968, La France sort tout juste des Trente Glorieuses. À partir du milieu des années 1960, l’exploitation du travail à la chaîne connaît une perte d’efficacité et les patrons cherchent à la compenser par la baisse des salaires et l’aggravation des conditions de travail jusqu’alors dominé par une tradition taylorienne qui émiette les tâches, sépare la conception de l’exécution. La pénibilité et la dangerosité du travail nourrissent un mécontentement croissant chez les travailleurs auquel s’ajoute le sentiment d’être exclus de la prospérité engendrée par la croissance économique de ces dernières années. Les progrès technologiques font en effet apparaître le fait que l’on a moins besoin de « travailleurs à la chaîne » mais bien de « travailleurs capables d’initiatives ». Le patronat autoritaire et paternaliste est donc remis en cause par une demande d’autonomie des ouvriers qui réclament aussi plus de considération de la part de leurs contremaîtres. Si la question du pouvoir dans l’entreprise est au centre des discussions, les salaires, qui sont pourtant parmi les plus bas de la CEE, commencent à baisser ce qui ne fait qu’augmenter la colère des travailleurs. Le spectre du chômage commence à faire son apparition : une personne sur six connait dans son entourage proche quelqu’un qui a perdu son emploi. Le pays compte alors 500 000 chômeurs, ce qui peut paraître dérisoire aujourd’hui. Un chiffre important pour l’époque compte tenu de la situation économique encore croissante mais qui commence à donner des signes de faiblesse.

Quelques chiffres représentatifs de la société française en 68 (49,7 millions d’hab.)

Chiffres du travail :

  • Congés payés : 3 semaines
  • Part des femmes dans la population active : 37,9%
  • Nombre d’ouvriers: 38% de la population active
  • Secteur agricole : 1/5 de la population
  • SMIG horaire : 2,2 francs

État du logement au 1er avril 1968 :

  • Sans eau courante : 9%
  • Surpeuplés : 31%
  • WC sur le palier : 48%
  • Sans eau chaude : 50%
  • Sans baignoire ni douche : 53%
  • Sans chauffage central : 65%
  • Sans téléphone : 85%
  • Bidonvilles : 75000 personnes

Les jeunes sont les premiers touchés par la montée du chômage

D’un point de vue économique, partout en France le schéma est le même : une industrialisation insuffisante et un sous-emploi qui touchent principalement les plus jeunes. En effet, nombre d’entre eux sont sans aucune formation professionnelle et à contrario, ceux qui en possèdent une, ne trouvent pas d’emploi dans la spécialité où ils ont été formés. Les certificats d’aptitude professionnelle (CAP), trop spécialisés, ne préparent plus aux futures conversions. Paradoxalement, le même phénomène atteint certains cadres. Lorsque leur branche ou leur région décline, de part leur spécialisation, ils ne peuvent se convertir puisque leur formation initiale et leur expérience ne sont pas suffisamment polyvalentes. D’où ce phénomène étrange avec d’un côté une pénurie de compétences, et de l’autre un accroissement du chômage des cadres. Face à ce constat, le gouvernement doit alors créer l’ANPE (nouvelle fenêtre), dès 1967

L’explosion

Alors qu’en 1963 le pays avait été déjà marqué par les grèves des mineurs (nouvelle fenêtre), c’est au cours des années 1966 et 1967 (nouvelle fenêtre), que vont s’intensifier d’importants conflits dans plusieurs secteurs de l’économie. Toute une série d’industries, notamment celles de la sidérurgie, du textile ou de la construction navale, vont connaitre une baisse de productivité et perdent des emplois, ce qui marque le signe d’un premier mouvement de désindustrialisation qui affecte principalement les «vieilles régions industrielles» : bassins houillers du Nord-Pas-de-Calais ou de Saône-et-Loire, bassins textiles des vallées vosgiennes, etc. C’est ainsi que Lyon, Bordeaux, Besançon, Le Mans, Saint-Étienne vont tour à tour connaitre des manifestations de plus en plus virulentes signalant un mécontentement ouvrier croissant.

1967 Grève Lyon

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1968 : Dès le début de l’année la contestation continue de se propager dans le monde du travail, entraînant rapidement dans la grève générale des fleurons industriels aussi symboliques que l’usine Renault de Boulogne-Billancourt ou les sites sochaliens de Peugeot : occupations d’usines, séquestrations de dirigeants, interruption des services publics de transport, de courrier et de l’ O.R.T.F. (Office de radiodiffusion-télévision française) ….

…. Le 13 mai 1968,  une journée de grève interprofessionnelle contre la répression du mouvement ob_021f13_13-mai-1968étudiant et la politique gouvernementale est organisée partout dans le pays avec pour le mot d’ordre : « Étudiants, travailleurs, tous unis ».

 

 

 

Pendant trois semaines, du 20 mai à la mi-juin, le pays entier est bloqué (nouvelle fenêtre). Toutes les catégories de la population active française sont représentées parmi les grévistes : hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, français et immigrés, OS (ouvriers spécialisés), OQ (ouvriers qualifiés) et également des cadres.

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Conséquences de mai 68

Face à l’ampleur du mouvement contestataire, le gouvernement qui avait jusqu’ici refusé le dialogue, accepte alors de discuter avec les syndicats et convoque le 25 mai une réunion tripartite entre gouvernement, patronat et syndicats. Les négociations ont lieu au ministère des affaires sociales et dureront deux jours.

Elles aboutissent le 27 mai aux accords de Grenelle (nouvelle fenêtre)

accords

Séance de clôture des « Accords de Grenelle » en présence du premier ministre Georges Pompidou, , de Jean-Marcel Jeanneney, ministre des affaires sociales, de Jacques Chirac, secrétaire d’Etat à l’emploi, de Jacques Legrand, directeur général du travail et de l’emploi et de Georges Seguy, secrétaire général de la CGT.

Des accords qui portent sur les conditions de travail des ouvriers :

  • Augmentation du SMIC de 35 % (600 frs par mois)
  • Hausse des salaires de 10%
  • Création d’une section syndicale d’entreprise
  • Obtention d’une 4ème semaine de congés payés.
  • Réduction du temps de travail : semaine de 40 heures
  • Application du libre exercice du droit syndical dans les entreprises
  • Révision des conventions collectives

 

Les accords de Grenelle marque le début d’un mouvement législatif plus protecteur pour les salariés. Dans les textes, le droit du travail a été profondément bouleversé et le mouvement de mai 68 est un tournant dans les acquis favorables aux travailleurs.

  •  Accords de Grenelle, 27 mai 1968 : SMIG +35%, salaires +7%, 50% des jours de grèves payés, reconnaissance du droit syndical dans l’entreprise.
  • Loi du 27 décembre 1968 : reconnaissance de la section syndicale d’entreprise.
  • Loi du 2 janvier 1970 : création du SMIC (indexé sur la croissance de la production).
  • 20 avril 1970 : accord CNPF/Syndicats sur la rémunération mensuelle minimale des salaires qui sera généralisée en 1973
  • Loi du 16 mai 1971: instauration de la 4ème semaine de congés payés.
  • 9 juillet 1970 : accord interprofessionnel sur le droit individuel à la formation professionnelle.
  • Loi du 16 juillet 1971 : institution de la formation professionnelle continue.
  • Loi du 22 décembre 1972 : réaffirmation de l’égalité de rémunération entre hommes et femmes.
  • Loi du 27 décembre 1973 : création de l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail et d’une commission Amélioration des Conditions de Travail dans les CHS.

Pour en savoir plus, consultez le document réalisé avec le soutien de la Direction régionale du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle d’Ile de France sur le site du Ministère du Travail  (nouvelle fenêtre).

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Salariés français : vous êtes les bienvenus à Montréal

24 Juin

Une étude récente de Cadremploi / BCG (nouvelle fenêtre) a démontré que 76 % des talents numériques français préféraient décrocher un emploi hors de l’Hexagone et que le Canada serait leur troisième choix (après la Suisse et les États-Unis). Le succès du Québec, et de Montréal en particulier auprès des Français, s’explique notamment par un dynamisme économique et une qualité de vie qui se confirme au fil des ans. Selon le consulat général de France à Québec, 3000 à 4000 Français y résident déjà de façon permanente. Sur les 12 396 inscrits sur les listes du consulat (au 31 décembre 2018) près de 70 000 le sont à Montréal.

«L’accès à des talents internationaux permet de mieux soutenir la forte croissance des secteurs d’innovation et de haute technologie dans le Grand Montréal, comme les jeux vidéo, les effets visuels et l’intelligence artificielle.», comme le signale Hubert Bolduc, le président-directeur général de Montréal International (nouvelle fenêtre) sur le site de l’organisme.

Ces trois secteurs, en plein essor, sont très bien représentés dans la deuxième ville la plus peuplée du Canada avec Ubisoft, Eidos, Gameloft, Behavior… Montréal se classe à la 5e place des producteurs de jeux vidéos. « 20 % des employés d’Ubisoft sont français, et ils représentent 62 % des employés provenant de l’étranger. Nous recherchons principalement les profils séniors en informatique et en développement de jeux vidéo », confie la DRH de l’entreprise. Il faut savoir qu’il existe des événements de recrutement consacrés au Québec qui ont lieu à Paris tels que les Journées Québec (nouvelle fenêtre).

«Ces talents sont une population très mobile, confirme Vinciane Beauchene, Directrice Associée au BCG, qui n’hésite pas à faire jouer la concurrence en termes d’employeurs ou de territoires.»(source : article de Léa Lucas édité par le Figaro le 22/05/2019) (nouvelle fenêtre)

La langue représente également un énorme atout pour les ressortissants français en raison du manque de recrutement francophone. En effet, selon une étude de l’Institut du Québec le taux d’immigrants connaissant le français est passé de 56 % en 2015 à 42 % en 2017 (nouvelle fenêtre).

Le premier ministre québécois, François Legault, lors de sa visite officielle à Paris en janvier dernier a invité les entrepreneurs français à venir s’installer au Québec :

« Je lance l’invitation aux entrepreneuses et entrepreneurs français. Vous voulez investir en maximisant les rendements et en diminuant les risques ? Il y a un nouveau gouvernement québécois prêt à vous accueillir à bras ouverts. », tels étaient les propos de ce dernier à la Bourse de Paris. (source : article de Claudia Cohen paru le 24/01/2019 sur le site du Figaro) (nouvelle fenêtre)

Les Français bénéficient par ailleurs d’une reconnaissance de leurs diplômes grâce à un accord signé en 2008 avec le Québec et de salaires plus élevés (moyenne mensuelle de 2431,48 € en 2018 à Montréal, source Institut de la statistique Québec). Un argument supplémentaire pour motiver davantage encore les candidats à l’expatriation.

 

Quelques ouvrages que vous pourrez consulter à La Médiathèque (nouvelle fenêtre) :

     Le guide complet de l'expatriationTravailler et s'installer au Québec

Les 10 commandements de l'expatriationCommuniquer, s'expatrier et travailler aux Etats-Unis

 

 

 

Concours Lépine : des inventions insolites, ingénieuses ou géniales depuis 1901

6 Mai

Comme chaque année au printemps, La foire de Paris a ouvert ses portes à la Porte de Versailles et, comme chaque année depuis 1901, nombre d’inventeurs  viennent y faire la démonstration de leurs dernières créations en vue de décrocher le fameux concours Lépine qui récompense les meilleurs.

À l’origine un homme… un préfet

Au début du vingtième siècle, le préfet de police Louis Jean-Baptiste Lépine (nouvelle fenêtre) doit faire face à un problème d’ordre public : l’ampleur des ventes à la sauvette effectuées par les petits artisans de jouets de Paris qui, confrontés à la concurrence allemande, n’ont  pas trouvé d’autres moyens que d’envahir les trottoirs pour vendre leur marchandise. Plutôt que de multiplier les rondes de police, le préfet va mettre en place, dès 1901, un concours-exposition de jouets et de bibelots pour faire découvrir leur travail et par contrecoup, réglementer le commerce de rue et apaiser le courroux des boutiquiers et des policiers débordés.  Il en rédige un règlement, informe la presse et fait publier des affiches pour attirer de nombreux candidats.

 

Grâce au dépôt de brevet gratuit, 370 candidats vont se  présenter pour cette première édition du 23 novembre 1901 et ce sont plus de 700 inventions qui sont alors exposées dans le grand hall du tribunal de commerce ; c’est un jeu de construction de type Meccano « Trix » qui remporta le premier prix et son concepteur reçut la somme de 100 francs.

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L’année suivante, le concours est baptisé «concours Lépine » en référence à son créateur, lui- même à l’origine de nombreuses innovations  de la police moderne. C’est en effet  au préfet Lépine que l’on doit le rond-point giratoire, les passages piétons, les sens uniques, la brigade criminelle et le permis de conduire !

Le concours Lépine et la Foire de Paris

Après le succès de l’exposition universelle de Paris de 1900, la Chambre de commerce et d’industrie de Paris décide de créer une foire annuelle et c’est en 1903 que le Comité des Expositions de Paris  est créé afin d’ organiser l’année suivante la toute première Foire de Paris au Carreau du Temple. Quelques années plus tard en 1921, la Foire prenant tellement d’ampleur occupe le Champ-de-Mars jusqu’aux Invalides et s’étend alors sur plus de 17 hectares. Elle s’installera enfin en 1924  à la Porte de Versailles afin de ne pas gêner les Parisiens.

foire de paris

Des centaines d’inventions primées chaque année…

Électro-ménager, santé, loisirs… Une multitude d’objets qui révolutionnèrent l’économie et notre vie de tous les jours et la liste des inventions marquantes (nouvelle fenêtre) lancées grâce à cette compétition est longue. Parmi lesquelles :

  • Le réchaud électrique de cuisine portable en 1902
  • La lampe Pigeon en 1905
  • L’aspirateur Birum en 1907
  • Le stylo à bille en 1919
  • La tondeuse à cheveux et les  patins à roulettes en 1925
  • Le moulin à café en 1930 (Peugeot)
  • Le moulin à légume 1931  (à l’origine du succès de l’entreprise Moulinex)
  • Le rasoir et le sèche-cheveux électrique en 1935
  • Les verres de contact cornéens en 1948
  • Le batteur électrique de cuisine Minor en 1955
  • La boule séchante électrique en 1974 (ancêtre du sèche -linge)
  • Le turbo Grill vertical en 1992
  • Le télé-transmetteur Infrarouge universel en 2001

Et aujourd’hui ?

Le concours Lépine reste le rendez-vous incontournable des inventeurs de tout genre venus des quatre coins du monde. À la fois point de rencontre de prototypes révolutionnaires et de gadgets amusants, cet événement est surtout  l’occasion de présenter au grand public les innovations récentes dans de nombreux domaines.

C’est l’Association des Inventeurs et Fabricants Français (AIFF) créée le 8 décembre 1901 qui organise et gère le Concours Lépine International de Paris organisé au Parc des Expositions en marge de la Foire de Paris. Par le dépôt d’un brevet ou d’un titre de Propriété Industrielle et/ou Intellectuelle, l’association  assure aux inventeurs la protection et la défense les droits de propriété, la garantie de leurs inventions, de leurs dessins ou modèles de fabrique.

Dans ses locaux, un mini-musée témoigne des grandes heures de ce Salon de l’innovation, un véritable sanctuaire, où le meilleur voisine avec le pire !

Pour y participer

Si vous avez l’âme d’un inventeur, d’un trouveur, d’un bricolo génial,  n’hésitez pas à participer à cet événement incontournable de la capitale (nouvelle fenêtre) . À la clé, 160 prix concernant des inventions souvent surprenantes et toujours innovantes.

Les conditions pour breveter une innovation sont assez strictes : l’invention doit être «une solution technique à un problème technique, mais doit également être nouvelle, impliquer une activité inventive et être susceptible d’application industrielle», précise l’Institut national de la propriété industrielle (INPI).

Condition 1 : Être un inventeur

Condition 3 : Avoir un prototype ou une maquette

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Condition 4 : Adhérer à A.I.F.F / Concours Lépine (82 euros par an)

Condition 5 : Se préparer avant de se dévoiler

Le concours Lépine, du haut de ses 118 ans, reste le lieu où tout est possible, le lieu où tous les inventeurs ont droit de cité même si la route est parfois longue avant la reconnaissance….

 

 

 

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