L’égalité salariale hommes-femmes : ça avance ?

30 Nov

 

Dans un article du 28 septembre 2017 (nouvelle fenêtre), B.R.E.F. s’interrogeait déjà sur l’égalité hommes/femmes en entreprise. Il s’avère que l’écart salarial continue de se creuser. Une femme est en moyenne payée 15,8% de moins qu’un homme. Et tous les secteurs sont touchés.

« C’est principalement dû à des raisons de représentativité des femmes à des postes de direction. Il y a très peu de femmes dans les entreprises du CAC 40 », dénonce en plateau Christelle Delarue, membre du collectif « Les Glorieuses ». Et d’ajouter : « On constate que même les femmes à poste égal ou à salaire égal gagnent 10% de moins, et ça, c’est inexpliqué et c’est du pur sexisme ».

8000 euros par an, c’est ce que représente aujourd’hui le manque à gagner pour les femmes des écarts de salaires avec les hommes. Ce qui équivaut à 600 euros par mois et 300 000 euros sur toute une vie de travail (40 ans) sans interruption. Cet écart est celui d’une inégalité monétaire, c’est ce que révèle une étude sur les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes (nouvelle fenêtre), commandée par la direction régionale du travail (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) des Hauts-de-France. Le chiffre tient compte aussi des écarts entre les revenus d’activité des personnes à temps plein, comme c’est le cas habituellement, mais plus largement de toutes celles qui sont en emploi : il intègre donc les revenus des non salarié(e)s et les temps partiels (les femmes sont plus souvent à temps partiel que les hommes, et ce temps partiel est dans la majorité des cas subi ou contraint). Difficile de justifier de tels écarts.

« Ce delta est plus ou moins sensible selon les secteurs d’activité mais il est presque toujours en défaveur des femmes. Et il s’aggrave au cours de la carrière », constate Anne-Lucie Wack, la présidente de la CGE (Conférence des Grandes Écoles). Les raisons sont connues : « Elles sont liées à la place des femmes dans la société, au leadership encore très masculin dans le public comme dans le privé, ainsi qu’aux schémas mentaux et stéréotypes de genres qui subsistent à tous les niveaux, individuels et collectifs », énumère-t-elle.
 168,7 milliards d’euros en un quinquennat : ce montant faramineux est celui des recettes fiscales que l’État pourrait économiser si l’égalité salariale stricte entre hommes et femmes était appliquée. C’est la Fondation Concorde qui dans un rapport (nouvelle fenêtre), publié le 30 octobre 2017, explique les mécanismes que cette égalité sociale amènerait si elle était mise en place.

En moyenne, en France, la différence de salaire net entre un homme et une femme est de 3525 euros par an. Ce seul écart représente 33,6 milliards d’euros manquant aux caisses de l’État. Le rapport de la Fondation Concorde explique les effets qu’aurait la disparition du manque à gagner, causé à l’heure actuelle, par la discrimination salariale entre hommes et femmes.

Voici un extrait d’analyse de la Fondation Concorde sur les inégalités salariales :

Ce « manque à gagner » en terme de salaire net, a également des répercutions en terme de consommation et de recettes fiscales. On estime ainsi que la consommation nette agrégée supplémentaire pourrait s’élever à 21,98 milliards € (lorsque le surplus d’épargne serait lui de 6,2 milliards €). Ce supplément permettrait de générer 0,16 point de croissance supplémentaire, qui seraient les bienvenus.

Au delà d’être une injustice sociale, la discrimination salariale hommes-femmes, est un frein à l’économie et pénalise la société dans son ensemble, entreprises comprises. La solution pour la faire disparaître ? Le rapport de la Fondation Concorde estime qu’il faut « sensibiliser les acteurs du marché », faire des campagnes de « testing » dans les entreprises et les médiatiser pour inciter les « mauvais élèves » à rester dans le cadre de la loi.
Reste à voir si cela pourrait être suffisant pour parvenir à une réelle égalité salariale.

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Slasheurs, des travailleurs aux multiples métiers

27 Nov

La société numérique transforme radicalement notre rapport au travail. De nouvelles manières de travailler apparaissent, de nouvelles trajectoires professionnelles surgissent. Depuis quelques années, une catégorie inhabituelle de travailleurs émergent ; on les appelle les slasheurs.

Slasheur (nouvelle fenêtre) (référence au mot anglais slash signifiant et/ou, qui indique une séparation entre plusieurs éléments simultanés) désigne des personnes qui par obligation économique ou par conviction et par choix cumulent plusieurs métiers en même temps. Ils seraient 4,5 millions en 2016, soit 16% des actifs et 60% le seraient par choix. 34 % de ces travailleurs multitâches consacrent au moins 10h par semaine à leur deuxième activité, qui n’a souvent rien à voir avec la première. 22% des moins de 30 ans cumulent au moins deux emplois.

Le schéma traditionnel exercer un métier toute une vie n’est plus adapté aux mutations rapides du marché du travail, ni aux désirs des nouvelles générations ultra connectées, qui souhaitent conjuguer travail et plaisir et se construire une vie professionnelle sur mesure. Mais le phénomène touche à peu près toutes les générations : trentenaires, quadras, quinquas, séniors.

  • Devenir slasheur par choix :

Les slasheurs allient souvent un métier de raison et un autre de passion. Ces travailleurs sont prêts à travailler plus pour faire un boulot qu’ils aiment. Ils rêvent d’un emploi qui soit le reflet de leur personnalité et leur permettent de s’épanouir, conscient qu’il ne connaitront jamais le plein-emploi, ni la retraite. Ne pas choisir entre plusieurs métiers, être libre de faire le travail que l’on aime sans se limiter à un cadre, et surtout ne pas s’ennuyer ! Besoin de liberté et d’autonomie sont les maîtres mots de ces slasheurs qui ont choisi de l’être. « Tous revendiquent et adoptent un nouveau mode de vie dans lequel travail rime avec épanouissement personnel, curiosité, envies, auto-apprentissage et sens ». Marielle Barbe auteur de Profession slasheur .

  • Devenir slasheur par nécessité :

Beaucoup de ces travailleurs multitâches le deviennent par nécessité. Leur salaire ne leur offre pas un niveau de vie suffisant et ont besoin d’autres sources de revenus, conséquence de la précarité de l’emploi liée à la généralisation de contrats de courte durée et aux salaires faibles. Ils doivent s’adapter aux changements du monde du travail.

Les outils numériques et les réseaux sociaux facilitent l’émergence de ces travailleurs à multiples métiers (nouvelle fenêtre). Les plateformes de l’économie collaborative permettent de travailler partout tout le temps, la frontière entre la vie professionnelle et la vie personnelle s’estompe. Des sites de mise en relation entre demandeurs et recruteurs ont émergé de partout. La simplification du statut de l’auto entrepreneur (nouvelle fenêtre) contribue aussi à ce phénomène. Permettant de monter son activité plus facilement et à moindres risques, ce régime favorise l’exercice d’une activité indépendante en complément d’un emploi salarié. Cumuler plusieurs emplois a pour but de compléter les revenus procurés par l’activité principale.

  • Les avantages : avoir des compétences variées, s’adapter facilement aux changements, ne pas dépendre d’une seule entreprise, donc avoir une plus grande indépendance, une plus grande liberté, s’assurer une stabilité dans un univers de moins en moins stable…
  • Les inconvénients : slasher implique de jongler entre plusieurs emplois du temps, une prise de risque, un manque d’argent ou de stabilité financière, un manque d’accès aux avantages du salariat, une gestion difficile de son temps de travail, une précarité…

Des exemples de slasheurs, slasheuses connus  ou moins connus :

Alors demain, tous slasheurs ? Ces travailleurs aux multiples métiers seront-ils les mieux préparés pour répondre et s’adapter aux changements de la société ?  L’OCDE estime que les jeunes de moins de 30 ans n’exerceront pas moins de 30 métiers, dont la plupart n’existent pas encore. Quoi qu’il en soit, ce phénomène annonce un nouveau rapport au travail.

Des ouvrages pour en savoir plus :

Profession Slasheur Marielle BarbeEloge de la mobilité Moi, petite entreprise

Travail, la soif de liberté

Santé et sécurité au travail : le travail sur écran

23 Nov

Avec l’irruption massive des nouvelles technologies (TIC) dans les différentes sphères de l’entreprise, le nombre de personnes travaillant sur ordinateur n’a cessé d’augmenter.  En quelques années,  l’écran est devenu un outil de travail essentiel …

Mais si la situation de travail n’est pas bien adaptée, le travail sur écran peut engendrer des troubles physiques et psychologiques.

Quels sont les facteurs de risques liés au travail sur écran ?

Les principaux sont la fatigue visuelle, les  troubles musculo-squelettiques (TMS) et le stress.

  • Les troubles visuels

Tired business person with headache in workIl suffit de passer quatre heures devant un écran pour que les premiers symptômes de fatigue visuelle se manifestent :

Sécheresse des yeux, picotements, sensations d’éblouissements,  myopie temporaire, maux de tête,  troubles de la fixation et de la concentration… . Autant de symptômes dus en partie à la fameuse lumière bleue ou encore la luminosité excessive de  l’écran.  Une  distance trop rapprochée entre vos yeux et l’écran est également un facteur de risque de fatigue visuelle. De son côté, l’air ambiant, s’il est très sec, est aussi susceptible d’aggraver les irritations.

  • Les troubles musculo-squelettiques (TMS)

Les TMS générés par le travail sur écran sont multiples. Ils sont liés à une posture statique inadaptée pendant de longues heures.ob_0a8964_la-mauvaise-posture-2420

Les muscles et tendons touchés sont essentiellement ceux de la nuque (cervicalgie, tendinite cervico-brachiale…), du coude (épicondylite) des épaules (tendinite, capsulite…), de la région lombaire (contracture musculaire, lombalgie…) des poignets et des mains (syndrome du canal carpien…).

  • Les troubles psychosociaux

Travailler  quotidiennement de manière prolongée sur écran peut engendrer des situations de stress pouvant nuire à la performance et à la santé du salarié. Un facteur souvent négligé mais qui peut avoir de graves répercussions. La pression du temps dû à un travail à effectuer dans des délais trop courts, la multiplicité des tâches ou bien la lenteur de l’ordinateur dans ses réponses provoquent des tensions psychologiques qui peuvent déclencher  des troubles musculo-squelettiques.

Comment prévenir les risques du travail sur écran ?

Quatre principes fondamentaux :

  1. Prévoir un bon aménagement du poste de travail

Pour ajuster le poste de travail, pensez à :

  • Régler la hauteur du dossier, pour qu’il soutienne le bassin et la région lombaire.
  • Régler la hauteur de l’écran : le haut de l’écran doit être au niveau des yeux face à soi
  • Veiller à la distance œil- écran : de 50 à 90 cm, celle-ci ne doit jamais être en dessous de 40 cm.
  • Adapter l’éclairement en réglant l’intensité lumineuse et le contraste, en privilégiant un affichage sur fond clair et en réglant la fréquence de régénération de l’image.
  • Laisser au moins 10 cm entre la barre d’espacement du clavier et le rebord du bureau

     2.  Adopter une bonne position face à l’écran

Bien s’asseoir devant son bureau :dmeu_affichob105_1_std_lang_all

  • Prendre appui avec les mains sur le bureau et s’assoir en gardant le tronc légèrement incliné et en utilisant les muscles des cuisses pour contrôler votre descente.
  • Caler le bassin à l’arrière du siège.
  • Régler la hauteur de la chaise de façon à ce que les membres inférieurs forment des angles de 90° :
    • au niveau des hanches, entre les cuisses et le tronc
    • au niveau des genoux, entre les cuisses et le bas des jambes
    • au niveau des chevilles, entre la jambe et le pied.

     3.    Veiller à votre confort visuel

  • Régler la hauteur écran : Le haut de l’écran doit être à la hauteur des yeux lorsque l’utilisateur est assis le dos droit, ni plus bas, ni plus haut. Petite exception : le moniteur doit être un peu plus bas pour les porteurs de certains verres progressifs. Par contre, les personnes disposant d’un écran posé sur une unité centrale horizontale doivent remonter leur siège pur avoir leur regard au niveau du haut de l’écran.
  • Veiller à l’orientation de votre écran: le moniteur doit être perpendiculaire à une fenêtre. Ainsi, la luminosité sera idéale pour éclairer l’écran sans éblouir ou créer de reflets gênants. Aux fenêtres, des stores sont conseillés pour pouvoir régler le niveau de luminosité. Ainsi, il est conseillé de disposer d’un fond clair et de régler la luminosité et le contraste de l’écran de façon optimale
  •  Penser à reposer vos yeux en  les détournant régulièrement de l’écran.  Pour éviter la sécheresse oculaire et les sensations de picotements, quelques clignements des yeux suffiront.

      4.    Travailler détendurelax

N’oubliez pas de faire des pauses régulières pour vous détendre les muscles et le cerveau !

  • Faire des étirements
  • Détendre le dos
  • Assouplir les poignets
  • Dégourdir les jambes

Conclusion

Près d’un salarié sur trois souffre de troubles musculo-squelettiques et 6 salariés sur 10 font un lien direct entre ces troubles et leur travail sur écran. Souvent exercé pendant plusieurs heures consécutives, souvent dans des conditions pas du tout optimisées, il est du devoir de prendre les mesures nécessaires pour remédier aux risques constatés.

En complément des efforts portant sur la réduction des risques environnementaux (organisation du travail, management, aménagement et équipements des postes..), le  Code du travail (nouvelle fenêtre)  précise, à  cet effet,  que l’employeur se doit d’informer et de former ses salariés sur les modalités d’utilisation de l’écran et de l’équipement de travail.

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