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Chômage et démission : que propose Emmanuel Macron?

1 Juin

« Nous ouvrirons les droits à l’assurance-chômage aux salariés qui démissionnent. Tous les cinq ans, chacun y aura droit, s’il choisit de démissionner pour changer d’activité ou développer son propre projet professionnel (…). » Evoquée initialement lors de sa campagne à l’occasion d’un meeting au Mans en octobre 2016, l’idée selon laquelle un salarié démissionnaire pourrait toucher l’allocation chômage a suscité de vives réactions chez les opposants à l’actuel Président.

Quels avantages pour les employés?

Si actuellement les salariés que l’entreprise souhaite licencier peuvent négocier un départ « amiable » avec leur employeur grâce à la rupture conventionnelle, ce n’est pas le cas pour les démissionnaires. En leur permettant de le faire, Emmanuel Macron souhaite favoriser la mobilité professionnelle, l’initiative personnelle et donner ainsi la possibilité à des salariés de lancer leur activité, de se reconvertir ou tout simplement de changer d’employeur…

De nouvelles conditions pour toucher le chômage après une démission ?

Monsieur Macron va plus loin en permettant aux démissionnaires et aux indépendants de toucher l’allocation chômage.

  • En autorisant le droit à la mobilité tous les 5 ans seulement.
  • En proposant également un renforcement du contrôle des demandeurs d’emploi avec la promesse de multiplier par 5 le nombre de conseillers de Pôle Emploi dédiés au contrôle de la recherche d’emploi. Ce qui signifie que les demandeurs d’emploi auront l’obligation de rendre compte chaque mois de leurs démarches de recherche.

Plafonner le montant des indemnités accordées par les Prud’hommes fait aussi partie des projets de ce dernier. Selon un sondage Elabe pour Les Échos, Radio Classique et l’Institut Montaigne (nouvelle fenêtre), 44 % des citoyens sont favorables à une réforme du travail en profondeur mais plus de la moitié – 56 % exactement – rejette le plafonnement des indemnités aux Prud’hommes.

Que devient alors la rupture conventionnelle ?

L’année 2016 fut une nouvelle année record pour les ruptures conventionnelles. 389.862 ruptures conventionnelles sur 419.562 demandes enregistrées ont été validées par la direction du travail. Logiquement, la mise en place de l’assurance chômage pour tous, démissionnaires compris, devrait donc faire baisser le nombre de ruptures conventionnelles. Avec la possibilité une fois tous les 5 ans de démissionner en étant couvert par l’assurance-chômage, beaucoup de salariés écarteront véritablement la possibilité de négocier un départ « en échange » d’une indemnisation avec leur employeur.

Quelle relation salarié-employeur?

« Le fait d’être garanti par l’assurance-chômage après une démission pourrait entraîner une redistribution de la relation hiérarchique entre l’employeur et le salarié » selon Xavier Berjot (nouvelle fenêtre), avocat au Barreau de Paris.

Par conséquent l’employeur pourra être incité à fidéliser ses employés dans le but de favoriser leur engagement, d’améliorer leur satisfaction et ainsi de réduire le risque de démission, notamment s’il évolue dans un secteur en tension ou concernant des profils experts. Le salarié, quant à lui, disposera d’un levier de négociation supplémentaire quant à une potentielle augmentation de salaire.

Zoom sur le social selling

22 Mai

Très en vogue actuellement, le « social selling » est avant tout de la vente. Mais de la vente connectée, c’est-à-dire l’utilisation d’un facilitateur de vente : le pouvoir des réseaux sociaux appliqué au développement commercial des entreprises. Quel est le rapport avec la recherche d’emploi ?

Le recruteur y devient un client auquel le candidat souhaite vendre ses compétences, c’est-à-dire la personne qui va être intéressée par votre offre de service et accepter de payer un certain salaire pour pouvoir profiter de vos compétences. Pour poursuivre le parallèle, il suffit de remplacer le mot candidat par le mot vendeur, c’est-à-dire « vendeur de ses compétences ». Cette image peut déranger, cependant l’expression a le mérite d’aider à comprendre l’idée.

La méthodologie du social selling est simple, elle repose sur un processus en 4 étapes :

  1. Créer une marque et des profils professionnels (image & présentation)
  2. Trouver des prospects grâce à ses contacts (développer son réseau)
  3. Développer la confiance (diffuser le bon contenu au bon moment)
  4. Passer du virtuel au réel (convertir et conclure)

Selon le cabinet de recherche et de conseil Forrester (nouvelle fenêtre), 70% du processus d’achat est déjà complété lorsque l’acheteur fait appel à un vendeur. Les acheteurs modernes apprennent vite et par eux-mêmes, grâce à l’Internet et aux réseaux sociaux entre autres. Ils consultent leurs contacts et les avis d’autres clients avant d’acheter.

La stratégie de social selling repose sur quatre piliers :

  • Les contacts : un bon commercial est une personne de contacts. Sa richesse, c’est son réseau. La base de toute relation commerciale payante repose sur la connaissance des personnes et des entreprises, la compréhension de leurs besoins. Des réseaux professionnels comme LinkedIn ou Viadeo sont une incroyable source d’informations.
  • Le contexte : pour vendre il faut être pertinent, c’est-à-dire être capable de situer les événements dans leur contexte, d’interpréter correctement les situations et les signaux. De ce fait, connaître le contexte avant un rendez-vous ou une négociation permet de préparer des propositions et des arguments vraiment pertinents.
  • Les contenus : le contenu est votre carburant pour éveiller l’intérêt et développer la confiance de votre réseau. Toujours d’après une étude réalisée par Forrester  que résume l’infographie Social selling anatomy of a B2B décision maker ©Gerry Moran (nouvelle fenêtre), 81% des décideurs B2B (nouvelle fenêtre) fréquentent les réseaux sociaux pour les aider dans leurs décisions d’achat.
  • La conversion : le principal intérêt du social selling est de réduire largement le cold calling (appel à froid), en le remplaçant par des échanges plus humains et un accompagnement moins intrusif sur les réseaux sociaux. Il est certain qu’il faut ensuite passer du virtuel au réel pour conclure.

Le social selling est devenu incontournable. Il en résulte un changement de mentalité des commerciaux mais aussi de l’ensemble de l’entreprise qui doit soutenir cette transformation. Celui-ci aura un impact vraiment positif sur l’entreprise à condition qu’il devienne la nouvelle norme. Et avantage non négligeable, le social selling ouvre de nouveaux horizons à l’échelle internationale puisqu’il permet aisément, grâce à une présence web active, de trouver des clients un peu partout dans le monde, d’entrer en contact et d’interagir avec eux, pour finalement vendre ses produits et services plus efficacement.

Retrouvez sur La Médiathèque (nouvelle fenêtre) en ligne ces ouvrages sur le sujet :

Faire du marketing sur les réseaux sociaux        Le commerce connecté       Les fiches outils de webmarketing   e-marketing et e-commerce

Ça s’est passé le… 13 mai

13 Mai

 

La loi Aurea ou loi d’or (Loi impériale nº 3 353), signée le 13 mai 1888, est la loi qui a aboli l’esclavage au Brésil. Elle fut signée par Isabelle de Bragance, princesse impériale du Brésil, et par le ministre de l’Agriculture de l’époque, le conseiller Rodrigo Auguste Da Silva.

La loi ne contenait que deux alinéas :

  1. À partir de ce jour, l’esclavage est aboli au Brésil.
  2. Toute disposition au contraire est abolie.

 

       

 

Ce qu’il faut retenir c’est que le Brésil a été la seule monarchie d’Amérique latine mais aussi le dernier pays des Amériques à abolir l’esclavage. De nombreuses familles de Noirs et Pardos (Métis) vivaient déjà en liberté avant l’abolition définitive et selon l’historiographie la loi profita à 700 000 esclaves, soit environ 5 % de la population brésilienne. Le pays aurait reçu entre 3,5 et 4 millions d’individu, soit le plus grand nombre d’esclaves africains dans toutes les Amériques.

Cette loi n’a malgré tout pas permis au Brésil de tourner complètement la page de son passé esclavagiste. Encore aujourd’hui des travailleurs esclaves sont régulièrement détectés dans des exploitations agricoles de l’intérieur du pays. De même, la bataille de l’égalité ne semble pas gagnée. Une étudiante de l’université de Brasilia (entrée à l’université par le biais des quotas raciaux), interrogée par Agencia Brasil le 13 mai 2013, avançait un point de vue partagé par beaucoup :

« Bien sûr, le 13 mai est une très belle date de notre histoire, elle représente plus que la simple signature de la princesse Isabel. Elle représente avant tout le cri de souffrance du peuple noir. Mais il reste encore de nombreux défis à relever, nous sommes loin d’une situation idéale. La pauvreté a une couleur, et ce n’est pas par hasard »

Un article du Parisien paru le 15 mars 2017 fait état de l’esclavage moderne masqué par le gouvernement brésilien.