Ama : un métier oublié du Japon

7 Déc

Elles aiment l’océan, pratiquent la pêche sous-marine et pourtant n’utilisent aucun équipement particulier, ne lisent pas les cartes marines, n’ont pas de certification en plongée pas plus qu’elles n’ont de connaissances en sécurité nautique et aquatique : ce sont les amas.

Les amas (« femmes de la mer » en japonais) sont des pêcheuses sous-marine en apnée japonaises connues surtout pour les perles qu’elles ramassaient autrefois. Aujourd’hui elles plongent principalement à la recherche d’aliments (algues, oursins, ormeaux…) et éventuellement de perles.

Légendaires amas…

Retour sur un métier de plus de 2000 ans :

– la première trace écrite qui atteste de leur existence se trouve dès 750 dans le recueil de dix mille feuilles, le Man’Yôshu, une anthologie de poésie réunissant des milliers de textes réalisés par Otomo no Yakamochi.

la légende de la pêcheuse de perle, est une très ancienne légende du folklore japonais, un mémorial lui est dédié dans le temple de Shido-Ji.

– les estampes d’Utamaro Kitagawa (Les pêcheuses d’abalones) et de Hokusai (Les pêcheuses de perles) les ont immortalisées, ainsi que les photographies de l’ethnologue Fosco Maraini et Iwase Yoshiyuki.

Les pêcheuses d'abalones

Les pêcheuses d’abalones d’Utamaro Kitawaga

hokusai

Les pêcheuses de perles d’Hokusai

fosco-maraini

Ama de Fosco Maraini

Cette vision enchanteresse de femmes souriantes dont la pose et la plastique peuvent faire penser à celle d’un mannequin a contribué à leur renommée hors du Japon.

C’était autrefois…! Ces pêcheuses traditionnelles qui plongeaient nues sans masques ni palmes, surnommée les sirènes du Japon, apnéistes hors pair constituaient une communauté exclusivement féminine et surtout une source vive de l’économie locale.

70 000 amas dans les années 1950, aujourd’hui, elles ne sont plus que 2000 à travers tout le Japon, elles sont équipées de palmes et de masques ainsi que d’une combinaison bleue et continuent à ne compter que sur l’endurance de leurs poumons.

Les amas sont désormais une espèce en voie d’extinction. La plupart de ses femmes sont âgées de 60 ans à plus de 80 ans. Fini l’ère des sirènes…Une communauté qui se réduit comme une peau de chagrin … la faute principalement à la rudesse du travail et à la surpêche …

Les amas vieillissent et leur tradition risque de disparaître c’est pourquoi une association s’est constituée à l’initiative du directeur du Musée de la mer de Toba pour inscrire au Patrimoine mondial de l’Unesco cette tradition et c’est pourquoi aussi plus tristement, afin de perpétuer leur savoir, certaines d’entre elles se sont tournées vers le tourisme et leurs plongées ne sont plus que des attractions.

La photographe allemande Nina Poppe immortalise à son tour les dernières femmes de la mer.

 

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