Le monde du travail et ses drôles expressions (1)

22 Oct

Aller au charbon, travailler d’arrache-pied…, de nombreuses expressions liées au thème du monde du travail existent. Mais que veulent-t-elles dire au juste et d’où viennent-elles ? Nous avons fait le choix de vous en faire découvrir quelques-unes dans le blog B.R.E.F. Ne manquez pas de lire les trois prochains articles du blog sur le même sujet !

Au programme aujourd’hui, ces deux expressions : un travail de bénédictin et peigner la girafe.

1.Un travail de bénédictin :

Locution verbale datant du XIXème siècle qui qualifie un travail intellectuel de longue haleine nécessitant beaucoup de patience. Elle fait référence aux gros ouvrages écrits par les moines bénédictins de Saint-Maur. Ces moines ont participé à de nombreux travaux nécessitant énormément de temps, de patience et de soin. Très érudits et avec une formation humaniste, les moines de cette congrégation s’attelaient à l’écriture d’ouvrages d’une ampleur considérable (236 volumes pour le Trésor généalogique par exemple). On pense immédiatement aux moines du Moyen-Age, qui ont pendant des siècles recopié et enluminé des manuscrits. Ils étaient eux aussi Bénédictins et leur travail a permis aux grandes œuvres littéraires de l’Antiquité de parvenir jusqu’à nous.ouvrages-de-moines

2. Peigner la girafe :

Expression employée pour qualifier un travail inutile et très long, d’aucune efficacité. On attribue deux origines différentes à cette expression.

La première explication remonte à Charles X. Celui-ci avait reçu en 1826 une girafe, présent que lui avait offert un pacha d’Egypte. Cet animal avait quatre personnes pour s’occuper de lui, dont une était chargée exclusivement de la peigner pour qu’elle ait belle allure. Peigner la girafe est une locution verbale familière qui signifie donc travailler inutilement, effectuer en vain une tache très longue.

La deuxième explication fait référence à une possible métaphore : le cou de la girafe est comparé au sexe masculin et l’action de peigner à une pratique masturbatoire. Il s’agit d’une image pour parler de quelqu’un qui perd son temps inutilement, qui traine, qui est oisif, qui n’en « fout pas une rame », bref un « branleur »…

Boris Vian emploie cette expression dans Vercoquin et le plancton en disant qu’il avait tellement peigné la girafe qu’elle en était morte…

Nous finirons cet article par une citation de Roger Martin du Gard :

Il releva d’un coup d’épaule crâneur le sac à outils qui bringuebalait sur ses reins, et gagna la porte en ricanant : « D’ailleurs, je m’en fous… On verra bien… Faire çà, ou peigner la girafe !… »

Roger Martin du Gard : Les Thibault, L’été 14, 136, p.508.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :