Ça s’est passé … le 10 septembre 1749

10 Sep

Emilie du Chatelet

Le 10 septembre 1749 s’en est allée, à Lunéville, alors âgée de 43 ans, Émilie du Châtelet, première femme savante.

Gabrielle Émilie Le Tonnelier de Breteuil naît aristocrate, le 17 décembre 1706 et elle a décidément tout pour agacer  la gente féminine en cette aube du siècle des Lumières dont elle sera une figure de proue…

Voyez plutôt comme Madame du Deffand, grande salonnière, se lâche : « le désir d’en paraître davantage lui a fait préférer l’étude des sciences les plus abstraites aux connaissances agréables : elle croit par cette singularité à une plus grande réputation et à une supériorité décidée sur toutes les femmes » (Lettres de la marquise du Deffand à Horace Walpole). N’en déplaise à Madame du Deffand mais Émilie du Châtelet a décidé de vivre autrement, et de ne pas suivre les codes en vigueur dans son milieu et comme elle excelle dans tous les domaines … Alors elle danse, joue du clavecin, apprend l’allemand, le latin et le grec, se passionne pour l’opéra et surtout pour la philosophie naturelle, c’est-à-dire les sciences. Et en plus elle est très coquette !

Les sciences, en particulier la physique, deviennent une passion au point qu’elle analyse les travaux de Leibniz sur l’énergie cinétique qu’elle illustre à l’aide d’expériences mais aussi rédige un traité de physique (De la nature du feu) publié par l’Académie des Sciences, une première pour une femme, s’intéresse aux travaux de Newton dont elle rédige la seule traduction (du latin en français) des Principia mathématica (qu’elle éclaircit de commentaires) devenus Principes mathématiques de la philosophie naturelle, seule traduction en français jusqu’en 2000 !

Alors oui, ne vous en déplaise Madame du Deffand, même si c’est difficile à admettre,  Émilie du Châtelet  est une des plus grandes physiciennes du monde de votre époque !

« Quelque célèbre que soit Madame Du Châtelet, elle ne serait pas satisfaite si elle n’était pas célébrée, et c’est encore à quoi elle est parvenue en devenant l’amie déclarée de Monsieur de Voltaire. C’est lui qui donne de l’éclat à sa vie, et c’est à lui qu’elle devra l’immortalité » rétorquez-vous.  Quelle bassesse  de réduire sa célébrité à sa relation amoureuse avec le grand écrivain !

Écoutez plutôt ce qu’a dit Voltaire à propos d’Émilie du Châtelet qu’il surnommait « Mme Pompon Newton » : « Tout lui plaît, tout convient à son vaste génie : les livres, les bijoux, les compas, les pompons, les vers, les diamants, les bibis, l’optique, l’algèbre, les soupers, le latin, les jupons, l’opéra, les procès, le bal et la physique »… « Jamais une femme ne fut si savante qu’elle, et jamais personne ne mérita moins qu’on dît d’elle : c’est une femme savante. Elle ne parlait jamais de science qu’à ceux avec qui elle croyait s’instruire, et jamais n’en parla pour se faire remarquer » (préface de Principes mathématiques de la philosophie naturelle).

À la Médiathèque :

Les passions d’Émilie d’Elisabeth Badinter : le destin exceptionnel de cette première femme de sciences raconté aux enfants.

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