Ça s’est passé un … 27 février

27 Fév

Le 24 février 1848, au terme de trois jours d’émeutes qui ont ébranlé la capitale,  le roi Louis-Philippe abdique. C’est la naissance de la IIe République.

C’est dans la nuit du 24 au 25 février que, pour la première fois, est inscrit dans le préambule de la constitution le droit au travail pour tous les citoyens. La crise agricole, industrielle et financière,  débutée en 1846, a engendré un chômage  grandissant.  Consciente du problème, la jeune république tente de trouver des solutions pour redonner du travail aux 190 000 ouvriers parisiens.  Sous la pression de Louis Blanc, l’assemblée décide :

  Le 27 février 1848, l’ouverture des Ateliers Nationaux

louis-blanc

Louis Blanc (1811-1882) Membre du gouvernement provisoire conjure ses collègues de l’Assemblée nationale de l’ouverture des ateliers nationaux

 

Contrairement à la volonté de Louis Blanc, les travailleurs ne seront pas employés dans leur spécialité, mais pour des travaux de terrassement, moyennant deux francs par jour.

Un programme de grands travaux est lancé dans la capitale avec la construction des gares Montparnasse et Saint-Lazare.

A Paris, les ouvriers chômeurs doivent  se rendre à la mairie de leur arrondissement avec un certificat du propriétaire ou du logeur.

Mais cette mesure va se révéler coûteuse et inefficace, le chômage ne cesse d’augmenter et la situation se détériore de jours en jours.

Les ateliers nationaux : un espoir déçu

Très vite, les mairies se retrouvent  débordées par l’afflux de chômeurs, dont le nombre passe de 6 000  le 15 mars, à 30 000 le 30 mars, puis à 64 000 le 16 avril pour culminer à 117 000 le 30 avril et la dépense journalière finit par s’élever à 70.000 francs. L’accroissement est  rapide, trop rapide et devant cet afflux d’inscrits,  les chantiers finissent par devenir de véritables foyers propices à une agitation révolutionnaire.

Des élections  législatives ont lieu les 23 et 24 avril dans la précipitation. Si la révolution avait été l’œuvre des parisiens, le suffrage universel donne à la province un énorme pouvoir politique et les résultats amènent à l’Assemblée une forte majorité de républicains modérés élus par des  notables provinciaux, très conservateurs et  révulsés à l’idée que l’on paye des ouvriers à ne rien faire et que des secours soient organisés. Sur 900 élus, on comptera  500 républicains modérés, 300 monarchistes et une centaine de socialistes et démocrates, ainsi qu’une poignée de bonapartistes.  A l’issue de ces élections, le gouvernement provisoire est remplacé par une commission exécutive. Pour les nouveaux dirigeants de la France, les Ateliers nationaux sont une horreur économique et sociale et un danger politique. La méfiance s’installe à l’égard du peuple ouvrier de Paris.

C’est dans ce climat de rupture sociale, que  la nouvelle assemblée  décide le 21 juin 1848 de dissoudre les Ateliers nationaux avec l’espoir d’étouffer l’agitation ouvrière grandissante.  

L’effet est immédiat.

Dès le lendemain,  l’est de Paris se couvre de barricades. Les ouvriers scandent : « Du travail ou du pain ; du pain ou du plomb ».

Barricade de la rue Soufflot – Tableau d’Horace Vernet

Du 23 au 26 juin 1848, la capitale connaît ses plus durs combats de rues et la révolte est réprimée dans le sang par le général Cavaignac. Le bilan est lourd, en trois jours on compte près de  4000 morts ; 11 000 ouvriers seront  arrêtés dont 4 000  seront déportés en Algérie. Le 3 juillet 1848, les Ateliers Nationaux sont définitivement fermés après 4 mois d’existence !

Outre la révolte et la répression qui s’en suivent, cette décision marque :  

La  rupture entre la République et la classe ouvrière

En effet, l’immense espoir soulevé par la Révolution de Février 1848 est définitivement anéanti.  Une nouvelle constitution est promulguée dans laquelle ne figure plus le droit au travail pourtant  affirmé dans le préambule de la constitution née à l’avènement de la IIe République. La république sociale disparaît. Une grande partie du peuple parisien se détourne de cette République qui a fait tirer sur le peuple. Les élections présidentielles puis législatives amèneront au pouvoir le neveu de Napoléon 1er, Louis Napoléon Bonaparte. En 1851, ce dernier choisira le 2 décembre, anniversaire du sacre de son oncle, pour conduire le coup d’État qui lui permettra de passer du statut de prince-président à celui d’Empereur des Français !

 

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