Ça s’est passé un … 6 février

6 Fév

En ce 6 février 2016, B.R.E.F. revient  sur une loi qui fait  partie des mesures prises par le gouvernement de Vichy, la Loi du 6 février 1943 portant sur la création du Commissariat général à la Main-d’oeuvre française en Allemagne.

Cette loi  est à l’origine  de la loi sur le travail obligatoire en Allemagne, le  S.T.O.

Retour sur une période sombre de l’histoire des travailleurs français

Alors que l’armée allemande, après son offensive fulgurante, occupe près de la moitié de la France, le maréchal Pétain devient président du Conseil le 16 juin 1940. Le 22 juin de la même année, il donne l’ordre de signer l’accord de l’armistice avec le chancelier allemand Adolf Hitler. Le gouvernement s’installe à Vichy en « zone libre », et Pétain obtient de la majorité du Parlement les pleins pouvoirs pour rédiger une nouvelle Constitution, qui remplace celle de 1875. Il prend le titre de « chef de l’État français » et nomme à ses côtés Pierre Laval, partisan d’une collaboration active avec les Allemands. En mars 1942, une première loi est adoptée afin de créer le Service de la main-d’oeuvre française en Allemagne. Ce service était placé sous la direction effective de Gaston Bruneton et avait pour mission d’organiser les transferts de travailleurs  volontaires pour l’Allemagne. Pour inciter les travailleurs français à se porter volontaires et selon des accords avec les autorités germaniques, un prisonnier était libéré officiellement en échange de trois ouvriers, ce dispositif était alors appelé « la relève ».

 

La loi du 6 février 1943

D’août 1940 à juin 1942, ce sont donc entre 60.000 et 150.000 volontaires qui partent travailler en Allemagne. Leur nombre étant insuffisant, une nouvelle loi est alors promulguée le  6 février 1943 pour instaurer le caractère obligatoire du travail en Allemagne. Le Service de la Main d’œuvre en Allemagne devient Commissariat général à la main-d’oeuvre française en Allemagne et Gaston Bruneton est alors nommé Commissaire général.

Brochure éditée en 1943 par le Commissariat général à la main-d’oeuvre française en Allemagne

Cette loi du 6 février sera renforcée quelques jours plus tard, par une autre loi celle du 16 février 1943 annonçant la création du  Service du Travail Obligatoire « S.T.O ».

Ce service fut chargé d’organiser et d’intensifier le recrutement des jeunes hommes français nés entre le 1er janvier 1920 et le 31 décembre 1922. Ceux-ci  doivent se faire recenser en mairie, avant d’être appelés à partir travailler en Allemagne pendant deux ans. Début 1944, le recrutement au titre du S.T.O. est étendu aux hommes nés jusqu’au 31 décembre 1924. Cette mesure obligatoire très impopulaire va provoquer l’entrée dans la clandestinité de très nombreux jeunes hommes réfractaires au travail en Allemagne alors que d’autres trouveront d’autres moyens:  emplois protégés, faux certificats médicaux, entrée dans les forces de l’ordre, etc…

De par ces lois de février 1943, les travailleurs forcés français ont été les seuls d’Europe à avoir été requis par les lois de leur propre état, et non sur ordonnance allemande. La France fut le troisième fournisseur de main-d’œuvre forcée du Reich après l’U.R.S.S et la Pologne. Avec l’instauration du S.T.O., le gouvernement de Vichy bascule dans la collaboration la plus extrême.

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